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Viri Taimana : "les jeunes ont des choses à dire"



TAHITI, le 20 janvier 2021 - Directeur du Centre des métiers d’art, Viri Taimana fait évoluer l’établissement. Il veut ouvrir le centre au Pacifique, devenir un carrefour des arts contemporains océaniens. Il veut donner aux jeunes des outils pour qu’ils s’expriment et créent un monde qui leur ressemble.

Le Centre des métiers d’art de la Polynésie française (CMAPF) est un établissement public administratif qui a pour vocation la formation des jeunes aux métiers de l’artisanat d’art océanien et aux arts visuels polynésiens.

Il a été créé en 1980 par un ancien élève graveur de l’école Boulle, Henri Bouvier. Viri Taimana en est le directeur depuis 2006, à son retour de métropole.

Son objectif ? "Garder les élèves des archipels le plus longtemps chez eux", mais aussi "établir des passerelles pour ouvrir un maximum de portes", "ouvrir le Centre des métiers d’art au Pacifique francophone puis anglophone". Il veut que l’établissement devienne "un carrefour de l’art contemporain océanien à Tahiti".

Selon lui "les jeunes ont des choses à dire" ! Il souhaite leur donner des outils pour qu’ils s’expriment et qu’ils créent un monde qui leur ressemble.

Il veut montrer que tout est possible, rien n’est figé et à tous les niveaux, dans l’art bien sûr, la création, mais aussi la réglementation, l’enseignement. "Il faut que ça bouge", insiste-t-il en espérant pouvoir réécrire le statut du CMA.

"C’est un outil formidable" mais qui n’est plus exactement adapté. Viri Taimana est de ceux qui prônent l’ouverture aux autres. Il est persuadé qu’il faut préserver le patrimoine polynésien, le partager.

Les élèves doivent se l’approprier mais ensuite, il faut "une dynamique d’échanges". Il y a des chefs-d'œuvre partout dans le monde "qu’il faut aller voir" pour "construire des gens ouverts qui ont des valeurs et qui n’ont peur de rien". Il faut revenir à la base puis s’en détacher, la critiquer.

C’est tout un travail de fond qu’il mène "mais qui vaut la peine, car c’est une belle aventure humaine".

"Je voulais être capitaine"

Vir Taimana voulait "être capitaine". Il aurait aimé entrer dans la marine marchande. Il a été orienté vers une carrière de mécanicien, ce qui l’aurait contraint à passer son temps en salle des machines. "Moi, je voulais être sur le pont."

Alors, il a fait de la littérature. "Cela m’a permis de m’évader." Il a pratiqué le théâtre puis est entré à l’École des Beaux-arts d’Aix puis de Toulon. Une chance qu’il a saisie. "Je pensais à tous ceux qui n’avaient pas eu cette chance."

Il s’est fixé comme objectif de rentrer un jour en Polynésie pour partager ce qu’il savait. Mais avant de rentrer, il a enseigné le dessin et l’art numérique à l’École de Beaux-arts de Toulon. "Je n’étais pas mauvais, ils cherchaient quelqu’un." Il y est resté 8 ans. En 2006, à son retour, il a pris la direction du CMA.

Une licence en 2022

Depuis son arrivée, de nouveaux diplômes ont vu le jour. "Si tu ne peux pas aller à la formation, alors la formation doit venir à toi." Il pense à tous les élèves qui n’ont pas les moyens de quitter le territoire pour apprendre.

Depuis septembre 2017, il existe le Certificat polynésien des métiers d'art (CPMA). Il s’agit d’un diplôme de niveau V, l’équivalent d’un Certificat d'aptitude professionnelle (CAP). Il comprend quatre options : sculpture, gravure, vannerie, tatouage.

Il existe également le Brevet polynésien des métiers d'art (BPMA). Il s’agit d’un diplôme de niveau IV, l’équivalent d’un baccalauréat professionnel. L’appellation la plus courante de l'emploi et du niveau de qualification est maître artisan.

Ce nouveau diplôme est décerné aux élèves méritants ayant atteint une qualité irréprochable dans leurs travaux, de réelles compétences et une autonomie leur permettant de s’inscrire durablement dans la vie active et/ou la poursuite des études aux arts visuels.

Le titulaire du BPMA est un technicien d’art qualifié en gravure (sur os, bois, nacre) ou en sculpture (sur pierre, corail, bois et matériaux connexes).

Mais Viri Taimana compte bien aller plus loin. Il travaille actuellement à la création d’une licence professionnelle des métiers d’art et du design avec l’Université de la Polynésie française (UPF) pour la rentrée 2022.

Il est, pour cela, en contact avec l’inspectrice générale de la Direction des métiers d’art et du design en France, avec les ministères en Polynésie, avec la Direction de l’enseignement, l’UPF. Il vise ensuite la création d’un master puis d’un doctorat.

Viri Taimana constate et se réjouit du regain d’intérêt pour le CMA, de la meilleure qualité des formations, des enseignements, du niveau. Certains élèves sont déjà bacheliers mais s’inscrivent tout de même pour obtenir le BPMA par exemple.


Former les artistes et artisans de demain

Le Centre des métiers d’art de Polynésie française (CMAPF) est un espace ouvert sur l’art traditionnel dont la mission est de préserver les spécificités artistiques inhérentes aux traditions et aux patrimoines polynésien et océanien.

Il œuvre aussi à la continuité des arts polynésiens sous des formes nouvelles en incitant les élèves à aller à la conquête d’une expression personnelle par l’acquisition des techniques actuelles et du langage plastique.

L’établissement a pour mission la formation théorique et pratique d’artistes et d’artisans hautement qualifiés dans les disciplines artistiques traditionnelles et modernes, la recherche et le perfectionnement des techniques artisanales.

À l’issue des formations, Le CMAPF délivre des diplômes de gravure et de sculpture reconnus en Polynésie française. Une pédagogie différenciée prend forme et incite les élèves à s’investir fortement dans une méthodologie de recherche et d’expérimentation dans le but d’asseoir un savoir et un savoir-faire maîtrisés.

Pour les élèves, deux chemins s’ouvrent à eux :

- l’entrepreneuriat individuel ou l’emploi en tant que salarié dans des ateliers professionnels de créateurs polynésiens,
- la poursuite d’études supérieures d’art en métropole par exemple.


Rédigé par Delphine Barrais le Mercredi 20 Janvier 2021 à 15:31 | Lu 1717 fois






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