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Une marche et de l'information à Ua Pou pour les victimes du nucléaire


Ua Pou, le 17 juillet 2021 – Une marche pour les victimes du nucléaire a eu lieu à Hakahau le jour anniversaire de l’un des essais les plus dévastateurs ayant eu lieu en Polynésie française. La marche s’est conclue par une réunion d’information publique, notamment à propos des questions d’indemnisations des victimes.

Ce samedi 17 juillet, une marche pour rendre hommage aux victimes des essais nucléaires en Polynésie a eu lieu dans le village d’Hakahau sur l’île de Ua Pou. La procession, réunissant une centaine de personnes, a traversé le village dans le calme afin de sensibiliser et d’informer les habitants à propos des dégâts sanitaires et écologiques engendrés par les 193 essais nucléaires menés par la France sur les atolls de Moruroa et de Fangataufa entre 1966 et 1996. La cohorte s’est rendue jusqu’au site de Takuua où une dizaine d’intervenants, accompagnés du maire de Ua Pou Joseph Kaiha, ont pris la parole pour s’adresser à la population.

Parmi eux, un des référents de l’association 193, Michel Hatuuku, était présent. Une association qui a pour vocation d’aider les victimes polynésiennes d’effets néfastes du nucléaire sur la santé à obtenir une indemnisation. Michel Hatuuku a donc profité de l’événement pour rappeler aux habitants d’Hakahau les démarches à effectuer auprès de l'association pour faire une demande auprès du Comité d'indemnisation des victimes du nucléaire (Civen) : « Tout d’abord vous devez savoir qu’il faut avoir vécu en Polynésie française entre 1966 et 1998 pour pouvoir prétendre à une indemnisation. Cette indemnisation s’adresse aux personnes victimes de cancers mais aussi aux familles dont un proche est décédé d’un cancer lié aux essais nucléaires. Cela doit impérativement figurer sur le carnet de santé de la personne concernée. Venez nous voir à l’association pour être accompagnés. »

C’est aussi un 17 juillet, en 1974, qu’une bombe atomique expérimentale ayant pour nom de code "Centaure", plus puissante encore que les bombes habituelles a été testée. Cet essai, dont le champignon atomique s’est élevé deux fois moins haut que prévu dans l’atmosphère, a contaminé 110 000 personnes en répandant son nuage de retombées radioactives sur l’île de Tahiti. La réunion publique s’est terminée solennellement par un chant collectif en Marquisien en hommage à toutes les victimes de cette triste période.

Rédigé par Jean Ollivier le Samedi 17 Juillet 2021 à 14:28 | Lu 942 fois