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Toarii Estall récolte les fruits de sa passion



Tahiti, le 19 décembre 2019 - Il y deux ans, Toarii Estall a défriché deux hectares escarpés dans la vallée luxuriante de Papeari pour y planter des fruits. Inconditionnel du bio et des bons produits issus de la nature, cet amoureux de la terre vient tout juste d'être certifié bio.

Dès qu'il le peut, Toarii s'évade du brouhaha et du speed de la ville pour rejoindre la plénitude de sa plantation au fond de la vallée de Papeari. La semaine, le jeune homme de 31 ans, titulaire d'un brevet de technicien supérieur (BTS) en génie civil, travaille dans un bureau dans le centre de la capitale polynésienne. Le dimanche, il embarque femme, enfant et parents cultiver la terre de façon naturelle. Car la terre, il lui voue une véritable passion.

"Je n'étais pas forcément prédestiné à devenir un agriculteur bio, mais un jour, en 2007, je suis parti en vacances à Raiatea chez des amis, les Moutame. Ils m'ont fait découvrir la culture bio, j'ai trouvé cela fabuleux. J'ai eu comme un déclic" raconte, avec un enthousiasme communicatif, Toarii Estall. Et cela fait plus de dix ans que la passion de la terre l'habite. "C'est fabuleux ce que la terre peut donner, il faut respecter la nature, la terre et elle te le rend bien", reconnaît-il.


UN MILLIER D'ANANAS

Déjà bien occupé la semaine, le jeune homme, a choisi de se spécialiser dans la culture des fruits. Avec sa femme et ses parents, qui lui donnent un bon coup de main, ils se sont mis à défricher le terrain. Ensuite, ils ont planté un millier d'ananas sur les pentes ardues de la plantation, pas toujours faciles d'accès. Papayers, avocatiers, pitaya… et mêmes des agrumes – citrons et pamplemousses – sont venus grossir l'exploitation. "J'ai choisi de faire du fruitier, car c'est moins de travail. Une fois que c'est planté on n'est pas forcément obligé de venir tous les jours, comme pour les légumes", reconnaît d'un regard malicieux l'agriculteur. "Un arbre fruitier, cela prend des années à pousser, alors forcément, il va falloir mettre de bonnes choses en dessous pour qu'il ait à manger suffisamment longtemps", explique avec le bon sens paysan, Toarii.

LE CHOUX BIO ETAIT ENCORE BON, LE CHIMIQUE ETAIT AFFREUX

Pour Toarii, le seul moyen cohérent de respecter la terre est de la cultiver avec des produits naturels, des engrais bio… "Les gens font ce qu'ils veulent, mais pour moi c'est évident que si on veut des produits de qualité, il faut leur donner des bonnes choses, pas des engrais chimiques. Un jour, les Moutame ont fait le test de laisser deux choux pendant un mois à l'air libre. Le chou chimique est devenu tout mou, c'était de la bouillie, affreux. Celui élevé avec du bio avait du noir dessus, mais une fois le noir enlevé, il était toujours bon à manger", révèle le jeune homme.

Novice dans le domaine, Toarii a alors appris les différentes techniques et astuces pour le bio.
"Il faut bien préparer la terre en fonction de ce que l'on veut y planter. Ensuite il faut l'accompagner, si besoin lui apporter des engrais bio, du calcium. Il faut observer la plante, regarder sa tenue, ses feuilles pour voir ce qu'il lui manque. Et puis ensuite, il faut bien laisser l'eau et le soleil faire leur travail", poursuit-il.

II y a quelques jours, Toarii a reçu la certification bio (lire encadré) pour cinq de ses cultures, les ananas, bananes, fe'i, papayes et pitayas. Il devrait avoir les certifications pour les agrumes et les avocatiers d'ici un an et demi environ. "Cela prend un peu de temps. C'est important d'avoir ce label, cela garantit au consommateur ce qu'il achète vraiment. Il sait qu'il mange un produit sain", explique dans un large sourire Toarii. "Il y a une très forte demande pour le bio en ce moment, j'espère bientôt augmenter ma production et me mettre à la culture du noni et de la vanille et pourquoi pas vivre un jour de mon travail de la terre", espère l'agriculteur.

"C'est très surveillé, très sérieux"
"J'ai fait les démarches auprès du SPG Bio Fetia* pour être certifié bio. Cela prend un certain temps, j'ai commencé en 2018 à prendre les premiers contacts avec eux et j'ai eu la certification il y a quelques jours. Au départ, j'ai commencé par préparer le terrain en le défrichant, en le terrassant. Puis j'ai commencé à mettre quelques cultures en terre. Quand j'ai vu que l'exploitation pouvait être intéressante, je leur ai demandé de venir la visiter. Ils viennent au minimum à deux, un producteur formé au bio et un consommateur. Ils apportent des conseils pour permettre d'améliorer, d'optimiser… Il faut aussi leur montrer les registres de culture, de facturation remplis au quotidien, pour montrer les démarches et le travail effectués sur la plantation. Ensuite, ils sont revenus à deux reprises à six mois d'intervalle pour des visites de contrôle, évaluer les tonnages… C'est très surveillé, très sérieux".

* Le SPG Bio Fetia est une association composée de membres participatifs : consommateurs, producteurs, préparateurs, transformateurs et distributeurs, ou d’entités affiliées interagissant entre eux dans le fonctionnement du système.


Rédigé par Pauline Stasi le Jeudi 19 Décembre 2019 à 17:10 | Lu 4926 fois

Tags : BIO





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