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​Le père incestueux échappe à la prison


Tahiti, le 27 octobre 2026 - Un marin de 46 ans a été jugé mardi par le tribunal correctionnel pour des agressions sexuelles commises sur ses deux filles. Le prévenu, qui a expliqué qu'il ne se souvenait pas sans pour autant accuser les victimes de mentir, a été condamné à trois ans de prison dont deux avec sursis, mais sans mandat de dépôt. 
 
Le tribunal correctionnel a jugé mardi un primo délinquant de 46 ans qui était poursuivi pour des agressions sexuelles commises sur ses deux filles alors que ces dernières étaient âgées de 16 et 19 ans.
 
Les faits avaient été mis au jour en décembre 2024 lorsque la fille aînée du prévenu avait porté plainte contre ce dernier. Face aux enquêteurs, elle avait indiqué que quelques mois auparavant, son père était entré dans sa chambre et qu'elle avait senti le “poids” de son corps sur le sien. L'homme, marin de profession, l'avait embrassée sur le visage et dans le cou avant de toucher ses parties intimes. La jeune femme avait alors réussi à lui échapper et à s'enfermer dans sa salle de bain. Il était également ressorti des auditions des deux adolescentes que leur père avait pris l'habitude de les embrasser sur la bouche le matin et le soir.
 
“Traumatismes infantiles”
 
Comparaissant libre à la barre du tribunal mardi, le mis en cause au physique imposant a peiné à s'exprimer. Parlant d'une voix quasiment inaudible, il a expliqué qu'il ne se souvenait pas d'avoir agressé sa fille aînée et qu'il avait bu le soir des faits. Le président du tribunal a alors lu le rapport de l'expert psychiatre qui avait examiné le quadragénaire et selon lequel ce dernier souffre de “traumatismes infantiles” et d'un “problème d'alcool ancien”.
 
Alors que les deux victimes vivent de nouveau avec leur père après avoir été placées, leur avocate a évoqué un dossier qui “interpelle”. “Il a touché à un tabou absolu : l'inceste. Il a touché ses filles, s'en est servi et n'a pas rempli son rôle de père.” Elle a conclu en affirmant que le prévenu avait “détruit la confiance qu'un enfant peut avoir”.
 
Lors de ses réquisitions, la procureure de la République est ensuite revenue sur la nuit où le quadragénaire avait agressé sa fille aînée en affirmant qu'il était parti pour avoir une relation sexuelle “complète” avec elle. Face aux explications apportées par ce dernier, elle a relevé qu'il ne “hurlait pas son innocence” et qu'il n'avait pas de “capacité d'introspection”. La représentante du ministère public a ensuite abordé la difficulté pour les victimes d'inceste de révéler les faits et de faire ainsi “exploser la cellule familiale”. “Elles sont les premières à subir les conséquences de leurs déclarations”, a-t-elle rappelé avant de requérir trois ans de prison dont 18 mois avec sursis probatoire assortis d'une injonction de soins et de l'inscription au Fichier judiciaire automatisé des auteurs d'infractions sexuelles ou violentes (FIJAISV). Le tout assorti d'un mandat de dépôt.
 
Après avoir insisté sur le fait que son client n'avait jamais remis en cause la parole des victimes, l'avocat de ce dernier a rappelé qu'il avait été “battu durant toute sa jeunesse” et qu'il avait subi des traumatismes crâniens. Il a par ailleurs rappelé au tribunal que les victimes étaient retournées au domicile de leur père.
 
Après en avoir délibéré, le tribunal a condamné le prévenu à trois ans de prison dont deux avec sursis sans décerner de mandat de dépôt. 
 

Rédigé par Garance Colbert le Mardi 27 Octobre 2026 à 15:44 | Lu 522 fois