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​Lycées : nouvel appel à la mobilisation le 13 octobre




Paris, France, le 8 octobre 2026. Le ministre de l'Education Edouard Geffray doit présenter au 20h00 de TF1 des "premières mesures concrètes pour les lycéens", de nouveau mobilisés jeudi dans un contexte tendu avant une nouvelle journée d'action prévue mardi 13 octobre.


Au total, 71.500 personnes ont manifesté jeudi en France, dont 24.500 à Paris, pour cette nouvelle journée de mobilisation des lycéens au cours de laquelle 504 interpellations ont été réalisées et 48 policiers et gendarmes blessés, a indiqué le ministère de l'Intérieur.

Par ailleurs, le ministère, qui "note aujourd'hui une augmentation des violences urbaines", a estimé à 55.000 le nombre de personnes ayant participé "à des actions devant des établissements scolaires, une partie seulement ayant rejoint les manifestations".

Les images des manifestations, un peu partout en France, sont restées saisissantes, en particulier à Paris, où plusieurs dizaines de milliers de personnes rassemblées place de la Bastille qui a été évacuée par les forces de l'ordre vers 19H20 avec usage de gaz lacrymogène.

Les slogans "Plus de masters, moins de poulets" (allusion à la chaîne de restauration Master Poulet) ou encore "35°C dans les classes, mais le problème c'est le portable" se sont faits entendre, tandis qu'une grande banderole "GenZ en colère" a été brandie par des jeunes juchés sur la colonne de juillet au centre de la place.

Bally Bagayoko, le populaire maire LFI (gauche radicale) de St Denis, y a été accueilli au son de "Bally, Bally, Bally". Et, sur X, le candidat de ce parti à la présidentielle Jean-Luc Mélenchon n'a pas manqué de saluer la "démonstration puissante de la jeunesse" : "la Bastille est reprise", a-t-il écrit.

En fin de rassemblement, des incidents ont éclaté avec des jets de pavé et de mortiers sur les policiers qui ont répliqué au canon à eau. La préfecture de police a évoqué un groupe d'une vingtaine de "black blocs" jetant du mobilier urbain sur les forces de l'ordre. Les charges et les tirs de gaz lacrymogènes ont été nombreux, avec également des interpellations dont un jeune, visage et vêtements ensanglantés, a constaté l'AFP.

En préambule de ce rassemblement, l'intersyndicale étudiante et professionnelle a appelé à une nouvelle journée de mobilisation mardi. "Tant qu'on n'aura pas 10 milliards sur la table, on continuera à se mobiliser", a affirmé Sabrine Kharbach, porte-parole de l'Union Etudiante.

En déplacement à Reims en matinée, le ministre Edouard Geffray avait promis la présentation d'un "plan d'urgence" sur les remplacements d'ici "quelques heures ou quelques jours".

Dans l'après-midi, il a reçu les trois principales associations lycéennes, en compagnie de Philippe Baptiste, le ministre de l'Enseignement supérieur et de la recherche. Un rendez-vous à l'issue duquel les lycéens sont sortis mitigés.

"On nous annonce quelques miettes et sur (la plateforme de sélection pour l'entrée à l'université) Parcoursup, on nous dit plus de transparence. Nous, on lui a dit clairement, on ne veut pas davantage savoir comment on se met à sélectionner. On veut abroger Parcoursup", a affirmé à la presse le représentant de l'Union syndicale lycéenne (USL), Marius Mesnil.

Du côté de Les Lycéens! Louis Letoublon appelle également à poursuivre le mouvement, évoquant des annonces satisfaisantes "sur un sujet seulement, la démocratie scolaire".

"Quelques avancées"

Le représentant de Renouveau lycéen, Nathanaël Combary - également adhérent du parti Renaissance - a lui salué "quelques avancées" et s'est dit "satisfait".

Sur le terrain, les manifestations ont globalement été de moindre ampleur que mardi où de 266.000 à 450.000 personnes s'étaient rassemblées dans tout le pays : À Lille, Rennes et Bordeaux, les préfectures ont recensé respectivement 3.200, 3.400 et 2.800 manifestants.

Selon le ministère de l'Education, "environ 96% des établissements (étaient) ouverts" et 157 lycées (sur 3.700) fermés à la mi-journée, le ministère précisant par ailleurs que la grève des personnels n'avait quasiment pas été suivie.

A Marseille (sud), quelque 3.900 personnes ont manifesté, selon la préfecture, mais quelques centaines ont également participé à des rassemblements non déclarés.

Le proviseur-adjoint du lycée Victor Hugo a été "roué de coups à terre" par plusieurs individus devant son établissement au moment où il tentait d'éteindre à l'aide d'un extincteur le feu d'une benne à ordure, selon la préfète de police déléguée, Corinne Simon. Il a porté plainte et souffre d'une incapacité temporaire de travail de neuf jours, a-t-elle précisé.

Un lycée proche de Bordeaux (ouest) a été en partie "saccagé" par des jeunes, en marge de la mobilisation, provoquant plusieurs centaines de milliers d'euros de dégâts selon de premiers chiffrages.

Mercredi soir, le Premier ministre Sébastien Lecornu a renvoyé à "fin octobre" pour "les premières décisions", tout en déclarant que "nul ne peut être indifférent aux angoisses qu'ils expriment".

10 milliards

"On ne veut pas des paroles, on veut des actions", a affirmé à Nantes Camille, 17 ans, derrière une banderole de tête sur laquelle on pouvait lire "Ni chair à canon, ni chair à patron".

Parmi leurs revendications, les lycéens et étudiants demandent 250.000 places en plus à l'université, une rénovation du bâti et la suppression de la sélection par Parcoursup.

Depuis le début de la mobilisation le 17 septembre, 215 élèves et 85 membres du personnel de l'Éducation ont été blessés, ainsi que près de 800 policiers et gendarmes.

Le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, a annoncé que 18 enquêtes de la "police des polices" ont été ouvertes. Il a également indiqué la suspension de l'usage des grenades assourdissantes, après qu'un manifestant de 15 ans a eu la main arrachée lundi à Lens (nord).

Rédigé par AFP le Jeudi 8 Octobre 2026 à 10:28 | Lu 161 fois


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