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​Joseph Kabris, les Marquises dans la peau



Ua Pou, le 13 janvier 2021 – 217 ans après son départ définitif des Marquises, le nom de Joseph Kabris reste "encré" dans les mémoires comme étant le premier ambassadeur du tatouage marquisien. Le livre que vient de lui consacrer Christophe Granger permet de mettre en lumière certains aspects de la vie de l’époque qui n’ont pas pu être transmis par tradition orale.
 
Joseph Kabris... Quiconque s’est un jour passionné pour l’art du tatouage marquisien n'a pas pu manquer, lors de recherches sur les motifs et l’origine de cette tradition tégumentaire de l’archipel du Pacifique Sud le plus éloigné de tout continent, de croiser ce beachcomber français, cet aventurier dont le destin a un jour trébuché sur les rochers d’une des plages de Nuku Hiva, la plus grande des îles Marquises. Le livre de Christophe Granger, Joseph Kabris, ou  les possibilités d’une vie (1780-1822), est un énième tournant dans l’existence de ce personnage né aux îles Marquises, berceau de sa construction, à l'âge de 18 ans. Kabris est le premier Européen –dont on a des traces écrites de l'existence –à avoir utilisé le tatouage marquisien comme vecteur d’ascension sociale. C’est son séjour prolongé de sept ans à Nuku Hiva, entre 1798 et 1804, et son intégration presque totale dans le paysage social de ce peuple encore méconnu à l’époque, qui a rendu ce Bordelais, au destin a priori assez ordinaire, intéressant aux yeux des sociétés occidentales en pleine conquête de l’inconnu, et cela a même structuré le reste de sa vie.
Malgré le peu de traces écrites fiables témoignant de son parcours, il faut reconnaître que tout le génie de cet homme qui a eu, en somme, une vie assez courte, réside dans le fait qu’il avait compris avant même que le concept ne porte un nom, l’intérêt du marketing et ce, par le biais d’un procédé aussi charismatique que celui du tatouage.

​Une contribution au rayonnement de la culture marquisienne


Alors même que l’intérêt pour cette pratique prend de l’ampleur au niveau mondial, il renait aujourd’hui auprès des Marquisiens eux-mêmes, qui se sont trouvés privés de cette tradition pendant presque 200 ans. On pourrait même dire que le mana, la force, le pouvoir, que véhicule ce rituel autrefois sacré, a perduré, endormi, en attendant de retrouver son heure de gloire au moment opportun. Il a commencé à se réveiller à la fin des années 1980 pour reprendre des forces dans les années 1990 auprès des jeunes Marquisiens; pour aujourd’hui s’exporter jusqu’à attirer des touristes dans l’archipel et donc contribuer, à sa manière, à l’économie des îles. Le tatouage polynésien bénéficie d’une visibilité internationale invoquant le voyage, un luxe qu’encore peu de ce monde peuvent se permettre, ce qui implique un certain prestige social. Ce que l’on retient de Joseph Kabris et de ce qu’il a véhiculé à l’époque jusqu’à nos jours en tant qu’ambassadeur du tatouage marquisien, contribue toujours, à sa manière –et à petite échelle –au rayonnement de la culture des îles Marquises et de leur renouveau identitaire et culturel dans le monde. Joseph Kabris, ou les possibilités d’une vie (1780-1822), résultat de 15 ans de recherches et d’associations de sources par l’historien et sociologue Christophe Granger, permet de mettre en lumière certains aspects de la vie de l’époque qui n’ont pas pu être transmis par tradition orale, car plus personne n’était là pour les raconter au moment de la quasi extinction du peuple marquisien par les maladies contractées au contact des premiers Européens. Et peut-être que cet intérêt naissant ou grandissant pour la culture marquisienne poussera certains à se documenter avec d’autres ouvrages davantage orientés sur l’aspect historique de l’archipel. L'ouvrage de Christophe Granger ne laissera assurément pas indifférents les lecteurs sensibles à tous les méandres que peut emprunter une existence aussi courte que la nôtre et par la même occasion, allumer une étincelle d’intérêt pour cet archipel éloigné dont la culture forte et résiliente a su traverser les âges et les obstacles sans se perdre réellement. Le livre publié par les Éditions Anamosa a obtenu le prix Femina essai 2020. Il est actuellement disponible à la librairie Odyssey, à Papeete.

Rédigé par Eve Delahaut le Mercredi 13 Janvier 2021 à 15:20 | Lu 822 fois





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