Tahiti Infos

​7 ans ferme pour le jeune homme jugé pour le viol d'une mère de famille


Tahiti, le 1er octobre 2026 – Au terme de deux jours de débats jeudi, les jurés de la cour d'assises de Papeete ont condamné un primodélinquant de 23 ans qui était poursuivi pour un viol commis sur une mère de famille. L'accusé, qui s'était introduit nuitamment au domicile de la victime qu'il ne connaissait pas avant de lui imposer des abus sexuels, a été condamné à 7 ans de prison ferme.
 
Après en avoir délibéré durant plusieurs heures, les jurés de la cour d'assises ont condamné jeudi un homme de 23 ans jusque-là inconnu de la justice qui était jugé pour le viol d'une quinquagénaire. Dans la nuit du 6 septembre 2024, ce jeune père de famille s'était introduit chez la victime qu'il ne connaissait pas. Alors que cette dernière dormait et que ses deux enfants se trouvaient dans la maison, l'accusé l'avait violée avant de prendre la fuite.
 
En ce second et dernier jour d'audience, la matinée a débuté par l'audition du plus jeune fils de la victime, un adolescent calme qui a expliqué à la barre que sa mère, une femme “solide” qui a fait “de son mieux” pour “protéger” ses fils, s’est trouvée profondément marquée par les faits à la suite desquels elle donnait l’impression d’être “toujours à cran” et “fatiguée”. Le père des enfants de la victime, souvent absent en raison de sa profession de skipper, est ensuite, lui aussi, revenu sur les conséquences du drame : “Je ne savais pas si elle s'en sortirait. J'avais l'impression qu'elle était dans une trop grande souffrance” a-t-il expliqué avant de s'interroger ouvertement sur le nombre de violences commises en Polynésie sur les femmes et sur les enfants. “Si nous sommes ici, c'est que nous avons confiance [en la justice]”, a-t-il cependant assuré.
 
“Sa vie a basculé”
 
Alors que la victime, en pleurs, se tenait la tête dans les mains, son avocate, Me Isabelle Nougaro, a pris la parole pour, elle aussi, dénoncer le traumatisme subi : “L'accusé est entré dans sa maison alors que les deux enfants de ma cliente étaient là. Cette nuit-là, sa vie a basculé. Trop de choses sont désormais gravées en elle.” L’accusé, a-t-elle martelé, “lui a enlevé sa liberté et désormais, c'est comme si elle était en prison”.
 
Pour entamer ses réquisitions, l'avocat général a tout de même tenu à rappeler que la justice prenait très à cœur la problématique des violences sexuelles. Il s'est ensuite interrogé sur le mobile de l'accusé qui s'est très peu exprimé durant ce procès tout en ayant toujours reconnu les faits. “Pourquoi moi ? Pourquoi cette nuit-là ? La victime a dû se poser ces questions à des centaines de reprise”, a observé le représentant du ministère public. Alors que l'audience se tenait à huis-clos partiel, l'avocat général a également expliqué que ce procès représentait un “nouveau viol” pour la quinquagénaire, obligée de se replonger dans les faits.
 
Dix ans de prison ferme dont cinq ans de sûreté ont finalement été requis contre l'accusé qui a déjà effectué deux ans de détention provisoire.
 
Confrontée au silence de l'accusé, son avocate, Me Chloé Atlan a souligné lors de sa plaidoirie que ce dernier, encore très jeune donc “immature”, était un “homme de peu de mots, de peu de vocabulaire et qui ne s'exprime pas beaucoup”. Elle a par ailleurs rappelé que ce n'était pas un homme “manipulateur”. L’accusé a reconnu les faits et il est “soutenu” par sa famille, a-t-elle souligné. Dernier acteur de l'audience à s'exprimer tel que c’est d'usage, l'accusé a demandé “pardon” à la victime en affirmant d'une voix peu audible qu'il était “responsable de tout ça”.
 
Après en avoir délibéré, les jurés ont condamné le jeune père de famille à 7 ans de réclusion, criminelle avec 5 ans de suivi sociojudiciaire.

Rédigé par Garance Colbert le Jeudi 1 Octobre 2026 à 19:36 | Lu 498 fois