Nouvelle manifestation à Tatutu, cette fois-ci par solidarité avec les collègues polynésiens en attente d’une mutation au Fenua (Crédit : Anne-Charlotte Lehartel).
Tahiti, le 18 juin 2026 - Des fonctionnaires pénitentiaires ont manifesté ce jeudi midi devant l’entrée du centre de détention de Tatutu. Si le climat social au sein de la prison de Papeari reste d’actualité, cette fois-ci, les principales revendications portées par FO Justice Polynésie concernent cinq récentes affectations, dont aucune bénéficie à des personnels originaires du Fenua.
La mobilité des fonctionnaires pénitentiaires polynésiens était au cœur d’une manifestation, ce jeudi midi, devant l’entrée de la prison de Tatutu. Une soixantaine de participants de Papeari et Faa’a étaient réunis pour dénoncer la récente attribution de cinq postes – un officier, un technicien et trois conseillers pénitentiaires d’insertion et de probation – sans obtenir aucun retour au Fenua pour des Polynésiens. À l’image de la Nouvelle-Calédonie, où la Direction générale de l’administration pénitentiaire (DGAP) “a réexaminé deux postes d’officiers afin de favoriser le retour de collègues originaires”, les revendications ciblent le “réexamen des décisions de mobilité concernant les postes vacants en Polynésie française” en prenant en compte “les attaches territoriales, familiales et professionnelles” dans le “respect des engagements et des principes d’équité”.
La mobilité des fonctionnaires pénitentiaires polynésiens était au cœur d’une manifestation, ce jeudi midi, devant l’entrée de la prison de Tatutu. Une soixantaine de participants de Papeari et Faa’a étaient réunis pour dénoncer la récente attribution de cinq postes – un officier, un technicien et trois conseillers pénitentiaires d’insertion et de probation – sans obtenir aucun retour au Fenua pour des Polynésiens. À l’image de la Nouvelle-Calédonie, où la Direction générale de l’administration pénitentiaire (DGAP) “a réexaminé deux postes d’officiers afin de favoriser le retour de collègues originaires”, les revendications ciblent le “réexamen des décisions de mobilité concernant les postes vacants en Polynésie française” en prenant en compte “les attaches territoriales, familiales et professionnelles” dans le “respect des engagements et des principes d’équité”.
“On devrait être prioritaire”
Une demande qui fait écho à l’actualité : en début de semaine, à l’Assemblée nationale, la députée Mereana Reid-Arbelot plaidait à nouveau pour l’application du Centre des intérêts matériels et moraux (CIMM) en faveur du retour des fonctionnaires polynésiens au Fenua, en citant l’exemple des affectations dans les rangs de la police nationale.
L’administration pénitentiaire est aussi concernée, comme nous l’a indiqué Karl Manutahi, secrétaire territorial du syndicat FO Justice Polynésie : “Aujourd’hui, nous sommes là pour dénoncer des décisions qui sont apparues le 27 mai suite à la CAP (commission administrative paritaire, NDLR) de mobilité des officiers, suivie de celles des conseillers d’insertion et de probation, des techniciens et des adjoints administratifs. Sur cinq postes vacants en Polynésie française, on a cinq collègues non-originaires qui sont affectés ici. Nous ne sommes pas contents et on ne comprend pas du tout. (...) La notion de CIMM est appréciée en fonction de l’administration. Dans notre administration pénitentiaire, c’est un critère, mais pas une priorité.”
Une surveillante mobilisée nous a confié avoir exercé pendant de longues années dans l’Hexagone avant de décrocher un poste à Tahiti. “Je m’estime chanceuse, mais ça a été un combat chaque année pour mettre à jour les dossiers pour prétendre à la mutation. Je suis solidaire des collègues polynésiens qui aimeraient aussi rentrer chez eux. Ça reste un déracinement et un déchirement familial. C’est un choix quand on passe un concours national, mais il y a tellement peu de postes vacants à Tahiti qu’on devrait être prioritaire quand l’opportunité se présente”, témoigne-t-elle.
“Arbitrage” de la DGAP
Dans une note adressée en amont du rassemblement, le syndicat précisait qu’une rencontre “constructive” s’était tenue avec la directrice de cabinet du haut-commissaire, qui aurait “déjà pris attache avec les directions du centre de détention de Tatutu et du centre pénitentiaire de Nuutania, afin d’échanger sur cette situation et les préoccupations exprimées par les personnels”.
D’autres rendez-vous ont eu lieu depuis. “On a rencontré Monsieur le haut-commissaire, qui a été très bienveillant avec nous. Ce matin (jeudi, NDLR), nous étions en visio-conférence avec la DGAP : on a soumis tous nos sujets de préoccupation, c’est-à-dire les cinq personnes qui attendent un retour. Ils nous ont écoutés et entendus. Ils vont se rapprocher du directeur général de l’administration pénitentiaire pour qu’il puisse rendre un arbitrage”, indique Karl Manutahi, qui s’est dit “satisfait” des négociations, tout en restant “vigilant”.
Comme en 2025, où les manifestations s’étaient succédé, les tensions avec la direction de Tatutu étaient aussi sur la table. “Les personnels attendent des décisions fortes de la DGAP afin d’apaiser durablement le climat social délétère et restaurer la confiance”, stipulait le tract du jour.
































