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Territoriales : Tous à la pêche au vote autonomiste


Oscar Temaru (UPLD), Gaston Flosse (Tahoera'a Huira'atira) et Teva Rohfritsch (A Ti'a Porinetia)
Oscar Temaru (UPLD), Gaston Flosse (Tahoera'a Huira'atira) et Teva Rohfritsch (A Ti'a Porinetia)
Les trois partis politiques qualifiés au second tour des Territoriales se positionnent pour séduire l’électorat autonomiste.

Tahoera’a Huira’atira, UPLD et A Ti’a Porinetia ont aujourd’hui le regard tendu vers le dimanche 5 mai. A compter du 16 mai, les 57 représentants devront élire le Président du Pays, lui-même chargé de nommer un gouvernement. L’enjeu est de taille.

Si l’estimation de 72% de taux de participation se réalise dans 10 jours, 138 000 citoyens feront un choix sur les 191 685 inscrits en Polynésie française.

Dimanche, le scrutin a révélé une nette majorité (75%) d’électeurs autonomistes. La vague est belle, le parti orange tente de la surfer jusqu’au bout : "Nous avons besoin d’une majorité solide : 37 voire 40 personnes", expliquait Gaston Flosse mardi avec une certaine gourmandise, en agitant l’épouvantail de l’instabilité. Il prête à Teva Rohfritsch, son rival autonomiste du second tour, la volonté d’alliances contre-natures. "Si nous avons une majorité de 31 ou 32 sièges, il y aura des magouilles de partout : l’ATP va s’allier avec l’UPLD, ça c’est sûr", a-t-il estimé taclant le leader du parti A Ti'a Porinetia.

Avec 51 316 voix recueillies le 21 avril (40,2%) le Tahoera’a s’estime encore en mesure de gagner en popularité pour au moins parvenir à 60 000 voix le 5 mai.

Côté souverainiste, le thème de la réinscription du Pays sur la liste des territoires non autonomes de l’ONU, avec en vue la mise en place d’un processus d’autodétermination dans 15 à 20 ans est probablement un peu compliqué à expliquer aux 15 000 familles polynésiennes qui ont perdu leur emploi. Elles se soucient du quotidien. L’UPLD a constaté la désertion de son électorat, dimanche dernier : - 10 000 voix.

Une 3e voie autonomiste ?


Dans un communiqué intitulé «La honte !» et clairement adressé aux électeurs autonomistes mardi, les stratèges en communication du parti indépendantiste ont choisi de s’en prendre aux casseroles judiciaires de Gaston Flosse en expliquant que "C’est une illusion de croire qu’un homme condamné pour ses nombreuses déviances passées va changer à 82 ans passés", avec une légère exagération puisque le sénateur octogénaire est né le 24 juin 1931.

Comme en 2008, l’UPLD espère picorer chez les autonomistes indécis mais anti-Flosse au deuxième tour et motiver les abstentionnistes bleus.

Quant à Teva Rohfritsch, 38 ans, il se positionne dans l’espace d'une alternative autonomiste qui avait un temps été incarnée par Boris Léontieff, accidentellement disparu en 2002.

Sa stratégie est de "ringardiser" ses deux adversaires politiques qui occupent le devant de la scène politique polynésienne depuis bientôt 40 ans. Son crédo : "certains électeurs ont voté Tahoera’a au premier tour simplement parce qu’ils avaient peur d’un retour d’Oscar Temaru. (…) Aujourd’hui cette peur est balayée (…) Nous les appelons à venir faire le choix du vrai changement avec une équipe prête pour la transparence, une gestion saine et un partage des pouvoirs dans le Pays. Nous sommes la seule liste désormais à incarner le changement".

La liste A Tia Porinetia a déjà réussi à rassembler 25 453 électeurs et compte en avoir au moins 10 000 de plus le 5 mai.

Côté programmes politiques, tout le monde s’entend dans les grandes lignes pour développer le secteur primaire, l'industrie du Tourisme, réduire le train de vie de l’administration, avoir une action vertueuse sur l’Emploi et mettre sur pied les conditions d’un développement économique et social durable, pour le pays.

Après 9 ans d’instabilité politique, 11 présidences et 13 gouvernements, un nouveau mode de scrutin est expérimenté cette année. Il est censé garantir une confortable majorité d’élus, à la liste qui arrivera en tête le 5 mai. Une prime majoritaire de 19 sièges sur les 57 que compte l’Assemblée à Tarahoi lui est réservée en bonus. Les 38 sièges restants étant répartis à la proportionnelle avec la règle de la plus forte moyenne, par section électorale, entre toutes les listes.

Au bas mot, le vainqueur du 5 mai fera main-basse sur 35 sièges. Tout porte à croire aujourd’hui que ce privilège sera donné au Tahoera’a Huira’atira.

Rédigé par Jean-Pierre Viatge le Mercredi 24 Avril 2013 à 16:56 | Lu 4041 fois