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​“Je suis écœurée”, la SARL Full Full se voit déjà liquider sa société


​“Je suis écœurée”, la SARL Full Full se voit déjà liquider sa société
Tahiti, le 4 août 2026 – “Cette erreur dans le dossier, ça me coûte ma société.” À la sortie d’une audience de référés peu prometteuse, mardi, la gérante de la SARL Full Full basée à Moorea ne cache pas sa déception. Son entreprise conteste le refus de la Polynésie française de lui accorder une dérogation pour l’activité d’approche et d’observation des baleines, estimant que cette décision menace sa survie économique.
 
La société affirme que l’activité de whale watching, autrement dit d'observation des baleines encadrée, pèse pour 80 % dans son chiffre d’affaires. L’an dernier, elle a enregistré 12 clients par jour pendant environ 120 jours. Selon elle, sans l’agrément que lui refuse le Pays, c’est l’équilibre financier de l’entreprise qui est en péril. Une décision est attendue mercredi ; mais elle a peu d’espoir.
 
“Je suis écœurée”, a-t-elle déclaré à l’issue de l’audience, dénonçant les conséquences d’une procédure qui, selon elle, l’a privée d’une place dans le classement des candidats. “D'année en année, on est obligés de construire notre économie et les touristes réservent un an à l’avance, en Polynésie, que ce soit pour les hôtels ou pour n'importe quelle activité”, explique la prestataire qui estime à plus de 10 millions de francs son manque à gagner.
 
À l’audience, la présidente du tribunal a demandé à l’entreprise de préciser l’impact réel de cette activité sur ses revenus. “Vous auriez pu me produire ce que vous avez fait en 2025 par rapport à la saison des baleines et hors saison”, a-t-elle reproché. A l'issue de l'audience la cheffe d'entreprise a promis qu'elle joindrait les pièces justificatives au dossier le soir-même : “Je peux clairement prouver que mon chiffre d'affaires est lié à l'activité des baleines”, a-t-elle martelé.

​ La question de la liberté d’entreprendre


La SARL Full Full avait déposé sa demande pour être inscrite dans le nouveau dispositif encadrant l’approche des baleines le 26 juin à 8h04. Selon son avocat Me Édouard Varrod, une erreur dans le dossier a entraîné une demande de régularisation… quatre jours plus tard. C’est ce délai qui aurait fait perdre à l’entreprise sa position dans l’ordre d’attribution des dérogations. Il estime que cette différence de traitement porte “atteinte à la liberté d’entreprendre”.
 
L’administration assure que les dossiers ont été traités selon le principe du “premier arrivé, premier instruit” et explique que les différences observées résultent des étapes d’instruction et des vérifications nécessaires.
 
La Polynésie française défend de son côté un dispositif nécessaire pour encadrer une activité en forte croissance. Son représentant a souligné que “les baleines viennent en paix pour mettre bas et s’occuper de leurs petits”.
 
Le juge des référés doit déterminer si la procédure a porté une atteinte à la liberté d’entreprendre de la société. La décision est attendue ce mercredi.

Rédigé par Violaine Broquet le Mardi 4 Août 2026 à 19:50 | Lu 2145 fois