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Un accès menacé par les crues à Papara


La dégradation ininterrompue du chemin inquiète les riverains et la municipalité (Crédit : Anne-Charlotte Lehartel).
La dégradation ininterrompue du chemin inquiète les riverains et la municipalité (Crédit : Anne-Charlotte Lehartel).
Tahiti, le 27 janvier 2025 - Au fond de la vallée de la Taharu’u, les crues de la rivière ont emporté une partie du chemin, qui menace de s’effondrer depuis plusieurs mois. Deux foyers sont particulièrement concernés, ainsi qu’un captage d’eau communal et au moins deux agriculteurs. À travers une pétition écrite, les riverains sollicitent l’intervention “en urgence” du ministère de l’Équipement en faveur d’une consolidation des berges.

 
C’est une situation préoccupante qui anime le fond de la vallée de la Taharu’u, à Papara, dans le prolongement de la route de la Carrière. Depuis septembre 2024, les intempéries et crues successives ont dangereusement creusé et fragilisé la berge de la rivière, à tel point que le passage des voitures se fait aux risques et périls des conducteurs.
 
“La commune a sollicité des techniciens de la Direction de l’équipement. Trois personnes sont venues constater les dégâts lors de deux visites, en septembre et en novembre, mais depuis, nous n’avons pas eu de nouvelles”, explique Fabien Rima, premier adjoint au maire de Papara en charge de la sécurité publique et civile, accompagné sur place ce lundi par Poetai Parker, conseiller municipal.
 

Les inquiétudes des riverains


Il y a “urgence” pour Titaina Urarii-Richmond, résidente de l’avant-dernière maison, lassée de voir le provisoire s’éterniser. “J’ai dû retirer une partie de ma haie pour laisser passer mes voisins, mais d’autres personnes en profitent pour passer chez moi pour aller au fond de la vallée. Là, je ne suis pas d’accord ! Il faut que l’Équipement vienne faire son travail. Samedi, des car-bass ont réussi à passer sur le chemin abîmé, et aussi des jeunes en deux-roues. C’est dangereux : quelqu’un va finir par tomber”, s’inquiète-t-elle.
 
Plusieurs mètres de terrain ont été emportés par la rivière ces dernières années, dont le lit se serait progressivement déplacé, menaçant de plus en plus de maisons dans le quartier. “Il ne faut plus attendre, sinon, il n’y aura bientôt plus aucun accès. On nous dit que ce sont des terrains privés, mais la rivière est publique. Il faut protéger les berges et enrocher”, suggère Titaina Urarii-Richmond, à l’origine d’une pétition à l’intention du ministre des Grands travaux et de l’Équipement, Jordy Chan, laquelle enregistre à ce jour plusieurs dizaines de signatures.
 

Certains conducteurs s’aventurent à leurs risques et périls.
Certains conducteurs s’aventurent à leurs risques et périls.

Des agriculteurs impactés


Pour l’heure, c’est le foyer de Tihoti Mariteragi (lire interview) qui est plus principalement concerné, tandis que deux fare supplémentaires sont en projet de construction au-delà de la zone problématique. Les agents de l’Épic Vaipu ont également besoin de dépasser ce point pour accéder à un captage qui dessert un tiers de la population de Papara en eau potable.
 
Et au moins deux agriculteurs sont actuellement empêchés dans leurs déplacements. C’est le cas de Sylvie Tetuanui, qui a hérité du fa’a’apu de ses parents : “Pour le moment, je ne passe plus parce que je suis fatiguée des conflits avec la voisine. J’ai besoin d’accéder avec ma voiture pour aller couper mes fleurs, et cueillir mes bananes et mes fē’ī. Nous aussi, les agriculteurs, on aimerait que la route puisse être réparée pour pouvoir passer le long de la rivière comme avant et continuer à travailler”.
 
Si des curages ou des extractions s’avéraient également nécessaires pour résorber le phénomène, le premier adjoint rappelle que la position de la commune est que les matériaux concernés puissent rester et servir à Papara.
 

Tihoti Mariteragi, 80 ans, résident de la dernière maison : “Ça ne peut plus durer”

“Notre souci, c’est qu’il y a des personnes qui continuent d’aller dans la vallée par ce bord de route, mais c’est très dangereux et ça ne va pas tenir longtemps. En 2015, on avait laissé 10 mètres de passage, mais tout a été emporté par la rivière. Notre nièce a fait une exception pour nous, mais elle ne peut pas autoriser tout le monde à passer chez elle. Elle est obligée de fermer : entre les pehu et les car-bass, il n’y a plus de respect. Ça ne peut plus durer comme ça !” 

L’alternative du passage sur le terrain de l’avant-dernière résidente n’est plus d’actualité, sauf pour la famille voisine.
L’alternative du passage sur le terrain de l’avant-dernière résidente n’est plus d’actualité, sauf pour la famille voisine.

Rédigé par Anne-Charlotte Lehartel le Lundi 27 Janvier 2025 à 16:26 | Lu 1819 fois