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Top départ de la course pour le pouvoir au Japon


Kimimasa MAYAMA / POOL / AFP
Kimimasa MAYAMA / POOL / AFP
Tokyo, Japon | AFP | vendredi 16/09/2021 - Quatre candidats, deux hommes et deux femmes, sont officiellement entrés vendredi en campagne au Japon pour devenir le prochain président du parti au pouvoir lors d'une élection interne le 29 septembre, tremplin direct pour le poste de Premier ministre.

Le vainqueur est en effet quasi assuré d'être nommé à la tête du gouvernement à l'issue d'un vote au Parlement le 4 octobre, tant le Parti libéral-démocrate (PLD, droite conservatrice) domine la vie politique japonaise. 

Des élections législatives doivent ensuite se tenir, en novembre au plus tard, et devraient conforter le nouveau Premier ministre à son poste, sauf énorme surprise.

Les quatre candidats à la succession de Yoshihide Suga, l'actuel président du PLD et Premier ministre, se sont exprimés vendredi l'un après l'autre au siège du parti à Tokyo.

Le populaire Taro Kono, 58 ans, ministre sortant de la Réforme administrative également chargé de la campagne nationale de vaccination contre le Covid-19, est considéré par beaucoup comme le favori de l'élection.

M. Kono a notamment insisté vendredi sur la "priorité" à donner aux énergies vertes: "Ce n'est pas une chimère que d'avoir un jour des sources d'électricité 100% renouvelables dans ce pays", a déclaré celui qui a récemment adouci son opposition personnelle à l'énergie nucléaire et dont le slogan est "Faire avancer le Japon".

"Une mêlée générale"

Mais la bataille s'annonce ouverte, car la plupart des grandes factions au sein du PLD n'ont pas ouvertement donné de consignes de vote à leurs membres, contrairement à leurs habitudes.

"C'est vraiment une mêlée générale" estime Tobias Harris, expert de l'Asie orientale au sein du groupe de réflexion en sciences politiques Center for American Progress, interrogé par l'AFP. 

"Il est difficile de dire qu'il y a un vrai favori (...). M. Kono a probablement l'avantage, mais il est vulnérable", prévient M. Harris.

Disposant lui de sa propre faction, le modéré Fumio Kishida, ancien ministre des Affaires étrangères (2012-2017), apparaît comme le rival le plus sérieux de M. Kono.

"Les gens veulent une politique de la générosité, avec un chef écoutant leurs voix et acceptant sincèrement diverses opinions", a déclaré vendredi M. Kishida, 64 ans, s'engageant à oeuvrer pour augmenter les salaires.

Ancienne ministre elle aussi, Sanae Takaichi, 60 ans, est une ultra-nationaliste à la personnalité très clivante, mais qui a le soutien de l'ancien Premier ministre Shinzo Abe, qui tire les ficelles d'une importante faction à l'aile droite du PLD.

"La mission suprême du gouvernement est de protéger les vies et les biens des Japonais (...), de protéger la souveraineté et l'honneur" du Japon, a-t-elle insisté vendredi.

Seiko Noda, ancienne ministre de 61 ans ayant axé sa campagne sur la promotion de l'égalité hommes-femmes et le soutien aux personnes vulnérables, semble avoir le moins d'appuis au sein du PLD.

"La diversité est une arme", a-t-elle vanté vendredi, promettant de désigner un gouvernement paritaire si elle était élue et de combattre la dénatalité au Japon.

Un scrutin à deux tours

Une majorité absolue est nécessaire pour remporter l'élection du 29 septembre. Lors d'un premier tour, les candidats vont se disputer 766 voix: celles des 383 élus du PLD au Parlement et l'autre moitié de responsables du parti dans les 47 départements de l'archipel.

Si aucun candidat n'obtient plus de 50% des voix, un second tour départageant les deux finalistes est organisé le même jour mais en incluant seulement 430 votants, dont les 383 parlementaires du parti.

Arrivé au pouvoir en septembre dernier pour remplacer Shinzo Abe qui avait été contraint de démissionner pour des raisons de santé, Yoshihide Suga, 72 ans, a décidé fin août de ne pas se représenter à la tête du PLD, et donc d'abandonner le pouvoir par la même occasion.

M. Suga avait fini par devenir très impopulaire en raison de sa gestion très critiquée de la crise sanitaire au Japon, et de son maintien coûte que coûte des Jeux olympiques et paralympiques de Tokyo cet été, malgré une opinion publique nippone majoritairement opposée à l'événement.

Le passage éphémère de M. Suga au pouvoir - un an à peine - a ravivé le spectre du retour d'une certaine instabilité politique à la tête du Japon, avec une valse fréquente des gouvernements avant le deuxième mandat de Shinzo Abe (2012-2020) qui a battu des records de longévité.

Depuis l'après-guerre, seuls cinq Premiers ministres japonais ont tenu environ cinq ans ou plus à ce poste.

le Vendredi 17 Septembre 2021 à 02:24 | Lu 197 fois