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Zika : les études sur des malformations cérébrales chez des bébés ont démarré fin 2014



18 enfants ou de fœtus atteints de malformations du système nerveux central ont été identifiés entre mars 2014 et mai 2015. Il y a eu deux décès, dix interruptions médicales de grossesse, six enfants sont vivants avec des anomalies neurologiques de niveau variable.
18 enfants ou de fœtus atteints de malformations du système nerveux central ont été identifiés entre mars 2014 et mai 2015. Il y a eu deux décès, dix interruptions médicales de grossesse, six enfants sont vivants avec des anomalies neurologiques de niveau variable.
PAPEETE, le 3 décembre 2015. Depuis la fin de l'année 2014, le Bureau de veille sanitaire polynésien menait des investigations sur une possible corrélation entre de graves atteintes cérébrales sur des fœtus ou des nouveau-nés et le virus du Zika. Quand le Brésil, où le Zika sévit actuellement a déclaré une épidémie de microcéphalies chez des nourrissons, cette hypothèse s'est renforcée.

La suspicion d'un lien entre de graves malformations cérébrales chez des fœtus ou des nouveau-nés et le virus Zika "est très forte" explique le docteur Henri-Pierre Mallet, responsable du Bureau de veille sanitaire. Il faudra toutefois encore des études pour que la communauté scientifique internationale confirme ces hypothèses. En Polynésie française, ce sont les pédiatres de l'hôpital du Taaone qui ont lancé l'alerte : habituellement des telles malformations cérébrales sur des nouveau-nés n'interviennent, ici, que tous les 10 ou 15 ans, aussi quand plusieurs cas se sont succédé en quelques mois, des recherches ont été lancées ainsi que sur les causes d'interruption médicales de grossesses : là encore des cas de malformations cérébrales, des microcéphalies sont apparues. Il y a eu en une année, 40 fois plus de malformations cérébrales chez des nouveau-nés qu'habituellement.

Pour l'heure, la cause commune à ces 18 cas répertoriés semble la concomitance durant les premiers mois de grossesse d'une exposition des mères au virus du Zika, durant l'épidémie qui a sévi entre septembre 2013 et fin avril 2014. Si des interruptions médicales de grossesse ont eu lieu pour éviter à des mères de mettre au monde des enfants lourdement handicapés, huit ont été menées à leur terme. Deux des nourrissons sont décédés dans les premiers mois de leur vie, six sont vivants et aujourd'hui âgés de un an à 18 mois : trois d'entre eux sont microcéphales, trois autres sont atteints par un dysfonctionnement neurologique du tronc cérébral provoquant des troubles de la déglutition. Ceux-là devraient pouvoir récupérer avec l'âge ces fonctions végétatives.

Au fenua, le Zika n'est, a priori, plus une menace aujourd'hui. Avec près de 70% de la population atteinte par le virus entre 2013 et 2014, le risque d'une nouvelle épidémie n'est pas attendu avant 10 ou 15 ans. A moins que ce virus, très méconnu, jusqu'à son apparition en Polynésie française, ne révèle d'autres mauvaises surprises avec sa propagation mondiale en cours.

LIRE AUSSI, Zika : des conséquences graves sur des bébés infectés in utero

Le docteur Henri-Pierre Mallet dirige le Bureau de veille sanitaire.
Le docteur Henri-Pierre Mallet dirige le Bureau de veille sanitaire.
Docteur Henri-Pierre Mallet, responsable du Bureau de veille sanitaire à la Direction de la santé

Quels sont effets constatés exactement ?

Il s'agit de malformations cérébrales qui surviennent pendant la grossesse lors du 1er ou du 2e trimestre qui soit donne des malformations sévères qui deviennent des microcéphalies, donc des petits crânes car le cerveau n'est pas correctement formé en-dessous, soit des malformations plus légères atteignant une autre partie du cerveau, le tronc cérébral.

Qu'est-ce qui vous a mis sur la piste ?


Les premiers cas investigués étaient des cas extrêmement rares : il y a deux, puis trois puis quatre cas décrits. Ce sont les pédiatres de l'hôpital qui nous ont alertés. On n'a pas fait le rapprochement avec le Zika dans un premier temps et puis c'est apparu comme une hypothèse qui s'est renforcée. Enfin, le dernier élément qui nous a fait penser que le lien avec ce virus pouvait être fait, c'est ce qui se passe au niveau international. Il y a actuellement des épidémies de Zika dans plusieurs pays d'Amérique latine et en particulier au Brésil où le Zika sévit depuis le début de l'année et malheureusement on constate une épidémie de microcéphalies chez des nouveau-nés.

Avec le Zika on a eu aussi des cas de syndromes de Guillain-Barré, maintenant ces malformations cérébrales, doit-on s'attendre à d'autres découvertes ?

Le Guillain-Barré on a vu que c'était une complication après l'infection, une réaction auto-immune chez les adultes, ici, si ces malformations se confirment il s'agirait plus d'une infection directe du virus chez le fœtus comme d'autres infections peuvent se produire comme avec la rubéole.
En Polynésie française, il n'y a pas eu de décès directement lié au Zika, alors qu'au Brésil il y aurait eu un ou deux décès parmi des millions de cas…


Le Zika, une maladie qu'on ne connaissait peu et qui se révèle dangereuse finalement ?

Maintenant les choses vont sans doute un peu changer. Quand on a déclaré notre épidémie à l'époque, la communauté scientifique internationale disait : "c'est un petit virus, ce n'est pas bien grave, ça va passer". Et puis aujourd'hui tout le monde considère sa dangerosité potentielle, ce sera suivi de très près d'autant que le virus menace à présent les départements et territoires français d'Amérique qui seront très probablement touchés par le Zika puisque le virus est aux frontières de la Guyane.

Rédigé par Mireille Loubet le Jeudi 3 Décembre 2015 à 13:10 | Lu 2099 fois





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