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Un baccalauréat sans stress


Tahiti, le 18 juin 2024 – Ce mardi, l'épreuve de philosophie du baccalauréat marquait le début de la dernière ligne droite pour les élèves de terminale. Un non-événement pour ces derniers qui ont, pour beaucoup, misé sur le contrôle continu pour valider leurs acquis. Toutefois, en raison de la multiplication des outils technologiques, les épreuves ont été particulièrement surveillées.
 
Connaître la vérité nous rend-il plus libre ? Peut-on préférer la justice au bonheur personnel ? Décide-t-on d'être heureux ? Ou encore, le savoir nous rend-il égaux ? Des questions auxquelles ont essayé de répondre les élèves de terminale des différents établissements scolaires de Polynésie, à l'occasion de l'épreuve de philosophie du baccalauréat 2024. Plus ou moins préparés, les élèves ont abordé l'épreuve sans trop de stress : “Je suis confiant. Et à vrai dire, je l'étais déjà avant le début des épreuves”, confie Antoine, élève en terminale générale au lycée Samuel-Raapoto. “J'ai bien travaillé toute l'année, que ce soit en philo ou dans les autres matières, donc maintenant, il s'agit d'assurer un minimum.” Interrogé sur ses motivations et une éventuelle mention, ce dernier n'a pas sourcillé : “Cela ne m'intéresse pas du tout. Je veux juste avoir mon bac.”
 
Une approche de l'examen, hélas, très répandue. En effet, le contrôle continu participe à 40% de la note finale et les matières spécialisées ont un très fort coefficient lors des examens finaux, ce qui rend les efforts à fournir pour les élèves très ciblés : “En fonction de nos spécialités, on peut se contenter de travailler sérieusement dans certaines matières et dans d'autres beaucoup moins”, témoigne Herehia, élève en filière technologique au lycée Samuel-Raapoto. “Il faut juste être sûr de ses forces, des matières que l'on maîtrise, puis on adapte nos révisions en fonction. Ce n'est pas très compliqué”, souligne encore cette dernière.  
 
Le fléau des nouvelles technologies
 
Si les étudiants n'ont définitivement plus peur de passer à côté des épreuves du bac, en revanche, les professeurs et surveillants doivent désormais redoubler d'effort pour s'assurer que les élèves ne profitent pas des nouveaux outils technologiques pour tricher. Au cœur du problème, les smartphones, les montres connectées et les intelligences artificielles type ChatGPT : “Depuis quelques années, nous avons dû mettre en place un système de loge”, explique Franck Mihalic, professeur de mathématiques au lycée Samuel-Raapoto. “Cela consiste à recevoir les élèves dans une salle où ils préparent leurs affaires, c'est-à-dire pièce d'identité, convocation, stylo, et où ils doivent impérativement laisser leur sac, leur trousse, leur montre et leur téléphone portable. Ils sont ensuite redirigés vers une salle polyvalente où ils sont accueillis par d'autres professeurs et mis en place pour ensuite pouvoir passer les épreuves.”
 
Des mesures qui peuvent être complétées par une fouille complémentaire si besoin : “Aujourd'hui, les appareils sont non seulement portables, mais surtout petits donc facilement dissimulables”, s'accordent à dire l'ensemble des professeurs de l'établissement. “Il peut nous arriver de demander aux élèves de soulever leur gros pull ou tee-shirt pour être sûr qu'ils ne dissimulent rien au niveau de la ceinture ou des poches. Nous le faisons très rarement mais c'est possible, ça nous est déjà arrivé.” Une mesure un peu poussée et que les élèves ont parfaitement le droit de refuser mais qui est, de leur propre aveu, légitime : “S'ils ne font pas ça, il y aura sûrement beaucoup de triche”, justifie Toa, élève au lycée Samuel-Raapoto. Jusqu'où peut-on/doit-on aller pour éviter les tentatives frauduleuses ? Le Pays a encore quatre ans pour rendre sa copie.

Rédigé par Wendy Cowan le Mardi 18 Juin 2024 à 15:29 | Lu 1719 fois