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​ Handicap : aux premières Assises de l'inclusion, les associations prennent la parole


Tahiti, le 18 septembre 2026 - La présidence accueillait ce vendredi ses premières Assises de l'inclusion, sous le grand chapiteau. Familles, associations et élus y ont passé la matinée à raconter les obstacles du quotidien. L'objectif est de croiser ces témoignages avec les dispositifs existants pour trouver des solutions.    

Beaucoup de familles, associations et élus ont fait le déplacement, vendredi à la présidence pour les premières assises de l’inclusion. Toutes voulaient d'abord être entendues. Quelque 300 inscrits étaient présents pour cette matinée organisée autour de six ateliers. La chargée de mission au ministère des Solidarités en charge de la famille et des personnes non-autonomes, y voit d'abord un lieu de réponses : “Ils sont venus trouver des réponses parce que souvent ils ne savent pas vers qui se tourner.” Et vendredi, l’un des enjeux de l’événement était de confronter les dispositifs existants aux témoignages des familles.    

Ces témoignages ont ému et occupé une bonne partie de la matinée. Augustine Roa, présidente de l'association “Je te vois mon amour”, qui consacre son action aux enfants souffrant de Trouble de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH) ou de troubles du neurodéveloppement, co-animait l'atelier consacré à la formation et à l'éducation. Une dizaine de parents, surtout des mères, y ont raconté la même difficulté : pour être reconnu, il faut passer par la [Commission territoriale de l’éducation spéciale], et c'est là que le bât blesse, ont-elles témoigné. La présidente réclame des critères lisibles pour savoir si un enfant entre dans le champ du handicap. “On a l'impression que c'est la roulette russe”, pointe Augustine Roa. Elle rapporte que beaucoup de parents disent avoir été méprisés lors de leurs demandes voire de leurs recours, et se heurtent à des refus qu'ils ne comprennent pas.    

Le manque d'accompagnants dans les classes revient aussi en boucle. Certaines familles restent un an sans Accompagnant des élèves en situation de handicap (AESH) alors que la notification est délivrée, c'est-à-dire que le droit est ouvert. Augustine Roa plaide pour un vivier d'AESH, des effectifs allégés malgré les fermetures de classes, et une formation des enseignants qui leur donne d'emblée des outils pour adapter les fondamentaux aux enfants à besoins particuliers. Elle rapporte que les propositions d'un syndicat d'enseignants rencontré dans la journée rejoignent les siennes, notamment l'actualisation du “guide-barème” et des critères pour savoir qui entre dans le champ du handicap.    


Loin de Papeete, tout se complique    

Autre constat, la distance. “Dès qu'on s'éloigne de Papeete, Pirae ou Punaauia, ça devient compliqué”, ajoute Augustine Roa. Beaucoup de familles ne savent pas vers qui se tourner, et l'accompagnement a un coût, alors que les délais de diagnostic et de prise en charge s'allongent. Les services publics font de leur mieux, mais “tout le monde est dépassé”, résume la présidente d’association. Elle relève aussi la présence de mairies venues sonder leur population, et insiste sur un préalable : collecter des données.    

Née d'un collectif le 12 juin 2025, journée de sensibilisation au TDAH, puis constituée en association le 25 juillet suivant, “Je te vois mon amour” compte aujourd'hui environ 70 membres. Elle a ouvert une antenne à Rangiroa, où elle suit une dizaine d'enfants TDAH ainsi que des enfants souffrant de TSA (Trouble du spectre de l’autisme), et a reçu une invitation pour créer une antenne aux Marquises. Elle s'appuie sur deux neuropsychologues, une neuropédiatre et des coachs qui offrent aux familles une bulle pour parler. “Quand on voit quelqu'un, finalement, on lui dit qu'il existe”, résume Augustine Roa.    

De son côté, la présidente de la fédération handisport, Henriette Kamia a remarqué que l'on avait beaucoup parlé du TDAH, un trouble désormais mieux détecté. Sur ce point, elle a déploré que des bilans neurologiques ne soient pas réalisés dès le plus jeune âge, tout en se réjouissant que davantage d'enfants soient emmenés chez le médecin. Elle a aussi regretté que l'atelier “le sport et le handicap” n'ait pas abordé le handicap de la cécité. 

Augustine Roa, présidente de l'association “Je te vois mon amour”


Rédigé par Violaine Broquet le Vendredi 18 Septembre 2026 à 19:29 | Lu 248 fois