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​De la résistance dans la lutte contre le plastique


Tahiti, le 5 août 2026 - Depuis le 1er juillet dernier, il est interdit de vendre des denrées alimentaires dans des contenants ou récipients alimentaires en plastique (même partiel) ou aluminium à usage unique. La loi votée le 6 septembre 2024 et modifiée par l’arrêté n°618 CM du 5 mai 2025 aurait dû permettre aux magasins, fournisseurs de plats à emporter et autres roulottes de s’organiser pour se mettre en conformité. Ce n’est hélas pas le cas partout. Si les barquettes en plastique semblent commencer à disparaître, celles en carton continuent d’être recouvertes copieusement de cellophane, ce qui contrevient directement à la loi.
 

“Les contenants alimentaires jetables sont interdits depuis juillet 2026 et là, on ne comprend pas ce qu'il se passe, en fait”, déplore Moea Pereyre, co-responsable du collectif Nana Sac Plastique. “Les habitudes ont du mal à changer et on a encore des contenants jetables en plastique ou en aluminium.”
 
En plus de ces résidus du passé, les barquettes en polystyrène continuent à fleurir sur les étalages des grandes surfaces. Et quand ces dernières sont en carton, elles sont recouvertes de plusieurs tours de cellophane.
 
Un contournement de la loi ? Non, une infraction puisqu’il est précisé dans le texte de loi applicable depuis le 1er juillet que les contenants alimentaires, avec ou sans couvercle, doivent être proposés sans plastique. “Et la cellophane, c’est un couvercle”, rappelle Moea Pereyre.
 

De nombreuses irrégularités

Il suffit de faire un tour dans quelques magasins pour relever le nombre effarant d’irrégularités. Dans cette grande surface de la côte ouest, du sashimi local vendu en barquettes en polystyrène recouvertes de film alimentaire. À côté, des plats préparés, proposés dans des boîtes en carton, mais entourées de cellophane pour que la sauce ne coule pas.
 
À quelques mètres, un rayon propose des plats chauds à emporter. La boîte est en carton, et à nouveau fermée par de la cellophane par les employés sur place.
 
Enfin, dans tous les rayons viennoiserie des magasins visités, pas un seul ne propose de lots de pains au chocolat, de croissants ou de pains au raisin dans autre chose que des barquettes en plastique.
 
Le collectif Nana Sac Plastique comprend que le changement ne se fera pas en une fois. “C'est un vrai changement dans le comportement, dans notre façon de consommer”, poursuit Moea Pereyre. “Les plats en carton peuvent être gênants dans le sens où quand tu as un plat en sauce, le carton absorbe la sauce et du coup, le plat est moins bon. La deuxième chose, c'est qu'on ne voit plus ce qu'on achète si le couvercle est en carton. Mais quand on achète des pâtes dans une boîte, on ne voit pas les pâtes non plus ! En vrai, c'est parce qu'on a des habitudes qui sont à modifier.”
 
Dans les roulottes, petit à petit, les mœurs changent aussi. La vaisselle réutilisable a fait son apparition, mais à l’heure d’emporter le restant de chao men pour le petit-déjeuner du lendemain, si l’on n’a pas amené son contenant avec soi, c’est en barquette en carton que le plat est proposé, là encore enroulé de cellophane, alors que le couvercle lui aussi devrait être en carton.

Des sanctions prévues par la loi

Les habitudes seront encore longues à changer. Les consommateurs doivent désormais s’habituer à se promener avec leurs propres contenants, mais surtout, les grandes surfaces et autres roulottes doivent elles aussi se mettre à la page.
 
Et pour elles, le temps presse. Depuis le début d’année, il est obligatoire de servir les repas et boissons consommés sur place dans de la vaisselle réemployable, y compris en roulotte ou sur les stands. Depuis le 1er juillet, il est interdit de proposer des contenants ou récipients alimentaires en plastique ou aluminium à usage unique. Au 1er janvier 2027, les emballages plastique pour fruits et légumes non transformés seront interdits alors que le film alimentaire verra sa fin le 1er janvier 2028.
 
Si la Direction de l’environnement a les moyens des ambitions du Pays en la matière, les sanctions pourraient tomber rapidement. Jusqu’à 300 000 francs d’amende pour une personne physique et 1,5 million de francs pour une personne morale. Après une mise en demeure ignorée, les contrevenants pourraient être sanctionnés jusqu’à deux ans d’emprisonnement et près de 12 millions de francs d’amende.

Rédigé par Bertrand PREVOST le Mercredi 5 Août 2026 à 19:42 | Lu 998 fois