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​L’éleveuse de volailles obtient gain de cause face à l’abattoir


Tahiti, le 30 mars 2026 - Il faut rembobiner une semaine en arrière...Un conflit entre l’éleveuse de volailles Vaihere Mollard Lehartel et l’abattoir de Tahiti attise la Toile sur les réseaux sociaux. L'éleveuse accuse publiquement l'établissement public de freiner son activité en lui refusant l'accès. Une décision prise par la direction de l’abattoir que l’éleveuse dénonce comme étant “arbitraire”, “infondée” et lourde de conséquences pour son activité. Vaihere Mollard Lehartel ayant saisi le juge des référés en urgence, l'audience a eu lieu ce lundi matin.  

Depuis lundi dernier l’éleveuse à la tête de l’entreprise Tamaru Farm se voit interdire de déposer et de récupérer elle-même ses poulets : seules des personnes employées sont désormais habilitées à le faire. Vaihere Mollard Lehartel avait alors rendu son histoire publique via un post Facebook ou elle questionnait : “Est-il normal qu’une entrepreneure doive non seulement faire tourner son activité, mais aussi lutter contre un établissement ?” Par la suite le même jour, elle avait lancé un live devant les grilles fermées de l’établissement. Sa direction avait vu rouge alors que les internautes avaient vivement réagi. En réponse à ces publications, encore une fois via le réseau social, la directrice de l’abattoir, Françoise Lou Chao, avait assuré que l'exploitante était responsable d'un climat social délétère.  

L’avocat de cette dernière, Maître Lenoir, l'a représentée en son absence, lundi en référé. ll a évoqué un problème de relation interne entre l’éleuveuse et les agents de l’abattoir. Dans un reportage de nos confrères de TNTV, un agent de l’abattoir avait témoigné à visage couvert : “Cette situation dure depuis deux ans, elle me menace en me disant ‘Je vais appeler le ministre’.”  

“Ma cliente se réjouit”  

Pour se défendre devant le juge des référés, Vaihere Mollard Lehartel dit ne passer “que quelques minutes” à l’abattoir et qu’elle n’a jamais eu d’accrochage direct avec les salariés. Selon Maître Guessan, cette mesure d’interdiction porte donc une atteinte grave à la liberté d’entreprendre. Elle souligne également que l’interdiction a été décidée sans que l’éleveuse ait pu présenter des observations, et sans justification sérieuse concernant un éventuel risque pour la sécurité du personnel. Devant le juge des référés, Vaihere Mollard Lehartel parle d’un étouffement économique : impossibilité d’honorer les commandes déjà vendues, pertes financières immédiates, menaces sur la survie de son exploitation, impossibilité de garantir le bien-être animal. Elle rappelle qu’elle travaille avec des produits périssables, qu’elle a un réseau de distribution structuré, et que chaque semaine nécessite une organisation millimétrée avec l’abattoir de Tahiti, unique structure habilitée à traiter la volaille sur l'île. L’éleveuse demande que l’abattoir soit contraint de rétablir immédiatement son accès.  

Dans la décision rendue en urgence lundi, le juge des référés donne raison à Vaihere Mollard Lehartel. Une ordonnance est rendue pour rétablir l’accès de l’éleveuse à abattoir “dès demain pour déposer et récupérer ses 150 poulets”. “Ma cliente se réjouit désormais de pouvoir poursuivre son activité dans des conditions normales”, conclut Maître Guessan. 

Rédigé par Violaine Broquet le Lundi 30 Mars 2026 à 19:01 | Lu 3376 fois