Tahiti, le 3 août 2026 - L'Institut du Cancer de Polynésie française (ICPF) a publié son rapport annuel consolidé portant sur la période 2019-2021. Avec près de 1 000 nouveaux cas diagnostiqués par an, la Polynésie française fait face à un fardeau d'incidence stable mais marqué par des divergences frappantes entre hommes et femmes, et fortement influencé par des facteurs de risque métaboliques et comportementaux.
Entre 2019 et 2021, un total de 2.889 cas de cancer a été répertorié sur le territoire polynésien, ce qui représente une moyenne annuelle de 963 nouveaux cas. Le taux brut d'incidence s'élève ainsi à 345,4 cas pour 100.000 habitants contre 272 cas pour 100.000 en taux standardisé mondial.
Les données du registre des cancers révèlent une répartition quasi égale entre les sexes, avec 1.447 cas enregistrés chez les hommes et 1.442 chez les femmes. Par ailleurs, l'analyse montre que la crise sanitaire liée à la Covid-19 n'a pas engendré d'impact résiduel majeur ni de sous-déclaration massive sur cette période de trois ans.
Si l'incidence globale touche équitablement les deux sexes, la trajectoire selon l'âge diffère significativement. Les femmes sont diagnostiquées en moyenne plus jeunes que les hommes : l'âge médian au diagnostic s'établit à 58 ans chez les femmes, contre 66 ans chez les hommes. Chez les femmes, la hausse du risque s'amorce dès la tranche d'âge 30–34 ans, tirée majoritairement par les cancers mammaires, tandis qu'elle s'élève plus tardivement chez les hommes, à partir de 40–44 ans.
Des pathologies différentes
Les pathologies prédominantes varient également fortement selon le sexe. Chez les femmes, le cancer du sein demeure de loin la première pathologie cancéreuse, représentant 41,1 % de l'ensemble des cas féminins (198 cas par an en moyenne, avec un âge médian de 55 ans). Suivent le cancer du corps de l'utérus (9,2 %, 44 cas/an), le cancer du poumon (8,9 %, 43 cas/an) et le cancer colorectal (5,4 %, 26 cas/an).
Chez les hommes, le cancer de la prostate constitue la première localisation, représentant 29,0 % des cas masculins (139 cas par an pour un âge médian de 69 ans). Il est suivi par le cancer des bronches et du poumon (18,8 %, 90 cas/an pour un âge médian de 64 ans), le cancer colorectal (9,8 %, 47 cas/an) et les cancers de la sphère ORL (4,9 %, 23 cas/an).
Mortalité et spécificités des localisations tumorales
Si le cancer de la prostate est le plus fréquemment diagnostiqué chez l'homme, le cancer du poumon constitue la première cause de décès par cancer sur l'ensemble de la population masculine, et la seconde chez la femme juste derrière le cancer du sein.
Plusieurs évolutions et caractéristiques épidémiologiques ont également été mises en lumière. Le cancer colorectal comptabilise 73 cas annuels en moyenne (ratio H/F de 1,8, âge médian de 67 ans). La maladie connaît une progression conséquente à environ +10 % par an sur la période 2015-2021.
Concernant le Carcinome Hépato-Cellulaire (CHC), lié historiquement aux hépatites virales, l'étude souligne que la forte prévalence du virus de l'hépatite B aux Marquises (6,5 %) et aux Australes (3,8 %) ne se traduit pas par une surreprésentation des malades résidant dans ces archipels au moment du diagnostic (seuls quatre cas sur 50 y résidaient). Ce résultat témoigne de l'efficacité de la couverture vaccinale et d'un suivi médical structuré.
L’impact prépondérant des facteurs de risque métaboliques
L'analyse du Registre croisée avec les données de l'enquête de santé MATAEA confirme le poids des facteurs de risque modifiables au sein de la population polynésienne.
L'obésité touche 51,1 % des adultes, constituant un moteur principal pour les cancers du sein, de l'endomètre, du pancréas et du côlon. De plus, le tabagisme concerne 32,8 % des adultes, ce qui explique l'incidence élevée des cancers bronchiques et de la cavité buccale. Enfin, la sédentarité (57,9 %) et l'insuffisance d'apports en fruits et légumes (49,5 %) viennent accentuer ces risques métaboliques.
Les priorités de santé publique
Face à ce bilan, l'Institut du Cancer de Polynésie française réaffirme l'urgence de deux axes stratégiques : Le renforcement du dépistage précoce (sein, col de l'utérus, colorectal) pour diagnostiquer les lésions à des stades plus précoces et curables ; et la consolidation de la prévention primaire, axée prioritairement sur la lutte contre le tabagisme et la promotion d'habitudes alimentaires et d'activité physique équilibrées.
Entre 2019 et 2021, un total de 2.889 cas de cancer a été répertorié sur le territoire polynésien, ce qui représente une moyenne annuelle de 963 nouveaux cas. Le taux brut d'incidence s'élève ainsi à 345,4 cas pour 100.000 habitants contre 272 cas pour 100.000 en taux standardisé mondial.
Les données du registre des cancers révèlent une répartition quasi égale entre les sexes, avec 1.447 cas enregistrés chez les hommes et 1.442 chez les femmes. Par ailleurs, l'analyse montre que la crise sanitaire liée à la Covid-19 n'a pas engendré d'impact résiduel majeur ni de sous-déclaration massive sur cette période de trois ans.
Si l'incidence globale touche équitablement les deux sexes, la trajectoire selon l'âge diffère significativement. Les femmes sont diagnostiquées en moyenne plus jeunes que les hommes : l'âge médian au diagnostic s'établit à 58 ans chez les femmes, contre 66 ans chez les hommes. Chez les femmes, la hausse du risque s'amorce dès la tranche d'âge 30–34 ans, tirée majoritairement par les cancers mammaires, tandis qu'elle s'élève plus tardivement chez les hommes, à partir de 40–44 ans.
Des pathologies différentes
Les pathologies prédominantes varient également fortement selon le sexe. Chez les femmes, le cancer du sein demeure de loin la première pathologie cancéreuse, représentant 41,1 % de l'ensemble des cas féminins (198 cas par an en moyenne, avec un âge médian de 55 ans). Suivent le cancer du corps de l'utérus (9,2 %, 44 cas/an), le cancer du poumon (8,9 %, 43 cas/an) et le cancer colorectal (5,4 %, 26 cas/an).
Chez les hommes, le cancer de la prostate constitue la première localisation, représentant 29,0 % des cas masculins (139 cas par an pour un âge médian de 69 ans). Il est suivi par le cancer des bronches et du poumon (18,8 %, 90 cas/an pour un âge médian de 64 ans), le cancer colorectal (9,8 %, 47 cas/an) et les cancers de la sphère ORL (4,9 %, 23 cas/an).
Mortalité et spécificités des localisations tumorales
Si le cancer de la prostate est le plus fréquemment diagnostiqué chez l'homme, le cancer du poumon constitue la première cause de décès par cancer sur l'ensemble de la population masculine, et la seconde chez la femme juste derrière le cancer du sein.
Plusieurs évolutions et caractéristiques épidémiologiques ont également été mises en lumière. Le cancer colorectal comptabilise 73 cas annuels en moyenne (ratio H/F de 1,8, âge médian de 67 ans). La maladie connaît une progression conséquente à environ +10 % par an sur la période 2015-2021.
Concernant le Carcinome Hépato-Cellulaire (CHC), lié historiquement aux hépatites virales, l'étude souligne que la forte prévalence du virus de l'hépatite B aux Marquises (6,5 %) et aux Australes (3,8 %) ne se traduit pas par une surreprésentation des malades résidant dans ces archipels au moment du diagnostic (seuls quatre cas sur 50 y résidaient). Ce résultat témoigne de l'efficacité de la couverture vaccinale et d'un suivi médical structuré.
L’impact prépondérant des facteurs de risque métaboliques
L'analyse du Registre croisée avec les données de l'enquête de santé MATAEA confirme le poids des facteurs de risque modifiables au sein de la population polynésienne.
L'obésité touche 51,1 % des adultes, constituant un moteur principal pour les cancers du sein, de l'endomètre, du pancréas et du côlon. De plus, le tabagisme concerne 32,8 % des adultes, ce qui explique l'incidence élevée des cancers bronchiques et de la cavité buccale. Enfin, la sédentarité (57,9 %) et l'insuffisance d'apports en fruits et légumes (49,5 %) viennent accentuer ces risques métaboliques.
Les priorités de santé publique
Face à ce bilan, l'Institut du Cancer de Polynésie française réaffirme l'urgence de deux axes stratégiques : Le renforcement du dépistage précoce (sein, col de l'utérus, colorectal) pour diagnostiquer les lésions à des stades plus précoces et curables ; et la consolidation de la prévention primaire, axée prioritairement sur la lutte contre le tabagisme et la promotion d'habitudes alimentaires et d'activité physique équilibrées.































