@ Port Autonome de Papeete
Tahiti, le 25 août 2025 – Torea Thuret a été évincé de la Société du Port de pêche de Papeete (S3P) et remplacé par l’ancien directeur de la Direction des ressources marines, Cédric Ponsonnet. Le ministre lui reproche de ne pas avoir fait de propositions pour relever la situation financière de la société. Torea Thuret dément ses propos “cela fait 15 ans que je propose des choses et les différents gouvernements et ministres n’ont pas suivi”. Selon lui, “s’il n’y a pas une réaction du Pays, la S3P peut fermer boutique à la fin de l’année”.
La danse de la chaise musicale continue au Fenua. Les membres du conseil d’administration de la Société du Port de pêche de Papeete (S3P) se sont réunis en fin d‘après-midi ce lundi. Ils ont pris la décision de se séparer de leur directeur actuel, Torea Thuret, et de le remplacer par Cédric Ponsonnet, ex-directeur de la Direction des ressources marines pendant sept ans, avant d’être “démissionné”, lui, le 12 février dernier.
Rappelons que la société d’économie mixte S3P a été créée en 1994. Elle compte parmi ses actionnaires, outre le Pays, la CCISM, le port autonome, la Banque Socrédo et des investisseurs privés
“Cela fait 15 ans que je propose des choses”
“Cela fait drôle, on sait qu’en tant que mandataire social on peut être remercié mais je suis étonné que cela se passe maintenant, en sachant que le nouveau gouvernement est là depuis deux ans et demi”, assure Torea Thuret qui dirige la société S3P depuis 15 ans. “Quand ça arrive c’est difficile à accepter. Je pense avoir fait ce que j’ai pu en 15 ans et comme je l’ai dit au conseil d’administration, le Pays n’a pas forcément suivi et c’est pour cela que la S3P se retrouve dans cette situation.”
Torea regrette de ne pas avoir eu une discussion en amont avec le ministre des Ressources marines, Taivini Teai, en lieu et place du président du conseil d’administration de la SEM.
“J’ai appris, il y a trois semaines, que j’allais être révoqué”, dit-il. Et le président du conseil d’administration, Stéphane Perez, “m’a dit qu’il a reçu des consignes du ministre pour ma révocation. Donc c’est un choix du ministre qui met en avant la situation difficile de la société. Et il dit que je n’ai rien proposé pour arranger cette situation”. Torea Thuret s’insurge contre ces propos et soutient : “Cela fait 15 ans que je propose des choses et les différents gouvernements et ministres n’ont pas suivi à chaque fois.”
À l’actuel ministre, Torea Thuret a proposé de revoir les tarifs à la hausse “et à chaque fois le ministre disait qu’il fallait épargner les armateurs et les mareyeurs et à chaque fois on repoussait ces augmentations de redevances et le déséquilibre s’est agrandi au fil des ans”. Il évoque le fait que le réaménagement du port de pêche a été lancé en 2017 “et ce n’est que maintenant que ça démarre avec le port autonome, aucun ministre n’a su se positionner. Voilà, c’est la lenteur administrative, la lenteur du politique et c’est la S3P qui paie les pots cassés. Ils disent que j’ai mal géré l’histoire et moi je dis qu’on n’a pas eu les moyens pour réussir.”
Rappelons que la cour des comptes s’était intéressée à la gestion, de la S3P de 2017 à 2021. La juridiction financière a constaté une exploitation “structurellement déficitaire” dans laquelle “les recettes propres” de la société “ne couvraient pas les charges fixes” en constance augmentation, et que les redevances “obligatoirement approuvées par le Pays” ne couvraient pas les charges.
“On est au pied du mur financièrement”
Le problème de la panne d’une tour à glace sur deux n’a pas aidé à relever la situation financière. “Pendant deux ans il va falloir tenir avec une seule tour à glace qui a plus de 20 ans d’âge et qui peut lâcher du jour au lendemain”.
Ce problème, selon lui, est imputable à “tous les gouvernements”. Il explique que cela date de plus de dix ans, mais comme “c’est un investissement important à hauteur de 400 millions de francs chaque ministre a repoussé l’opération et on se retrouve au pied du mur avec des machines qui ne tiennent plus”. Si cette situation venait à arriver ce serait catastrophique pour les pêcheurs qui “n’ont aucun moyen de fabriquer de la glace”.
Torea Thuret regrette que le Pays ait préféré investir pour les acteurs économiques et pas dans la société d’économie mixte : “Aujourd’hui on est au pied du mur financièrement. On me reproche de ne rien avoir proposé alors que cela fait des années que je propose et qu’on ne m’écoute pas. À part une réaction du Pays qui mettra des centaines de millions pour redresser la barre, je ne vois pas comment le futur directeur – aussi intelligent et fort soit-il – pourrait redresser la barre tout seul, c’est impossible.”
La danse de la chaise musicale continue au Fenua. Les membres du conseil d’administration de la Société du Port de pêche de Papeete (S3P) se sont réunis en fin d‘après-midi ce lundi. Ils ont pris la décision de se séparer de leur directeur actuel, Torea Thuret, et de le remplacer par Cédric Ponsonnet, ex-directeur de la Direction des ressources marines pendant sept ans, avant d’être “démissionné”, lui, le 12 février dernier.
Rappelons que la société d’économie mixte S3P a été créée en 1994. Elle compte parmi ses actionnaires, outre le Pays, la CCISM, le port autonome, la Banque Socrédo et des investisseurs privés
“Cela fait 15 ans que je propose des choses”
“Cela fait drôle, on sait qu’en tant que mandataire social on peut être remercié mais je suis étonné que cela se passe maintenant, en sachant que le nouveau gouvernement est là depuis deux ans et demi”, assure Torea Thuret qui dirige la société S3P depuis 15 ans. “Quand ça arrive c’est difficile à accepter. Je pense avoir fait ce que j’ai pu en 15 ans et comme je l’ai dit au conseil d’administration, le Pays n’a pas forcément suivi et c’est pour cela que la S3P se retrouve dans cette situation.”
Torea regrette de ne pas avoir eu une discussion en amont avec le ministre des Ressources marines, Taivini Teai, en lieu et place du président du conseil d’administration de la SEM.
“J’ai appris, il y a trois semaines, que j’allais être révoqué”, dit-il. Et le président du conseil d’administration, Stéphane Perez, “m’a dit qu’il a reçu des consignes du ministre pour ma révocation. Donc c’est un choix du ministre qui met en avant la situation difficile de la société. Et il dit que je n’ai rien proposé pour arranger cette situation”. Torea Thuret s’insurge contre ces propos et soutient : “Cela fait 15 ans que je propose des choses et les différents gouvernements et ministres n’ont pas suivi à chaque fois.”
À l’actuel ministre, Torea Thuret a proposé de revoir les tarifs à la hausse “et à chaque fois le ministre disait qu’il fallait épargner les armateurs et les mareyeurs et à chaque fois on repoussait ces augmentations de redevances et le déséquilibre s’est agrandi au fil des ans”. Il évoque le fait que le réaménagement du port de pêche a été lancé en 2017 “et ce n’est que maintenant que ça démarre avec le port autonome, aucun ministre n’a su se positionner. Voilà, c’est la lenteur administrative, la lenteur du politique et c’est la S3P qui paie les pots cassés. Ils disent que j’ai mal géré l’histoire et moi je dis qu’on n’a pas eu les moyens pour réussir.”
Rappelons que la cour des comptes s’était intéressée à la gestion, de la S3P de 2017 à 2021. La juridiction financière a constaté une exploitation “structurellement déficitaire” dans laquelle “les recettes propres” de la société “ne couvraient pas les charges fixes” en constance augmentation, et que les redevances “obligatoirement approuvées par le Pays” ne couvraient pas les charges.
“On est au pied du mur financièrement”
Le problème de la panne d’une tour à glace sur deux n’a pas aidé à relever la situation financière. “Pendant deux ans il va falloir tenir avec une seule tour à glace qui a plus de 20 ans d’âge et qui peut lâcher du jour au lendemain”.
Ce problème, selon lui, est imputable à “tous les gouvernements”. Il explique que cela date de plus de dix ans, mais comme “c’est un investissement important à hauteur de 400 millions de francs chaque ministre a repoussé l’opération et on se retrouve au pied du mur avec des machines qui ne tiennent plus”. Si cette situation venait à arriver ce serait catastrophique pour les pêcheurs qui “n’ont aucun moyen de fabriquer de la glace”.
Torea Thuret regrette que le Pays ait préféré investir pour les acteurs économiques et pas dans la société d’économie mixte : “Aujourd’hui on est au pied du mur financièrement. On me reproche de ne rien avoir proposé alors que cela fait des années que je propose et qu’on ne m’écoute pas. À part une réaction du Pays qui mettra des centaines de millions pour redresser la barre, je ne vois pas comment le futur directeur – aussi intelligent et fort soit-il – pourrait redresser la barre tout seul, c’est impossible.”

























