Tahiti Infos

Une nouvelle juge pour les Marquises


Cécile Brunet-Ludet (au centre) aux côtés de l’agent d’accueil Sarah Teikiehuupoko et du greffier Pierre Taata.
Cécile Brunet-Ludet (au centre) aux côtés de l’agent d’accueil Sarah Teikiehuupoko et du greffier Pierre Taata.
Nuku Hiva, le 22 avril 2024 - La section détachée des Marquises du tribunal de première instance de Papeete a accueilli il y a quelques jours une nouvelle présidente en la personne de Cécile Brunet-Ludet.

 
Cécile Brunet-Ludet est désormais la nouvelle juge des Marquises où elle remplace le juge Georges Borg, qui a officié pendant sept ans au sein de la section détachée du tribunal de première instance dans l’archipel.
 
Magistrate depuis 29 ans, Cécile Brunet-Ludet a eu l’occasion au cours de sa carrière de travailler sur des questions aussi variées que celles des demandes d’asile, de l’adoption internationale et plus généralement de la protection de l’enfance, de l’univers des prisons européennes ou encore de la prévention du suicide en milieu carcéral.
 
Ces dernières années, la magistrate exerçait des fonctions pénales civiles au tribunal judiciaire de La Rochelle dans le département de la Charente-Maritime, puisqu’elle y était juge des libertés et de la détention.
 
Une vaste expérience qui constituera un atout non négligeable dans les nouvelles fonctions de la magistrate, mais qui est aussi très différente des exigences relatives à la fonction de juge des Marquises. “Je découvre ici toute une série de fonctions que, pour la plupart, je n’ai pas exercées en métropole”, explique Cécile Brunet-Ludet. “Juge des tutelles, juge des affaires familiales, juge foncier, juge pénal, juge d’application des peines, juge pour enfants, juge civil classique… C’est un champ juridictionnel très large pour lequel il faut tenir compte des spécificités procédurales du droit polynésien, ce qui est tout à fait nouveau pour moi.”
 
Justice de proximité
 
Mais ce qui a poussé Cécile Brunet-Ludet à postuler aux Marquises, c’est avant tout la notion de justice de proximité qui ne lui est pas encore familière mais qu’elle sait être parfaitement adaptée aux îles éloignées. “En effet, si j’ai voulu venir ici, c’est justement pour exercer une justice différente de ce que j’ai vu ou fait jusqu’à présent. Précédemment, je travaillais dans le cadre d’une chaîne d’intervenants et d’interventions où la dimension rythme de travail et participation des différents acteurs est très importante et qui, de fait, ne laisse pas la possibilité de consacrer autant de temps qu’on le voudrait aux justiciables. Alors que la justice de proximité, c’est justement une justice qui a du temps pour les gens, pour les écouter, pour essayer de comprendre. Je pense que la dimension de dialogue et d’alternative à la phase purement juridictionnelle est aussi intéressante puisque l’une des missions premières du juge, c’est de concilier les gens. Donc ça, c’est quelque chose d’assez nouveau pour moi et qui correspond plutôt bien à qui je suis.”
 
La nouvelle juge des Marquises aura dès cette semaine l’occasion de mettre en application la notion de justice de proximité qui lui tient tant à cœur, puisque de mardi à vendredi, aux côtés du greffier Pierre Taata, elle sera en déplacement sur l’île de Hiva Oa pour y tenir des audiences foraines pénales civiles.
 
Par ailleurs, le tribunal de Nuku Hiva reste ouvert au public même en l’absence du juge puisque depuis le début du mois d’avril, un agent d’accueil du justiciable, Sarah Teikiehuupoko, a été recruté au sein de l’antenne de la capitale administrative marquisienne.

Rédigé par Marie Laure le Lundi 22 Avril 2024 à 18:10 | Lu 1654 fois