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Triple peine de prison à vie pour l’auteur du massacre de Guam



Chad DeSoto, 22 ans, reconnu coupable du massacre en pleine rue de trois touristes japonais en février 2013, a été condamné jeudi à la prison à perpétuité, sans possibilité de réduction de peine
Chad DeSoto, 22 ans, reconnu coupable du massacre en pleine rue de trois touristes japonais en février 2013, a été condamné jeudi à la prison à perpétuité, sans possibilité de réduction de peine
HAGÅTÑA, jeudi 25 septembre 2014 (Flash d’Océanie) – Chad DeSoto, 22 ans, reconnu coupable du massacre en pleine rue de trois touristes japonais en février 2013, a été condamné jeudi à la prison à perpétuité, sans possibilité de réduction de peine, rapporte la presse locale.
Début août 2014, le jury populaire de la Cour Supérieure de Guam, au terme de deux semaines de délibérations, avait reconnu l’accusé coupable de trois chefs d’accusation de meurtre avec préméditation, de onze chefs d’accusation de tentative de meurtre avec préméditation et de possession d’une arme mortelle.
L’accusé avait invoqué, via son avocat, la maladie mentale.
Dans le détail et conformément au système judiciaire américain, Chad DeSoto écope en fait de trois peines de prison à vie pour le meurtre des trois victimes de cette tragédie, avec en sus 25 années pour chacun des onze chefs d’accusation (tentative de meurtre avec préméditation) dont il a été reconnu coupable. Plus 15 autres années au titre des chefs d’accusation relatifs à la détention d’armes prohibées.
Pour la première fois, au cours de cette dernière audience de sentence, l’accusé s’est exprimé pour raconter, pour sa défense, ce qu’il considère comme son état mental pathologique.
Il a en substance estimé que le verdict de culpabilité sur lequel sont tombés d’accord les jurés était fait de « colère », mais qu’en dépit de cela, il « comprenait » et « aimait » toujours « son peuple de Guam ».
Ses mots étaient entrecoupés de longues pauses et de regards vers les membres de sa famille présents lors de cette audience.
Parmi les derniers témoignages à la barre : ceux des parents de Rie Sugiyama, l’une des victimes japonaises de ce massacre, qui avaient fait le déplacement spécialement pour l’occasion.
Ils ont raconté leur douleur et celle de leurs petits-enfants, qui ont survécu à la tragédie mais ont été les témoins directs de la mort de leur mère.
« Maintenant, à chaque fois que ma petite-fille entend un moteur de voiture démarrer, elle vient se réfugier dans mes bras, terrifiée (…) Tout ce que je regrette, c’est que nous ne soyons pas dans un tribunal japonais, et que la peine de mort ne soit pas applicable ici », a raconté Yasuhiro Uehara, dont la fille et la belle-mère sont deux des victimes.
Face à ces témoignages et à la quasi-absence de remords de la part de l’accusé, la juge Anita Sukola a déclaré, pour expliquer sa décision que « les gens peuvent souffrir de maladie mentale et quand même faire de mauvaises choses ».

Les faits remontent au 12 février 2013, lorsque l’accusé avait surgi au volant d’une voiture près d’un centre commercial.
Ce forcené avait d’abord précipité le véhicule au volant duquel il se trouvait sur un trottoir proche d’un magasin de la capitale Hagåtña, dans le quartier de Tumon, aux abords d’un grand hôtel.
Après avoir heurté plusieurs piétons, il était ensuite sorti de sa voiture, et, armé d’un couteau, avait commencé à frapper au hasard les passants, pour la plupart des touristes japonais qui se trouvaient dans ce magasin ouvert en soirée.
Son véhicule a heurté six personnes et huit autres ont été frappées à coup de couteau.
Il avait rapidement été interpellé par les services de sécurité du centre commercial, mais avait eu le temps, auparavant, de frapper à plusieurs reprises.
Toutes les victimes, frappées mortellement à l’arme blanche, sont des touristes japonaises : une personne de 81 ans, Kazuko Uehara et sa petite-fille, Rie Sugiyama, 29 ans, toutes deux originaires de Tokyo.
La troisième victime, Hitoshi Yokota, 51 ans, est décédée deux jours plus tard des suites de graves blessures après avoir été heurtée par le véhicule de l’accusé.
Parmi les 14 blessés se trouvait aussi le bébé de huit mois de Rie Sugiyama.
Ce fait inédit avait dans ce territoire océanien du Pacifique Nord-ouest avait choqué toute la population.

Lors de sa première comparution devant un tribunal local, l’accusé avait déjà déclaré qu’au moment des faits, son intention était de « blesser le plus grand nombre de personnes possible », d’abord avec son véhicule et ensuite avec son couteau.
Le mobile est toujours inconnu.

Les autorités locales ont depuis maintenu le message selon lequel il s’agit d’un incident « isolé » et « sans précédent » dans ce territoire américain d’environ 180.000 habitants, qui accueille, chaque année, plus d’un million de touristes japonais, mais aussi héberge une base militaire hautement stratégique de l’armée de l’air américaine, souvent qualifiée de tête de pont la plus avancée Washington dans le Pacifique, en regard direct avec la Chine et la Corée du Nord.

Paradoxalement, mais conformément à l’ethos du continent américain, en mai 2014, le Sénat de Guam a adopté un texte autorisant les habitants satisfaisant aux conditions requises d’acheter une arme à feu, « dans le but de se défendre ».
Ce projet de loi a été ouvertement soutenu par d’influents groupes de pression sur ce territoire, à savoir l’association locale des propriétaires d’armes (Guam Gun Owners Association, GGOA, filiale de la non moins influente National Rifle Association -NRA- américaine et la fédération territoriale des sports de tirs (Guam Sports Shooting Federation, GSSF).
Jusque là, l’octroi de licences de port d’armes, pour un volume évalué à une cinquantaine chaque année, était sujet à la seule approbation des services de police territoriaux.

pad

Rédigé par PAD le Jeudi 25 Septembre 2014 à 06:00 | Lu 458 fois




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