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Violences conjugales : trois ans ferme pour un "tyran pervers"


Tahiti, le 24 mars 2022 – Un électricien de 35 ans, jusque-là inconnu de la justice, a été condamné en comparution immédiate jeudi à quatre ans de prison dont un avec sursis assortis du maintien en détention. Le 23 janvier dernier à Faa'a, il avait frappé sa fille de 11 ans puis brutalisé et menacé sa femme sous la menace d'un couteau.
 
Après plusieurs renvois, le tribunal correctionnel a jugé jeudi en comparution immédiate un électricien de 35 ans pour des violences aggravées commises à l'encontre de sa femme et de sa fille âgée de 11 ans. Les faits, particulièrement graves, avaient eu lieu le 23 janvier dernier à Arue. Alors que la famille se trouvait dans un véhicule pour aller passer la journée à la Presqu'île, le prévenu avait frappé sa fille à une dizaine de reprises au motif qu'elle ne voulait pas éteindre son portable. Plus tard dans la journée, la femme de l'électricien s'était rendue à une veillée. Mais harcelée de messages injurieux de la part de son mari car la cérémonie prenait du retard, elle avait décidé de se rendre à la police municipale où elle avait fait part de sa peur bleue de rentrer à son domicile.
 
La compagne du prévenu était ensuite rentrée chez elle. Arrivée au domicile familial, elle avait trouvé son mari assis sur leur terrasse "dans le noir". Pris d'une crise de jalousie en la voyant rentrer si tard, l'homme lui avait alors mis un coup de pied et lui avait demandé d'aller chercher son téléphone dans la voiture. Alors qu'elle était en train de s'exécuter, le prévenu s'était saisi d'un couteau de 30 centimètres avec lequel il avait coursé sa compagne sur le bord de la route. Or, les policiers municipaux, qui avaient reçu la mère de famille une heure auparavant, avaient décidé de venir vérifier qu'elle était en sécurité. Alors que leur véhicule était stationné devant la maison du couple, ils avaient donc assisté à la scène et avaient désarmé et menotté l'intéressé.
 
"Travail de prévention"
 
Lors de l'audience correctionnelle jeudi, le "travail de prévention" effectué ce soir-là par les policiers municipaux a été unanimement salué par le tribunal et les avocats des deux parties. À la barre, le prévenu a expliqué qu'il était jaloux et qu'il n'avait pas su se contrôler. L'homme a évoqué ses "regrets" et sa volonté d'indemniser sa compagne et sa fille pour le préjudice subi. Entendue à son tour, la victime a affirmé qu'elle avait été battue à de nombreuses reprises durant leurs 15 années de vie commune. Lors de sa plaidoirie, son avocate a quant à elle dénoncé un prévenu qui "banalise" et "minimise" la violence jusqu'à l'extrême. 
 
Pour le procureur de la République, qui a requis quatre ans de prison dont un avec sursis assortis du maintien en détention, le prévenu est un "tyran pervers" qui avait commencé à frapper sa femme "à peine un an" après leur rencontre. Face à la lourdeur des réquisitions et à la gravité des faits reprochés à son client, Me Vincent Dubois s'est efforcé de démontrer que ce dernier, qui a "un domicile", un "travail", pouvait bénéficier du "panel de possibilité d'aménagement des peines prévu par le code pénal". L'avocat a affirmé que les réquisitions du parquet étaient "décalées" en rappelant que le prévenu était jugé pour des faits uniques commis le même jour, et non pour des violences conjugales réitérées pendant plus d'une décennie de vie commune.
 
Après en avoir délibéré, le tribunal a suivi les réquisitions du parquet en condamnant l'électricien à quatre ans de prison dont un avec sursis assortis du maintien en détention.  
Garance Colbert
 
 

Rédigé par Garance Colbert le Jeudi 24 Mars 2022 à 18:35 | Lu 5719 fois