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Un important blanchissement corallien aux Marquises


Cette photo a été prise en Australie. La Grande Barrière de corail présente depuis quelques semaines, elle aussi,des signes de blanchissement dû au réchauffement de la température de la mer, phénomène qui pourrait s'accélérer rapidement si les conditions météorologiques ne s'améliorent pas, ont prévenu des scientifiques. Photo : AFP
Cette photo a été prise en Australie. La Grande Barrière de corail présente depuis quelques semaines, elle aussi,des signes de blanchissement dû au réchauffement de la température de la mer, phénomène qui pourrait s'accélérer rapidement si les conditions météorologiques ne s'améliorent pas, ont prévenu des scientifiques. Photo : AFP
MARQUISES, le 5 mars 2016. La température anormale élevée de l'eau aux Marquises a entraîné un important blanchissement corallien alertent le Criobe et Reef Check Polynésie.

Un important blanchissement corallien touche actuellement les Marquises, ont alerté vendredi par communiqué le Centre de Recherches Insulaires et Observatoire de l’Environnement (Criobe) et Reef Check Polynésie (Te mana o te moana). "C’est un moniteur de plongée, Baptiste Le Bouil, qui a donné l’alerte auprès du réseau Reef Check Polynésie et du Criobe", explique le communiqué. "En croisière plongée avec des clients, il a constaté un blanchissement corallien sur les fonds sous-marins des îles de Fatu Huku, Tahuata et Hiva Oa. De nombreuses colonies de corail, entièrement ou partiellement blanches ont été observées."
Ces coraux blancs ne sont pas morts "mais malades". "En raison d’un fort stress, ils ont perdu leurs algues symbiotiques, les zooxanthelles, qui leur donnent de l’énergie pour se développer", expliquent les spécialistes du corail. Sur les zones où Baptiste a plongé à Tahuata et Hiva Oa, entre 20% et 50% des colonies semblent déjà touchées par le phénomène.
Selon le Criobe et Reef Check, c'est la température de l'eau "anormalement élevée" qui est responsable de ce blanchissement. Pour le moment, ce sont les coraux branchus et massifs qui sont principalement touchés.
Depuis quelques semaines, les scientifiques ont remarqué des signes de blanchiment dus au réchauffement de la température de la mer sur la Grande Barrière de corail en Australie. En Nouvelle-Calédonie, l’Institut de recherche pour le développement (IRD) a aussi constaté que les récifs coralliens subissent un épisode de blanchissement massif.
"De nombreux instituts (National Oceanic and Atmospheric Administration, Criobe, Reef Check France et Reef Check Polynésie) étaient déjà en alerte depuis le début de l’année en raison d’une augmentation anormale prévue de la température des eaux de surface liée au phénomène El Niño au-dessus du 17e parallèle Sud et qui allait donc très probablement concerner les Marquises, le nord de la Société et le nord des Tuamotu", rappelle le Criobe et Reef Check dans leur communiqué. "Les experts de la Nasa craignent un El Niño 2016 plus puissant et dévastateur que jamais avec des impacts potentiellement importants sur la santé des récifs coralliens. L’archipel des Marquises est pour le moment le seul touché en Polynésie française par cet épisode de blanchissement."
Reef Chef rappelle qu'aux Marquises "les récifs coralliens n’y existent pas en tant que tels et les peuplements coralliens sont composés de colonies éparses et moins nombreuses que dans les autres archipels".


Appel à témoins

Le réseau participatif Reef Check Polynésie (association Te Mana o te moana) et le réseau scientifique Polynesia Mana (Criobe) vont suivre de près l’évolution de ce phénomène aux Marquises et en Polynésie dans les prochains mois et en évaluer l’impact en terme de mortalité corallienne. Reef Check Polynésie, coordonnée par l’association Te Mana o te moana, appelle toute personne témoignant de coraux blanchis en Polynésie (et notamment aux Marquises) à la contacter, afin de suivre l’évolution de ce phénomène. Les plongeurs, pêcheurs ou pratiquants de sports nautiques seront parmi les premiers à pouvoir donner l’alerte si de nouvelles zones sont touchées.
Contact :
Matthieu Petit
[email protected]
87 71 53 44


le Samedi 5 Mars 2016 à 09:11 | Lu 3558 fois