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​Resipol : “Construire des solutions ensemble”


Resipol rassemble de nombreuses forces vives de la recherche (Crédit : Anne-Charlotte Lehartel).
Resipol rassemble de nombreuses forces vives de la recherche (Crédit : Anne-Charlotte Lehartel).
Tahiti, le 21 octobre 2026 - En marge du Tour de France de l’Ifremer en présence du président-directeur général François Houllier, une présentation du consortium Resipol s’est tenue ce mercredi, à Vairao. L’occasion de faire le point sur les projets en cours en Polynésie française, impliquant de nombreux organismes de recherche sur des sujets d’actualité.
 

Après La Réunion et avant la Nouvelle-Calédonie, le président-directeur général de l’Ifremer, François Houllier, est actuellement au Fenua. Une visite qui s’inscrit dans le cadre du Tour de France de l’Ifremer, une série de rencontres dans les territoires où l’institut est implanté pour “faire entrer la connaissance scientifique dans le dialogue public, afin qu’elle devienne un appui concret à la décision et que les réalités du terrain viennent nourrir la recherche”. Mardi, rendez-vous était donné dans ce but à l’Université de la Polynésie française (UPF).
 
Ce mercredi, les échanges se sont poursuivis à l’Ifremer de Vairao autour d’une présentation du consortium Recherche Enseignement Supérieur Innovation pour la Polynésie (Resipol). Créé en 2019 par l’UPF, l’Ifremer, l’Institut Louis-Malardé (ILM), l’Institut de recherche pour le développement (IRD), le Centre national de la recherche scientifique (CNRS) et l’Université de Californie-Berkeley, il compte de nombreux partenaires associés. Le Pays et l’État y sont par ailleurs membres de droit. 
 


​Mutualisation et complémentarité


Plusieurs projets collaboratifs découlent de cette stratégie, comme Nārama pour améliorer le dialogue entre sciences, culture et société, la Zone atelier de Polynésie française (Z’API) lancée en début d’année autour de la vulnérabilité des socio-écosystèmes et de la durabilité des ressources, MaHeWa pour comprendre les impacts des canicules marines et faire émerger des outils et des solutions, ou encore Hāmani Fenua pour la mise en œuvre d’un réseau de capteurs connectés à Tahiti et Moorea d’ici 2027, pour ne citer que quelques exemples.
 
“Dans tous les projets présentés, on est vraiment en connexion directe avec l’ensemble des parties prenantes, les services du territoire, les collectivités, les associations, les citoyens. L’idée, c’est vraiment de coconstruire des solutions ensemble. Ça passe d’abord par la connaissance en essayant de comprendre comment les systèmes fonctionnent, puis on peut commencer à agir en réfléchissant aux solutions qui sont les plus adaptées concrètement dans la vie des gens et dans un équilibre économique. Par exemple, quand on fait des approches de conservation dans des zones de pêche réglementée, on réfléchit au développement d’aquacultures compensatrices”, explique Guillaume Mitta, directeur de l’Unité mixte de recherche (UMR) Santé et services des écosystèmes polynésiens (Secopol). Cette présentation entre bilan et perspectives de développement à l’horizon 2030 s’est achevée par une session de questions, suivie d’une visite du site de l’Ifremer de Vairao à la rencontre des équipes, en commençant par le volet aquacole.
 
Ce jeudi, place à la première restitution régionale de l’Expertise scientifique collective (ESCo) consacrée aux enjeux de connaissance et de gouvernance des grands fonds marins, organisée par l’IRD à la présidence ; un autre sujet majeur pour lequel il s’agit de présenter les résultats et les recommandations.
 

François Houllier, PDG de l’Ifremer : “Des projets communs plus ambitieux”

Quel est l’objet du consortium Resipol ?
“C’est de rassembler l’université et les différents opérateurs de recherche présents en Polynésie française pour avoir la capacité de monter en commun des projets plus ambitieux, partager nos infrastructures et nos équipements, aborder collectivement des projets. Un exemple simple avec le continuum terre-mer : à l’Ifremer, on est plutôt spécialisé sur la mer, tandis que d’autres établissements ont plus de compétences sur la terre, et étant donné que tout ce qui se passe à terre termine dans le lagon, il faut qu’on puisse avoir cette vision un peu holistique, systémique et inclusive. Resipol nous permet de rassembler, fédérer, coordonner et mutualiser pour porter des projets d’une ampleur suffisante pour qu’ils puissent être bien financés par ailleurs, que ces financements viennent du Pays ou de grands programmes nationaux de recherche.”
 
Parmi les sujets d’actualité, il y a le changement climatique et la sécurité alimentaire. En quoi ces différentes recherches peuvent-elles éclairer les politiques publiques ?
“Sur le dérèglement climatique, il y a le projet MaHeWa sur les canicules marines qui est porté dans le cadre du programme prioritaire de recherche Océan et climat. Il vise à caractériser l’occurrence des canicules marines, leurs impacts et différencier les situations selon qu’on est aux Marquises, aux Tuamotu ou dans d’autres archipels, et ensuite proposer des mesures d’adaptation. De la même manière, sur certains sujets d’aquaculture qui peuvent être importants pour la souveraineté alimentaire, il y a des acteurs qui se mettent ensemble pour porter des projets et les faire financer.”
 
Vous êtes en Polynésie dans le cadre du Tour de France de l’Ifremer. Quels sont les temps forts de cette visite ?
“Le Tour de France, on l’a imaginé pour aller à la rencontre des élus, des collectivités, des députés, des sénateurs et de nos partenaires dans les territoires de l’Hexagone et des Outre-mer (...) pour répondre aux questions que se posent les territoires eux-mêmes sur l’océan. Ces interactions ont eu lieu hier (mardi, NDLR) avec pas mal de participants présents et il y aura deux temps de restitution finale et de synthèse, fin novembre, lors des Assises de l’économie de la mer, et le 7 décembre à Paris avec la ministre de la Mer et de la Pêche, Catherine Chabaud.” 


Rédigé par Anne-Charlotte Lehartel le Mercredi 21 Octobre 2026 à 18:43 | Lu 340 fois