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Territoriales : Antony Geros fait le plaidoyer de l'UPLD


Antony Geros, vice-président et ministre du Budget du gouvernement Temaru 5
Antony Geros, vice-président et ministre du Budget du gouvernement Temaru 5
Après deux ans aux affaires et à la veille du renouvellement des élus de l’Assemblée de Polynésie française, le vice-président Antony Geros dresse et défend le bilan de l’action du gouvernement Temaru 5. Il pointe du doigt la responsabilité tutélaire de l’Etat dans les difficultés économiques du Pays, jusqu’en 2012. Cet entretien aurait du avoir lieu avec Oscar Temaru, qui n'a pu nous recevoir.

Le Pays connaît une crise économique sans précédent. Après deux ans au pouvoir, que défendez-vous dans votre bilan ?

Antony Geros : Tout d’abord le démarrage de l’assainissement et du redressement des comptes du Pays. Nous avons du mener cela depuis le mois de juin 2011, avec beaucoup de difficultés et d’entraves de l’Etat – de droite à ce moment-là – pour faire capoter nos démarches. (…) On nous a fermé les portes de la banque d’Etat et en termes de crédits d’emprunt nous n’avons pas pu contribuer en 2011 à l’effort de développement économique. J’ai du, en tant que ministre du Budget, abattre plus de 7 milliards de crédits de paiement qui auraient servi normalement à la commande publique. Ces 7 milliards ne représentent que la participation du Pays. Lorsque l’on ajoute la participation de l’Etat, c’est plus de 14 milliards qui ont été retirés de la commande publique en 2011.
En 2012, le changement de gouvernance en France n’a produit d’effets pour nous qu’en décembre, où nous avons pu avoir le déblocage des fonds de crédits Etat pour 2012. C’est vous dire que la situation atone de 2011 conjuguée à celle de 2012, ont contribué à la faillite de beaucoup d’entreprises et à la destruction d’emplois.
Ce n’est pas faute d’avoir informé l’Etat de cette situation, de ce système mis en place depuis 30 ans, et du risque induit sur l’économie du Pays.


Justement, vous reconnaissez que le Pays a un besoin vital des transferts financiers de l’Etat. Or vous démarchez activement à l’ONU pour la réinscription et l’accès à la souveraineté. En quoi tout cela est-il cohérent ?

Antony Geros : Le budget du Pays ne représente que 1/5e du PIB du Pays. C’est pour dire que la crise est économique et non seulement financière et publique. Nous nous sommes attachés à redresser nos finances publiques depuis 2011 et nous avons eu besoin d’utiliser les outils auxquels nous avons recours depuis 30 ans. On a été empêchés, l’Etat nous a opposé une fin de non recevoir.
C’est là où la magie de la réinscription opère. Si nous avions été réinscrits sur la liste onusienne, nous aurions pu plaider la cause de la néo-colonisation devant le comité de 24 à New-York, face à ce comportement de la puissance administrante. C’est une forme de colonisation que d’empêcher des indépendantistes, démocratiquement élus, de gouverner normalement. Nous disons donc qu’il est temps, dans les relations Etat-Pays d’avoir un arbitre au centre. Cet arbitrage impartial ne pourra se faire qu’à travers la réinscription de notre Pays sur la liste des territoires non-autonomes.


Le Président Oscar Temaru évoque une lettre d’intention avec une banque chinoise, pour un volant de crédit de 500 milliards Fcfp. Ne redoutez-vous pas de placer le Pays dans une situation de colonisation financière ?

Antony Geros : En fait, ce n’est pas comme cela qu’il faut voir les choses. (…) Ce que Xi Jinping, le président de la République populaire de Chine, a proposé c’est de voir avec la Banque de Développement de Chine, la possibilité d’ouvrir un volant de crédit sur Paris pour nous permettre de financer notre développement. Cette banque possède en effet une succursale à Paris. Et ce volet de crédits ne concerne pas uniquement le Pays, mais l’ensemble des entreprises privées polynésiennes. A chaque fois que nous souhaiterons être financés sur ce volant de crédits, nous devrons apporter la preuve que c'est pour des projets qui s’autofinancent, et pas pour du goudron-béton, c'est-à-dire des projets qui une fois faits ne laissent que des dettes. Il faudra véritablement que ce soient des projets qui s’autofinancent : transports publics en sites propres, les tramways etcetera. A partir du moment où on peut présenter un business plan qui permet un retour sur investissements, ils autoriseront le crédit. C’est pour dire que cette proposition d’ouverture d’une ligne de crédits, obtenue du gouvernement Chinois, se place bien dans le cadre d’un développement concerté.
(…) Vous savez, l’argent n’a pas de couleur. Si demain Barak Obama, ou le président australien, venaient nous faire la même proposition on dirait oui.


Quelle est votre vision d’une Polynésie indépendante, dans ce contexte ?

Antony Geros : C’est la vision d’une Polynésie souveraine. L’indépendance est une notion idéologique. Nous souhaitons pouvoir souverainement diriger notre pays. Nous parlons d’une indépendance politique, de la capacité du Pays à récupérer la pleine autonomie de ses compétences. Aujourd’hui, ce n’est pas le cas. (…)

A l’approche des élections Territoriales on a noté une radicalisation du discours d’Oscar Temaru (médecins cubains, « on aime ce pays ou on le quitte », contrôle de l’immigration…). Cette forme de démagogie, ça fonctionne sur vos électeurs ?

Antony Geros : Il faut relativiser les interventions de ce genre lorsqu’elles ont lieu sur un plateau TV où le président est littéralement agressé. L’accession d’un pays à sa souveraineté est son ouverture au monde. (…).

Un certain climat d’abattement semble régner à l’approche de ces Territoriales dans l’électorat. On est loin de l’émulation de 2004. Ne pensez-vous pas que vous allez faire les frais de ce désenchantement-là ?

Antony Geros : (…) Peu importe que l’on en fasse les frais ou non. Ce qui est souhaitable c’est que le Polynésien se positionne par rapport à son avenir et pas seulement économique. L’avenir qu’il compte offrir aux générations futures. Ce pays peut-il décemment s’installer dans un modèle, mis en place depuis 30 ans, qui l’a conduit à l’impasse, à l’incapacité de se redresser ? Lorsque les gens voient cela, ils sont révoltés, ils pointent le gouvernement en place. Mais lorsqu’on les informe de la situation par laquelle nous sommes passés pour aujourd’hui nous retrouver pratiquement au banc des accusés, ils se rendent compte qu’un certain nombre d’informations majeures leur ont été occultées et que cela leur auraient permis de comprendre comment nous en sommes arrivés là. A partir de là, ils nous soutiennent dans notre démarche pour la réinscription sur la liste des pays à décoloniser.

Territoriales : Antony Geros fait le plaidoyer de l'UPLD
Mā'itiraa mero ‘āpo'ora'a rahi : Tony Geros : « ‘Ia ti’amā ana’e te tahi fenua, e mātara ato’a i tō na mau ‘ūputa i te mau fenua nō rapae mai. »

I muri noa mai i nā matahiti e piti i te maura’a mai te fa’aterera’a o te fenua nei ia rātou ra, ‘e i piri noa atu i te tāime mā’itira’a, te tātara mai ra o Anthony Geros tāne i tō na mau mana’o i ni’a i tā rātou mau ‘ohipa i rave, ‘e tē fa’ahapa ato’a nei ‘ōna i te mau taupūpūra’a ‘ohipa o te i rave hia na e te hau nui. Nā na i pāhono mai nō te ‘ore taera’a mai o te peretiteni Oscar Temaru tāne.

A tahi roa te fenua e fifi ai mai i teie i te huru. ‘Eāha o tā ‘oe  tātarara’a nō teie fa’aterera’a i amo hia mai e ‘outou ?

Antony Geros : Nā mua roa, ‘ua ha’amau mātou i te ha’amā’arora’a pape vi’ivi’i ‘e ‘ua fa’ati’a ato’a mai mātou i te tāpura faufa’a o te fenua nei. ‘Ua rave hia i te reira ‘ohipa mai i te ‘āva’e tiūnu i ma’iri, nā roto i te tahi mau fifi, mau pāto’ira’a a te hau metua – nō te pae ‘atau – nō te ha’afaufa’a ‘ore i tā mātou mau ravera’a. (…) ‘Ua ‘ōpani mai te Fare Moni a te hau nui i tā na mau ‘ūputa, terā ra, ‘aita i ra’e hia ia mātou i te pāturu i tā tātou mau ravera’a nānea nō te fenua nei.

‘O vau ho’i te fa’atere hau i te pae o te faufa’a, ‘ua tātara vau 7 mīria nā roto i te hepohepo, ‘e moni teie o te i tāpura hia nō te tahi mau patura’a rarahi. E tuha’a moni teie a te hau fenua. ‘Ia ‘āmui ana’e hia i tō te tuha’a a te hau nui, ‘ua ‘ere tātou 14 mīria nō taua mau patura’a ra.

I te matahiti 2012 ra, ‘aita te fenua i fāna’o ‘oi’oi i te moni a te hau nui tae roa atu i te ‘āva’e tītema ra, i reira noa te moni i tae mai ai. E huru fifi teie o te i fa’a’ite mai ē, rave rahi te mau taiete o tei topa tari roa, hō’ē ā huru nō te mau ti’ara’a ‘ohipa. Pau i te ‘fa’aārara’a atu i te hau nui, i ni’a i teie huru fa’anahora’a o te i mau mai ini’a i te hō’ē tau roara’a 30 matahiti, i fifi roa ai tātou tae i teie mahana.

O te mea i pāpū, ‘aita te fenua e nehenehe e fa’a’ea noa mai te peu ‘aita te hau farāni e horo’a mai i te tuha’a moni. I te tahi ra pae, te tauto’o ‘ū’āna noa nei ‘outou i te fa’atāpa’o ‘oi’oi fa’ahou ia Pōrīnetia i ni’a i te tāpura o te mau fenua ti’amā. Te ihea te vāhi tū’atira’a ?

Antony Geros :Te i ni’a noa tā tātou tāpura faufa’a i te fāito 1 ini’a i te hānere o te faufa’a ‘āmui e  parau hia « PIB », o te hau nui. E tapa’o teie e fa’a’ite ē, ‘e ‘ere noa teie e fifi moni, e fifi ra teie o te ta’ato’ara’a o te mau faufa’a e vai nei i Farāni. ‘Ua ‘imi hia i te mau rāve’a rau nō te fa’ati’a fa’ahou mai i te faufa’a o te fenua nei mai i te matahiti 2011 mai ra, ‘e ‘ua fa’a’ohipa noa ā mātou i te mau mauiha’a i mātaro hia e mātou. ‘Ua taupūpū te ‘ohipa, ‘aita mātou i fāri’i hia e te hau metua.

I reira te faufa’a o teie tāpa’o fa’ahoura’a e ‘ite hia ai. ‘A hani teie ‘ohipa i tupu a’e na hia, ‘ua nehenehe ia mātou e tuatāpapa i te parau nō te mau fa’ahepora’a a te hau metua, i mua i te tōmite o te na 24 fenua ti’a nui, e te parau nō te huru o taua fenua ra. ‘Ua riro i te reira huru fa’anahora’a ‘ei rāve’a pāto’ira’a ia teie pūpū tō mātou, o te i mā’iti hau manahune hia, i te fa’atere ‘ōhie noa i tō tātou fenua. Nō reira tē parau nei mātou, e ti’a ‘ia tu’u hia te tahi ti’a ta’a ‘ē i rōpū. Nā teie tāpa’o fa’ahoura’a e ha’amana i te reira ‘ōpuara’a.

‘Ua fa’ahiti te peretiteni Oscar Temaru tāne i te parau nō te tuha’a moni 500 mīria mai roto mai i te hau taina. ‘Aita ānei ‘outou e taia ra ‘ia ū hia o Pōrīnetia i te hō’ē taupūpū rahi i te pae o te moni ?

Antony Geros : ‘Eiaha tātou e hi’o mai i te reira te huru. (…) O tā te peretiteni Xi Jiping i parau, ‘ia fārerei  noa tātou i tā rātou mau fare moni, mai te peu e nehenehe ānei e tārahu i te tahi tuha’a moni i roto i tā rātou fare ‘āma’a i Paris,  ‘ia nehenehe mātou e rave i tā mātou mau ‘ōpuara’a. ‘E ‘ere ra nō te hau fenua ana’e, nō te mau taiete ‘e ‘ere nā te hau ato’a.

 ‘Inaha, ‘ia hīna’aro ana’e mātou e ‘aufau i tā mātou mau ‘ōpuara’a rarahi, ‘e ti’a ia fa’a’ite nā mua roa i tō na faufa’a ‘e te ‘āpī e riro i te noa’a mai, ‘eiaha te mau purūmu noa, ‘aufau e oti ana’e, ‘aore re’a. E ti’a ra ‘ia riro te reira ‘ei ‘ōpuara’a pāpū o te fa’aō mai i te moni i roto i te ‘āfata : mai te mau utara’a ta’ata rau, ‘e te « Tramway » e te vai atu ra. I te taīme e hōhora atu mātou i te hō’ē ‘ōpuara’a fa’aterera’a faufa’a pāpū, e mātara mai te moni tārahu. Nō reira, e ti’a ia parau hia, tē riro nei teie ‘ōpuara’a ‘ei tāpa’o fa’a’itera’a ē, ‘ua tupu ihoa i te tahi mau tau’ara’a parau.

(…) ‘Ia ‘ite mai ‘outou, ‘aore tō te moni ‘ū. Mai i te peu ‘ananāhi e ‘āfa’i mai o Barack Obama tāne a ore ra te peretiteni nō te Auteraria e i teie huru tauturu, ‘aita mātou e pāto’i.

‘Eāha tā ‘oe hi’ora’a nō te hō’ē Pōrīnetia ti’amā, i roto i teie huru ‘ōpuara’a ?

Antony Geros :Te hō’ē hi’ora’a ti’amā manahune teie. Te ti’amāra’a, e huru fērurira’a moemoeāra’a teie. Te hīna’aro nei mātou e fa’atere teie fenua ia au te tahi huru ti’amā. Nō te mea te fa’ahiti noa hia nei te parau no te hō’ē porititara’a ti’amā, te pūaira’a o teie fenua ia mau mai i tō na mau faufa’a rau i roto i tō na iho rima. I teie mahana, ‘e ‘ere roa atu i te reira. (…)

Te piri mai ra te mā’itira’a ‘e te fa’aro’o noa hia ra te mau parau huru teimaha o te peretiteni Oscar Temaru tāne (nō i n’ia ihoa ra te parau o te mau taote nō teie fenua pi’i hia « Cuba », a ore ra « Mai te peu ‘aita teie fenua e au hia, a haere atu ïa !», nā reira ato’a i te parau nō te hi’opo’ara’a i te mau ta’ata e ō mai ra i Pōrīnetia nei…). ‘E fāri’i ānei e i tā 'outou mau pūpū ta'ata i teie mau huru parau?

Antony Geros : E ti’a ‘ia fa’aho’i hia teie parau i roto i tō na aura’a mau, i roto ihoa ra i te mau uiuira’a i te mau ‘āfata teata, i reira, ‘aita te peretiteni i fa’aherehere noa hia a’e. ‘Ia ti’amā ana’e te tahi fenua, e mātara ato’a i tō na mau ‘ūputa i te mau fenua nā rapae mai.

Tē ‘ite hia ra te iti noa mai ra te huru ‘ana’anatae o te huira’atira. ‘Aita ‘oia e ti’a pāpū nei mai i te matahiti 2004 ra. ‘Aita ānei te mana’o e fifi ra i mua i teie huru tōpara’a mana’o ?

Antony Geros : (…) Noa atu e fifi, a ore ra ‘aita e fifi. O te mea faufa’a noa, ‘ia ti’a mai o Pōrīnetia i ni’a te hō’ē fāito pāpū i te pae o te ‘imira’a faufa’a. ‘Eāha te ‘ananāhi o tā na e fa’aineine mai ra nō tā na hua’ai tamari’i. E nehenehe ānei ‘ōna e fa’a’ea noa i roto i teie huru fa’anahora’a o tei ha’amau hia mai a toru ‘āhuru matahiti i teienei ? ‘Ia hi’o ana’e mai te nūna’a i te reira, e tupu mai te riri, te fa’ahapa ra rātou i te fa’aterera’a. ‘Ia ‘ite ana’e ra ‘ōna te mau fifi rau o tā mātou i fārerei, te mau pāto’ira’a huru rau, i tae roa mai ai mātou nei i ni’a i taua fāito ra, ‘ua ta’a atu ra ia rātou i te mea ē, rave rahi mau ‘ohipa i ‘ore rātou i fa’a’ite hia. I taua tāime ra, e pāturu pāpū mai ihoa te huira’atira ia mātou.

TP


Rédigé par JPV avec TP le Lundi 15 Avril 2013 à 15:16 | Lu 2359 fois