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Travail de nuit: "Il faut que les gens sachent" qu'il y a risque de cancer



Paris, France | AFP | vendredi 24/01/2019 - Il y a d'abord eu la colère. Puis, restes d'une carrière d'infirmière, l'envie d'aider. Quatre ans après son opération d'un cancer du sein, qu'elle impute à 30 ans de travail de nuit, Sylvie Pioli arpente l'Europe pour alerter contre ses risques.

La jeune retraitée de 60 ans a fondé en septembre 2015, soit huit mois après l'opération, l'association Cyclosein. A vélo, elle sensibilise les pouvoirs et l'opinion publics contre les dangers du travail nocturne sur la santé.
Car pour elle, pas de doute: ce sont bien les trois décennies passées de nuit, dans une clinique privée puis un hôpital de Martigues, près de Saint-Mitre-les-Remparts (Bouches-du-Rhône) où elle vit, qui sont la cause de son cancer. Et qu'importe si cela n'a jamais été officiellement reconnu. La classification de ces horaires comme facteur cancérogène "probable" par plusieurs études lui suffit.
"Quand je suis tombée malade, je ne comprenais pas: je n'avais aucun facteur de risque. J'étais sportive, avec une alimentation saine, zéro cancer dans la famille", raconte à l'AFP cette Lorraine de naissance. "Pendant mes soins, un collègue médecin m'a dit +Ne cherche pas, cancer et travail de nuit, ça va ensemble+. Je suis rentrée en colère contre tout le monde. Je me suis sentie trahie sur toute la ligne parce que personne ne m'en avait jamais parlé, même pas la médecine du travail. Je me suis dit, +C'est pas possible, il faut que les gens le sachent+."
A l'époque, Sylvie Pioli enchaînait "une semaine courte et une semaine longue", de 20 heures et 70 heures, exclusivement de nuit. Un rythme "fatiguant" mais pratique "pour les enfants" et, surtout, qui permet d'avoir plus d'autonomie.
 

- "Frapper plus haut" -

 
"C'est stressant mais enrichissant. La nuit, on a plus le temps de s'occuper des malades. C'est un temps plus qualitatif."
Sauf que, pour Noël 2014, mauvaise surprise: "J'ai découvert une toute petite boule dans mon sein". Opération, plusieurs mois de rayons, deux ans d'arrêt maladie et une retraite anticipée plus tard, voilà l'ancienne gymnaste en selle, sur son VTT noir.
Premier périple: rallier le ministère de la Santé pour "leur jeter à la figure" le dossier travail de nuit-cancer. Après 1.104 km de moulinette, en septembre 2016, elle se sent "écoutée" mais "il ne s'est trop rien passé", avoue volontiers celle qui s'est improvisée cycliste. "Je me suis dit qu'il fallait frapper plus haut."
Comprendre Bruxelles. Un peu plus court, au départ du ministère: 933 km pour se retrouver à la Commission européenne et discuter, avec des eurodéputés, de la possibilité d'ajouter le travail de nuit au tableau des maladies professionnelles, le nerf de la guerre. 
Sans cela, la reconnaissance d'une maladie liée au travail nocturne relève du parcours du combattant et doit passer par des commissions dans lesquelles la charge de la preuve est inversée, c'est-à-dire qu'il incombe au plaignant d'établir le lien de cause à effet.
Pourquoi une telle obstination? "Me battre pour les autres, c'est une thérapie pour moi", répond Sylvie Pioli.
Prochaine étape, les Nations unies à Genève, pour toquer à la porte de l'Organisation mondiale de la santé ou de l'Organisation internationale du travail.
En attendant, il lui faut régler un problème technique inattendu. "Figurez-vous que, après Bruxelles, mon vélo m'a demandé pas mal de réparations. Je me demande s'il ne faut pas en acheter un autre."

le Vendredi 25 Janvier 2019 à 04:52 | Lu 754 fois




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