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Une rentrée à reculons face au Covid



Tahiti, le 11 août 2020 - A la veille de la rentrée, l'éclosion de deux clusters et la confirmation lundi de 50 cas depuis le 15 juillet change la donne. Assaillis de coups de fil, les organisations d'enseignants et de parents d'élèves déplorent un manque d'anticipation. Les classes en demi-groupes, le port obligatoire du masque, ou la continuité pédagogique à distance reviennent sur le tapis.
 
Retour sur les bancs de l'école beaucoup moins serein que prévu. Alors que deux clusters sont confirmés, et que des bruits d'éclosions se font écho un peu partout, les questions autour de la rentrée scolaire mercredi se multiplient pour les 66 000 élèves du Fenua. Faut-il réintroduire la distanciation physique dans les écoles, haut lieu de rassemblement ? Faut-il rendre obligatoire le port du masque ? Le cas échéant, pour qui ? La Polynésie a-t-elle tiré des leçons de la première rentrée sous Covid ?

Des questions qui restent à ce stade sans réponse, alors que le Pays tente de contenir la crise sanitaire : 43 nouveaux cas ont été confirmés lundi portant à 50 le nombre total de cas depuis la réouverture des frontières le 15 juillet. Seule certitude, la rentrée aura bien lieu. Reste à savoir dans quelles conditions d'accueil. Le Pays devrait donner plus de précisions en conférence de presse jeudi. Soit le lendemain de la rentrée. En attendant, des consignes ont été transmises aux chefs d'établissements. Consignes qui s'appuient sur le protocole sanitaire élaboré pour la rentrée de juin.
Toujours d'actualité, le dispositif "peut être activé à tout moment, dans sa totalité ou partiellement, en fonction de la situation circonscrite à une classe" souligne Christelle Lehartel, ministre de l'Education, dans une circulaire. Communiquée "un peu tardivement" selon l'Unsa, la procédure prévoit la marche à suivre selon un feu tricolore. Vert, jaune, rouge correspondant aux "trois cas de figure" susceptibles de se produire : "absence de cas de Covid", "suspicion d'un cas de Covid dans la structure", "cas déclaré de Covid dans la structure."

Mais ça c'était avant l'éclosion d'un premier foyer au Piment rouge. Pour les parents comme pour les enseignants, la progression soudaine de l'épidémie change la donne. "Comment savoir qu'on est en feu vert si l'on n'a pas les noms des enfants qui ont potentiellement étés en contact avec des cas ? On surveille de près, mais on n'a pas la main là-dessus" prévient John Mau, co-secrétaire Snuipp-FSU. Même discours du côté de Snetaa FO (Syndicat national de l'enseignement technique action autonome). "C'est impossible de dire qu'il n'y a pas de suspicion de cas si on n'a pas testé tout le monde. En fait, on est soit en jaune, soit on est  rouge" renchérit Maheanuu Rhoutier, alors que les syndicats doivent se réunir aujourd'hui. 

Masque "fortement recommandé" dès la 6e

Obligatoire pour le staff dès l'alerte jaune, le port du masque est "fortement recommandé" le reste du temps pour le personnel et les élèves à partir de la 6e. "C'est un outil, mais ce ne sera certainement pas suffisant, surtout si les élèves ne le portent pas en dehors de l'école", note Diana Yieng Kow, secrétaire générale de l'Unsa, fidèle au mot d'ordre de l'union : "les enfants doivent reprendre l'école mais pas à n'importe quel prix."

Assaillis de coup de fils, les syndicats tentent de rassurer d'un côté, et de proposer des ajustements à la procédure de l'autre. "On compte chez les enseignants des personnes qui ont une santé fragile, il y a aussi tous ceux qui ont des proches dans la catégorie des populations à risques. C'est pourquoi j'ai proposé la question en réunion sur les autorisations d'absence pour éviter aux plus vulnérables de prendre des risques" indique Thierry Barrère, de l'Unsa éducation.

Pour lui cependant, le feu tricolore a le don d'être clair. En revanche, il faudrait pouvoir y intégrer la distanciation physique, notamment via les demi-groupes. " C'est plus compliqué de gérer une classe de 30 élèves que de 15 élèves, on a bien vu que les clusters apparaissent avec les rassemblements" commente le secrétaire général. Déjà appliqué à la rentrée de juin, la distanciation pose la question de l'accueil des élèves. Il notamment plus difficile à mettre en œuvre dans le premier degré, et surtout en maternel, où la socialisation passe souvent par le contact.
 

Tepuanui Snow, président de la Fédération des associations des parents d'élèves du public (Fapep)

​"Cette rentrée aurait dû être mieux anticipée"


Sachant que les autorités viennent de confirmer 50 cas, comment les parents abordent cette rentrée ?
Au regard de la rapidité de la progression, c'est un sentiment anxiogène qui envahit les esprits. Les parents se posent la question des conditions d'accueil de leur enfant. Malheureusement les questions que nous avons posées à la ministre restent sans réponse, notamment sur le maintien de la continuité pédagogique et c'est regrettable.

La distanciation physique et l'enseignement à distance ont-ils fait leur preuve ?
Comment pouvez-vous imaginer la distanciation dans une cour de récréation ? Quant à l'enseignement à distance ça fonctionne, mais pour ceux qui ont internet et une imprimante. Si les enfants ont repris en mai c'est que la continuité pédagogique ne fait qu'aggraver le décrochage scolaire, et encore une fois, ce sont les familles les plus démunies qui vont payer les pots cassés. 

Faut-il s'attendre à une vague d'absentions comme on a pu le voir un juin ?
J'ai envie de vous répondre comme la ministre de l'Education, je n'ai pas de boule de cristal. En revanche, les parents sont nombreux à dire qu'ils ne vont pas emmener leurs enfants à l'école. De nombreux parents des îles qui sont encore Covid free sont très inquiets d'envoyer leurs enfants en internat à Tahiti.

La rentrée a-t-elle été suffisamment bien préparée ?
Elle aurait dû être mieux anticipée en s'appuyant sur le retour d'expérience. La fermeture des écoles en mars est intervenue du fait d'un contexte général de contamination, et non d'une progression fulgurante de l'épidémie à deux jours de la rentrée. C'est suivant ce scénario, qu'on aurait dû préparer la rentrée, parce que c'est celui auquel nous sommes confrontés aujourd'hui, et non selon celui de mars. Malheureusement le contexte qui a imposé la fermeture des classes en mars dernier peut se reproduire.

Rédigé par Esther Cunéo le Mardi 11 Août 2020 à 09:06 | Lu 5458 fois






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