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​Tech et innovation, l’économie qui rebondit avec la crise



Tahiti, le 29 avril 2020 – Le président de la French Tech Polynésie, Olivier Kressmann, évoque dans une interview à Tahiti Infos le secteur de la tech et de l’innovation, l’économie digitale qui a démontré toute son importance pendant la crise du Covid-19 dans le monde et en Polynésie française.
 
Peut-on dire qu’en Polynésie comme dans le monde, le secteur de la tech et de l’innovation, avec l’économie digitale en particulier, n’a pas été touché par la crise ?

“Localement, ce que l’on constate, c’est que la dimension du digital s’est encore plus exacerbée. Au niveau du développement des activités, des entreprises en difficulté ont quand même maintenu la continuité de leurs services et il a fallu le faire savoir. Et là, l’outil digital a servi. On a vu au niveau de l’éducation comment cela a permis de développer, ce qui n’était pas évident, la e-éducation. Et ceci avec des propositions nouvelles pour un soutien scolaire auprès des élèves. On a vu également des métiers se développer dans tout ce qui était mobilité. Parce que les téléservices c’est une chose, mais pouvoir venir livrer chez des gens c’est une autre dimension. Et il y a des applications qui sont en train de naître sur mobile pour permettre un contact plus facile avec les clients. Donc globalement, il est clair que la crise du Covid-19 a littéralement développé l’intérêt du digital au niveau mondial. Certains pouvaient penser, il y a encore quelque temps, que c’était encore du gadget et pas forcément dans la nécessité du quotidien. Mais je crois que la situation a vraiment permis de prendre conscience que le smartphone en l’occurrence, mais aussi l’ordinateur et le digital en général, sont des outils fondamentaux au quotidien. Que ce soit dans les relations sociales, dans les relations sociétales, dans la collaboration et dans le maintien de l’activité économique des entreprises.”
 
Quels exemples concrets se sont développés dans ce secteur au fenua ou dans d’autres collectivités d’outre-mer ?

“On peut quand même commencer par chez nous et dire bravo à l’université de la Polynésie française. L’UPF a travaillé et mis en place un outil de veille d’analyses de données pour tous les secteurs du tourisme. C’est quelque chose qui repose sur la notion “d’open data”, le partage de données. Et c’est quelque chose qui a été mis en place à partir de beaucoup d’acteurs du monde économique touristique et du monde de la recherche. En Nouvelle-Calédonie, le projet CORaiL piloté par Intel et Accenture, se base sur des techniques d’intelligence artificielle pour surveiller la résilience des récifs coralliens souvent menacés par l’activité humaine et le réchauffement climatique. On trouve aussi à La Réunion des gens qui se sont investis sur une application qui s’appelle “Ensemble” et qui permet, à travers les téléphones portables, de communiquer aux gens qui se trouvent autour de vous sur votre situation si vous êtes porteur du coronavirus. Ceci évidemment sans pour autant vous identifier ou donner votre numéro de téléphone, mais pour que les gens puissent être avisés de votre rencontre et éviter une éventuelle contamination.”
 
Qu’est-ce qui manque encore à la Polynésie pour permettre ce genre d’initiatives ?

“C’est ce qui manque partout dans des situations insulaires un peu restreintes. C’est l’audace. Il faut oser… Il faut oser, mais il faut aussi supporter. Il faut sentir un engouement politique, une volonté économique et un soutien technique. C’est peut-être les choses qui ne sont pas encore totalement en marche, même s’il faut reconnaître que nous avons des politiques qui ont compris que l’approche Tech4Islands, cette notion de développement par les îles et pour les îles, est quelque chose de très porteur. Pas seulement sur le plan des outils, mais aussi vis à vis de nos jeunes entrepreneurs qui ont envie de créer des choses et qui n’ont pas forcément toute la plateforme d’aides qu’ils voudraient. Au niveau national, vous avez la Station F qui est le plus grand incubateur de startups au niveau européen. En Polynésie, on traîne un peu sur le sujet. On a parlé d’un Digipole, mais ce n’est toujours pas vraiment abouti. Et pourtant, c’est quelque chose de fondamental parce que le contexte d’un Digipole, c’est un centre où les jeunes entrepreneurs pourraient se retrouver et se confronter, pour qu’il y ait une véritable émulation et qu’en plus des entreprises bien installées de la place pourraient comprendre qu’elles auraient là de vraies richesses à utiliser. Parce que des applications on peut en penser plein, mais il faut qu’elles soient vraiment utiles. Et celles qui peuvent vraiment dire en quoi elles peuvent avoir des besoins, ce sont les entreprises.”
 
Le secteur n’est-il pas trop petit et trop naissant en Polynésie pour constituer un véritable levier économique ?

“Il est loin d’être petit. Parce que si on le globalise avec la transformation digitale de l’administration, le champ est énorme. Et il y a de la place pour tout le monde. Ce n’est pas seulement pour les grandes structures. Chacun a moyen d’apporter une pierre à l’édifice. Le monde de l’entreprise n’est pas forcément en Polynésie très développé sur la partie digitale. (…) Ce qui me frappe le plus aujourd’hui, c’est  le retard qu’a pris la Polynésie sur l’outil digital dans sa dimension collaborative. Aujourd’hui, on voit bien que seul dans son coin on ne peut rien faire. Les entreprises ont besoin d’avoir des collaborateurs qui sont impliqués dans leur quotidien et qui partagent l’information. Et sur cette dimension de partage de l’information sur laquelle repose la collaboration, on est encore un peu frileux en Polynésie. Le meilleur exemple, c’est l’approche “open data” d’ouverture des données publiques au secteur privé. C’est quelque chose avec lequel on est encore un peu réticent. Dès qu’il y aura cette volonté, cette ouverture, les choses iront très vite. Et la preuve c’est que la situation du Covid-19 a nécessairement fait lever des barrières, avec certaines administrations qui étaient frileuses de communiquer entre elles. Elles ont été contraintes de le faire, parce que les blocages des gens non présents nécessitaient que les systèmes parlent entre eux. Ça s’est réalisé dans un temps record. La plateforme “Mesdémarches” en est un bon exemple… Donc, il y a un grand champ d’investigation possible pour l’innovation. Le mesurer, c’est difficile. Mais ce qui est certain c’est qu’il y en a pour des années. »
 
Un mot sur le concours polynésien Tech4Islands prévu cette année. Est-il toujours d’actualité dans le contexte de crise du Covid-19 ?

“Le concours est d’actualité et va être officiellement lancé à la fin du mois de mai. Il prend une dimension internationale cette fois-ci, avec une situation de crise du Covid-19 qui a été mondiale. Et l’objet de cette édition, c’est vraiment de se positionner sur le “rebond” des économies insulaires, au travers de la construction de stratégies d’innovations sociétales, sociales, dans la santé ou l’économie. On a retenu cinq thèmes fondamentaux, sur lesquels les candidats seront amenés à proposer des projets déjà existants ou expérimentaux : la health tech ou la e-santé, le blue tech durable et résilient avec tout ce qui touche à la mer, la clean tech avec l’économie circulaire, le smart tourisme avec tout ce qui touche aux nouveaux métiers du tourisme –ce qui est très important dans le contexte actuel en Polynésie, compte-tenu du travail qu’il y a à faire sur les réseaux notamment– et enfin l’inclusion numérique pour réduire les inégalités sur ce point. Nous avons pris la sage décision de reporter le Tech4Islands Summit (ex-Digital Festival Tahiti, NDLR) sera reporté à avril 2021. (…) Mais nous reviendrons dès la fin du mois sur l’organisation du concours Tech4Islands.”
 

Rédigé par Antoine Samoyeau le Mercredi 29 Avril 2020 à 23:34 | Lu 6050 fois





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