Tahiti Infos

​Nouvelle rentrée, même menace


Tahiti, le 9 janvier 2022 – Une nouvelle fois, la rentrée scolaire va se dérouler en pleine période de progression d'une épidémie de Covid au fenua. Le protocole mis en place en août dernier reste en vigueur, mais pour la ministre de l'Education Christelle Lehartel la reprise de l'enseignement "même perturbée" est plus capitale.
 
Une nouvelle fois ce lundi, la rentrée scolaire dans les établissements du primaire et du secondaire va se dérouler en pleine phase de progression de l'épidémie de Covid-19. En août dernier, les écoles avaient été fermées deux semaines après la rentrée en raison de la vague Delta. Cette fois-ci, les indicateurs ne sont pas encore aussi alarmants, mais la poussée du variant Omicron se confirme chaque semaine davantage au fenua. Le seuil d'alerte de 50 cas pour 100 000 habitants a été dépassé la semaine dernière avec un taux d'incidence de 62/100 000. Une situation qui a conduit la ministre de l'Éducation, Christelle Lehartel, à "maintenir le vademecum de la rentrée d'août dernier dans les établissements du premier et du second degré", confirmait dimanche la ministre à Tahiti Infos.
 
La "vademecum" reste appliqué
 
Ce recueil de la politique éducative en période de crise sanitaire, à destination de l'organisation des établissements scolaires, accorde une priorité absolue à la vaccination. Une vaccination obligatoire pour les enseignants et "fortement recommandée" pour les élèves. Des vaccinodromes seront d'ailleurs une nouvelle fois déployés dans les établissements après cette rentrée. Gestes barrières, port du masque par l'ensemble des personnels, des usagers, des collégiens et des lycéens ainsi que nettoyage renforcé des locaux sont également au menu du fameux "vademecum".
 
Christelle Lehartel explique avoir reçu la nouvelle présidente de la fédération des associations de parents d'élèves (Fapeep) juste avant les vacances de Noël, qui lui a demandé s'il était désormais possible de lever cette obligation du port du masque dans les établissements. "On était alors dans une période plus calme, mais depuis les choses ont changé. Avec le variant Omicron, on va être obligé de garder", explique la ministre. Contactée, la présidente de la Fapeep, Purea Ateo, n'évoquait pas ce week-end de préoccupations particulières des parents d'élèves. Si ce n'est, selon elle, que "les parents craignent moins le virus que l’obligation vaccinale sur les enfants de 5 à 11 ans". Obligation qui n'est pourtant pas d'actualité, confirment les autorités du Pays.
 
Dernier point, et non des moindres, le maintien du protocole d'alerte en cas de découverte de cas Covid dans un établissement. Alors que la métropole a fait le choix d'intégrer une politique de tests obligatoires pour les élèves cas contacts, le protocole du Pays n'évoluera pas dans ce sens. En cas de suspicion de Covid, l'élève sera isolé, testé au plus tôt puis remis au responsable légal. S'il s'agit d'un interne, c'est un auto-test qui sera réalisé à l'infirmerie. Et s'il s'agit d'un personnel d'établissement, ce sera information du supérieur, retour à domicile pour isolement et test Covid. En cas de confirmation d'un cas Covid, une absence scolaire sera accordée pour un retour au 11e jour sans signes cliniques depuis 48 heures et un message sera adressé aux autres parents de la classe. Pour le personnel, mêmes précautions en congé maladie ordinaire. Et dans les situations critiques : "C'est prévu par le vademecum, si on doit fermer une classe ou un établissement pour une situation préoccupante, on le fera", prévient la ministre. "Et c'est la même chose pour les internats, parce qu'on sait pas trop ce qui va nous arriver demain."
 
Plus important que le Covid
 
Reste que pour Christelle Lehartel, cette rentrée est une absolue nécessité malgré les "perturbations". Pêle-mêle, la ministre a évoqué ce week-end, notamment sur le plateau de TNTV, la problématique de l'épidémie de grippe qui s'ajoute à celle du Covid, les "inquiétudes" des parents d'élèves des Tuamotu invités par la Direction générale de l'éducation et des enseignements à accompagner leurs enfants sur le collège de Hao, les élèves de Ua Pou transportés par bateau, faute d'avion sur place…
 
Bien évidemment, la principale préoccupation est celle d'une plus forte propagation du variant Omicron à cause de la reprise de l'école, mais l'enjeu éducatif est plus important pour la ministre. "On va reprendre l'école. Parce qu'en ayant fermé pendant plusieurs semaines, on va arriver à des retards qu'il faut rattraper. Économiquement parlant, les parents vont travailler. Socialement parlant, il faut que les enfants restent au contact du milieu éducatif", souligne la ministre qui évoque le spectre du décrochage scolaire. En effet, une centaine d'élèves ne sont pas revenus à l'école après la vague Delta. "Principalement dans les maternelles et lycée professionnels", détaille la ministre qui a demandé une étude poussée sur le sujet. "Je ne suis évidemment pas médecin. Mais si on continue à maintenir et respecter les gestes barrières, on va pouvoir continuer comme d'habitudes."
 

Rédigé par Meleana Che Fat et Antoine Samoyeau le Dimanche 9 Janvier 2022 à 17:37 | Lu 2586 fois