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Washington durcit les sanctions contre l'Iran malgré les appels à une rencontre Trump-Rohani



Nations unies, Etats-Unis | AFP | mercredi 25/09/2019 - Les Etats-Unis ont renforcé mercredi leur pression économique sur l'Iran, au risque d'éloigner une sortie de crise esquissée par les Européens qui ont multiplié les efforts à l'ONU pour arracher une rencontre entre Donald Trump et Hassan Rohani.

Le président américain l'avait solennellement promis mardi devant l'Assemblée générale des Nations unies: Washington va "durcir" les sanctions "tant que l'attitude menaçante de l'Iran continuera".
Et le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo est passé à l'acte sans attendre, annonçant mercredi des sanctions contre des sociétés chinoises accusées de "transporter sciemment du pétrole depuis l'Iran" en "violation" de l'embargo américain.
"Nous disons à la Chine, et à tous les pays: +sachez que nous allons sanctionner toute violation de nos sanctions visant chaque activité+", a-t-il lancé.
La balle est maintenant dans le camp du président iranien, qui doit s'exprimer dans la matinée à la prestigieuse tribune planétaire. Mais Téhéran a jusqu'ici fait de l'allègement des sanctions un préalable à tout dialogue direct.
L'intense frénésie diplomatique des deux derniers jours à New York n'aura donc pas suffi?
 

- Conditions "créées" -

 
Mardi soir, le président français Emmanuel Macron, qui a multiplié les va-et-vient entre ses homologues américain et iranien, avait pourtant estimé que "les conditions d'une reprise rapide des négociations" avaient "été créées".
"Il appartient maintenant à l'Iran et aux Etats-Unis d'Amérique de se saisir de ces conditions", par une "rencontre" Trump-Rohani ou par un processus plus "progressif", a-t-il lancé.
Avant de repartir dans la nuit de New York, Emmanuel Macron a toutefois lancé un dernier appel pour qu'un tête-à-tête puisse avoir lieu cette semaine lors de l'Assemblée générale annuelle de l'ONU. Si le dirigeant iranien "quitte le pays sans rencontrer le président Trump, honnêtement ce sera une occasion perdue car il ne reviendra pas avant plusieurs mois", a martelé le chef de l'Etat français.
Un tel face-à-face, le premier à ce niveau depuis la révolution islamique de 1979 et la rupture des relations américano-iraniennes qui a suivi, viserait à faire retomber la tension, qui n'a cessé de monter ces derniers mois et est à son comble depuis les attaques du 14 septembre contre deux installations pétrolières saoudiennes, attribuées par les Occidentaux à Téhéran.
Ces derniers jours, les dirigeants américain et iranien ont soufflé le chaud et le froid, affirmant leurs divergences, échangeant parfois des menaces, mais sans jamais fermer catégoriquement la porte à une entrevue.
 

- Affaire ukrainienne -

 
"Ils voudraient négocier. Cela est une bonne chose mais nous ne sommes pas encore tombés d'accord", a déclaré mardi le président américain, toujours friand de rencontres "historiques". Mercredi après-midi, il doit clôturer sa participation à la grand-messe diplomatique mondiale par une conférence de presse.
Son homologue iranien a déjà adressé un message en estimant sur la chaîne de télévision Fox News, l'un des médias préférés du milliardaire républicain, que Donald Trump devait créer "un climat de confiance mutuelle" s'il espérait véritablement dialoguer.
Or, a-t-il rappelé, c'est lui qui a décidé du retrait de Washington de l'accord de 2015 sur le nucléaire iranien.
Si cette confiance est "rétablie" par l'allègement des sanctions américaines, Hassan Rohani s'est dit prêt à négocier d'autres accords avec les Etats-Unis.
L'accord de 2015, jugé "historique" à l'époque, semble donc de plus en plus voué à être dépassé. Après l'avoir longtemps défendu bec et ongles, les signataires européens, France, Allemagne et Royaume-Uni, plaident désormais pour un "nouvel accord" plus global, à l'instar des Etats-Unis.
Paris, Berlin et Londres ont aussi durci le ton à l'égard de Téhéran en lui imputant mardi la "responsabilité" des attaques en Arabie saoudite.
"Certains disent qu'ils se sont alignés sur les Etats-Unis, je pense qu'ils ont simplement ouvert les yeux", a ironisé Mike Pompeo.
Outre Emmanuel Macron, la chancelière allemande Angela Merkel, le Premier ministre britannique Boris Johnson et le chef du gouvernement japonais Shinzo Abe ont aussi multiplié les rencontres et les démarches pour rapprocher Donald Trump et Hassan Rohani.
Le Premier ministre pakistanais Imran Khan a même affirmé avoir été chargé d'une médiation par le président américain, en quête du succès diplomatique majeur qui manque encore à son bilan.
Au-delà du dossier iranien, les projecteurs seront aussi tournés vers Donald Trump mercredi en raison de l'affaire ukrainienne qui secoue la classe politique américaine.
Les parlementaires démocrates ont initié mardi une procédure de destitution du 45e président des Etats-Unis, qu'ils soupçonnent d'avoir demandé au président ukrainien Volodymyr Zelensky d'enquêter sur Joe Biden, son potentiel rival dans le scrutin de 2020.
Hasard du calendrier, Donald Trump doit justement rencontrer son homologue ukrainien mercredi à l'ONU.

le Mercredi 25 Septembre 2019 à 06:58 | Lu 164 fois




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