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​Covid-19 : Punaauia annule ses évènements, les professionnels atterrés


Tahiti, le 17 décembre 2021 – Alors que la commune de Punaauia a annoncé vendredi l'annulation de son concert de noël, du feu d'artifice et du concert du nouvel an au Bel air en raison du "risque d'intensification des contaminations" au covid-19, les professionnels de l'évènementiel qui comptaient sur le pass sanitaire pour reprendre leur activité se disent dépités.
 
La mairie de Punaauia a annoncé vendredi qu'en raison du "contexte de possible recrudescence de l’épidémie de covid au fenua", le tavana Simplicio Lissant avait pris la décision d’annuler le 'Concert de Noël de Punaauia', qui devait se tenir ce dimanche 19 décembre au parc Taapuna, en présence des artistes Pepena, Tuakana et Goulam, ainsi que le feu d’artifice prévu le soir même. Dans un communiqué diffusé vendredi, la mairie explique que le maire a jugé que ces évènements "pourraient constituer un potentiel risque d’intensification des contaminations, malgré les mesures sanitaires en vigueur". Par ailleurs, la mairie précise que l’association Tamarii Punaruu a également décidé d'annuler sa Corrida de Noël, prévue ce samedi 18 décembre entre Punavai et la mairie de Punaauia, pour les mêmes motifs.
 
Enfin, l'organisateur du concert du nouvel an sur le terrain de Bel Air à Punaauia, Studio 87, affirme également que la mairie lui a refusé cette semaine l'organisation du concert prévu le 31 décembre prochain avec le groupe de DJ français Synapson. Le motif invoqué est le même : le risque de recrudescence de l'épidémie de covid-19 avec l'identification récente de variants non Delta, très certainement Omicron.
 
L'évènementiel dépité
 
"On a travaillé pendant deux mois sur la mise en place du pass sanitaire avec le haut-commissaire. C'était des solutions pour qu'on ait le droit de travailler à nouveau. Et après ces réunion, quand tout est en place, un tavana nous dit qu'il a peur du covid", ne décolère pas Florian Sodoyer, gérant du Studio 87 et vice-président du Syndicat des métiers de l'évènementiel en Polynésie. "Aujourd'hui il y a une loi et je ne comprends pas qu'un tavana ait le droit de vie et de mort sur les évènements."
 
Les professionnels du syndicat ont échangé vendredi sur cette situation, qu'ils estiment particulièrement dangereuse pour l'avenir de leur profession. "On n'est pas consulté, c'est une décision arbitraire... Et encore une fois, on est les seuls à en faire les frais. Les clubs peuvent ouvrir, les restaurants peuvent ouvrir. Mais pas nous." Florian Sodoyer explique aujourd'hui vouloir attaquer la décision de la mairie devant le tribunal administratif, mais se heurter au silence de l'administration. "Ça fait deux jours que je demande un courrier administratif à la commune, mais ils ne me le fournissent pas. Moi je perds 4 millions de Fcfp. Tout était payé. Les vols, les hôtels… Ma société va couler. Je ne vais pas m'en remettre. Donc perdu pour perdu, j'ai demandé à mon avocat d'attaquer cette décision."
 

Rédigé par Antoine Samoyeau le Vendredi 17 Décembre 2021 à 16:34 | Lu 4153 fois