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Violence contre muto'i ou violence policière ?


Tahiti, le 23 décembre 2021 – Un homme d'une vingtaine d'années a comparu jeudi pour des faits de violences et d'outrages à l'encontre de trois muto'i de Punaauia, le 21 décembre dernier. Cependant, les versions données par le prévenu et les trois victimes s'opposent. En l'absence de témoignage, un complément d'information a été ordonné pour entendre les témoins présents lors de l'incident. L'affaire est renvoyée au 7 février prochain.

Un événement, deux versions. L'affaire examinée en comparution immédiate jeudi a laissé le tribunal perplexe. Un homme d'une vingtaine années a comparu pour des faits de violences et d'outrages à l'encontre de trois policiers municipaux de Punaauia. Le soir du 21 décembre, le prévenu avoue avoir bu “trois rhums” avec des amis à la plage, puis être allé écouter de la musique sous un abribus. C'est justement pour cela que les trois policiers municipaux ont été appelés sur place. “Nous avons demandé qu'il baisse sa musique, car elle était à fond”, explique l'un des muto'i. Les policiers municipaux seraient retournés vers leur véhicule et le prévenu aurait refusé d'obtempérer et insulté une des trois muto'i. Selon les dépositions des représentants des forces de l'ordre, l'homme aurait commencé à les provoquer, à menacer l'un d'eux de “lui tirer dessus avec une arme” et de lui “trancher la tête avec un couteau”, avant de frapper l'un deux “à plusieurs reprises”. Faits que le prévenu dément. S'en suit un exposé de sa version, appuyée par la présentation de ses blessures. Il explique même au tribunal qu'il aurait reçu “un premier coup avant même d'avoir frappé le muto'i. Les témoignages des trois policiers concordent, mais le récit du prévenu sème le doute.
Problème, aucun témoignage n'a été pris, "malgré les dix personnes qui étaient présentes”, indique maître Hayoun, conseil du prévenu. Les trois policiers municipaux se sont constitués partie civile, mais un seul d'entre eux demande “10 à 20 000 Fcfp de réparation”. Après délibéré, le président indique que le tribunal n'est “pas en l'état de juger cette affaire”. Un complément d'information a été ordonné pour entendre les témoins. L'affaire est renvoyée au 7 février prochain. Dans l'attente de sa prochaine comparution, le prévenu a l'interdiction de retourner sur Punaauia et devra se soumettre à un contrôle judiciaire.

Rédigé par Ariitaimai Peckett le Jeudi 23 Décembre 2021 à 16:23 | Lu 2395 fois