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Tuamotu-Gambier : «On ne peut pas organiser la santé de façon conventionnelle »



Anaa, le 9 août 2018 – Le docteur Spaak, responsable de l’organisation de la Santé sur les Tuamotu-Gambier s’exprime sur les difficultés de l’organisation des soins sur l’archipel.

Quelles sont les principales problématiques pour les Tuamotu ?
Les problématiques sont liées au fait qu’il faut réinventer l’organisation de la santé compte tenu des particularités géographique et démographique de l’archipel. C’est à dire que l’archipel fait près d’un million de km2 d’étendue, il y a 17 000 habitants repartis sur une cinquantaine d’îles habitées de façon plus ou moins constantes.
On ne peut pas organiser la santé de façon conventionnelle telle qu’on l’imagine en milieu urbain à Tahiti par exemple. C’est une organisation originale de la santé.

Sur îles comme Anaa il y a un infirmier seul de façon permanente assisté par téléphone par des médecins ? Comment cela se passe exactement ?
Sur une île comme Anaa par exemple, il y a un infirmier et un auxiliaire de santé qui s’occupent tous les deux d’organiser les soins sur leur île avec un support à distance. Ce support est à la fois technique, humain et médical.
Le support à distance est assuré par des cadres de santé, par une équipe de gestionnaires et une équipe médicale qui se trouve à distance au dispensaire des Tuamotu situé à Papeete.

Il y a souvent des problèmes de rupture de stocks des médicaments, des problèmes de commandes qui n’arrivent pas à temps ?
La gestion des traitements des médicaments est aussi très complexe. Elle est liée d’une part au fait que les médicaments ont des dates de péremption et d’autre part liée au fait qu’il y a des épisodes épidémiques qui ne sont pas prévisibles. Quand on tombe sur une épidémie sur une île, il y a un épuisement rapide du stock de médicaments, mais il y a une réponse également qui est rapide sur certaines îles comme Anaa dans la mesure où il y a un vol hebdomadaire. Cela peut être beaucoup plus compliqué sur certaines îles qui ne sont accessibles que par bateau comme Hereheretue.
Mais il faut savoir que la santé ce n’est pas d’abord les médicaments, la santé c’est autre chose. C’est d’abord la prévention, la vaccination. En phase épidémique c’est d’éviter la transmission d’épidémies, etc. Les médicaments c’est un problème, mais ce n’est pas le problème majeur.

Comme se passent les soins à Hereheretue ?
Il y a un auxiliaire de santé qui assure une permanence des soins avec de la consultation organisée le matin et l’après-midi et la nuit uniquement en cas d’urgence.

Vous en temps de médecin, combien de fois vous rendez-vous dans les îles ?
Il y a entre 2 et 3 missions médicales par an sur chaque île. Ces missions servent à différentes choses, elles servent à faire de la formation auprès des agents qui sont sur les îles. Elle permet également de suivre les patients et de les examiner à un rythme qui dépend de leur âge, et de leurs éventuelles pathologies chroniques associées.

Les Tuamotu Gambier sont un laboratoire pour ce qui est de la pratique de la télémédecine ?
Ce n’est pas de l’expérimentation. Il faut se rendre compte que la télémédecine existe d’une certaine façon dans les Tuamotu Gambier depuis très très longtemps puisqu’historiquement la santé était organisée par les militaires et ils avaient déjà mis en place un système qui ressemble à celui que nous avons aujourd’hui. Ce qui change aujourd’hui c’est que des outils de télésanté ont été mis en place pour formaliser les procédures de suivi multisites des patients. Par exemple : un enfant de Anaa est suivi sur son île jusqu’à l’âge de 11 ans, après il va au collège à Makemo, puis il va au lycée à Tahiti. Cela fait une succession de sites où l‘enfant va et il n’est pas simple d’organiser le suivi de l’information médicale concernant les enfants sur le site. Nous avons mis en place des outils et des procédures qui permettent de mieux organiser le suivi des populations sur l’ensemble de l’archipel. Il en va de même pour le suivi des pathologies chroniques, des evasans et de tout ce qui a trait à la santé de la population.

Pour le bon fonctionnement de ces procédures, il faut une bonne connexion internet ?
On a des procédures qui sont adaptées à chaque structure. Nous avons des îles qui ont internet et donc cela facilite la procédure. Il reste encore des îles où internet n’est pas accessible pour le moment et les procédures sont un peu plus complexes.

Rédigé par Marie Caroline Carrère le Samedi 11 Août 2018 à 19:25 | Lu 718 fois





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