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Tech4Islands : deux solutions polynésiennes en finale



Tahiti, le 9 septembre 2020 - Douze finalistes ont été sélectionnés sur les 186 candidats au concours Tech4Islands, organisé par la French Tech Polynésie. Suffisamment pertinentes pour se hisser en final malgré la concurrence, deux solutions polynésiennes tirent leur épingle du jeu : Cocorig et Med.i.can.
 
Beaucoup d'appelés et peu d'élus à Tech4Islands cette année. Sur 186 projets en compétition, douze se sont frayé un passage en finale, dont six solutions ultramarines, et deux candidats polynésiens sur les quatorze en compétition : Cocorig et Med.i.can. Le premier qui consiste à valoriser la fibre de coco en cordage pour remplacer les filets en polypropylène des fermes perlières n'est pas passé inaperçu. "Je suis très fier et très content de voir que l'économie circulaire est aujourd'hui reconnue comme une thématique d'avenir" commente Benoît Parnaudeau, porteur de Cocorig. "C'est positif, ça va permettre au projet de se faire, et si ça peut inspirer d'autres démarches, c'est parfait".

Dans le domaine de la santé, Med.i.can prévoit un dispensaire ambulant sous la forme d'un container équipé en télémédecine et autonome en énergie. Le concept répond ainsi aux problématiques d'évasan, permettant de projeter n'importe quel taote spécialisé sur les îles les plus reculées. Pas de doute pour Fenua Medex et la société 'Airaro, le duo porteur du projet. Le concours a permis de donner plus de visibilité au projet, et notamment d'appâter des bailleurs de fonds. "Trois investisseurs se sont manifestés, ce qui est très bon signe, indique Jean Hourçourigaray, co-gérant de la société 'Airaro. On souhaite à très court terme donner un aspect très concret à ce projet, c'est-à-dire lancer les études, lever les fonds et débuter la construction du premier container avant la fin de l'année."

La Nouvelle-Calédonie n'est pas en reste. L'entreprise Aedes System lutte contre la prolifération des gîtes larvaires. Conçus à partir de paillettes de pneus recyclés, les filtres adaptés aux gouttières ou aux pots de fleurs permettent à l’eau de s’écouler, tout en empêchant la nidification. Il y a aussi Eco-boat qui propose de remplacer le nettoyage des coques à l'antifouling, par un robot nettoyeur télécommandé. 

Preuve de "résilience et de force de proposition"

Du côté des solutions européennes, certaines solutions taillées pour les îles méritent d'être relevées. Ainsi, l’entreprise hollandaise Desolenator a conçu la première technologie de "dessalement solaire thermique au monde". Objectif : produire durablement de l’eau potable pour les îles. On peut également citer Lyspackaging. La startup française fabrique des emballages en matière végétale, biodégradables et compostables : la solution Veganbottle, fabriquée à partir des composants de la canne à sucre. Mais elle propose également des emballages à base de lin, de chanvre et de minéraux et commercialise déjà toute une gamme de gobelets, bouteilles et flacons.

"Ce n'est pas tant l'origine mais la solution qui nous intéresse, indique Olivier Kressmann, président du  jury. C'est là qu'on s'aperçoit qu'il y a des gens en Polynésie qui ne font pas de bruit, mais qui avancent très bien, et qui ont de supers idées." Au-delà des idées, le jury vérifie la pertinence de la solution, son impact économique dans un milieu insulaire, la qualité de la présentation, et de l'innovation. "On avait parfois des présentations moins pêchues que celles qu'on peut voir dans de grandes sociétés, mais elles étaient beaucoup plus pertinentes sur le fond, sur la notion de rebond économique et de création d'emplois."

Pour noter tout ce beau monde, les membres du jury ont passé des heures le nez plongé dans chaque dossier. "Est-ce que le prototype existe déjà ? Est-ce réalisable ? Déployable rapidement ? C'était un gros travail de recherche et d'analyse. On y a passé un temps fou" confie Annaïg Le Guen, directrice du Criobe. "Au final c'est vraiment la qualité scientifique et la qualité d'innovation qui ont guidé nos choix." Marquée par la "diversité des solutions", elle voit dans la densité des projets en compétition, une preuve de "résilience et de force de proposition". "Ça montre que malgré la crise, la Polynésie est capable de rebondir et de produire des solutions."
 
Conseil national du numérique, centre d'étude spatiale, cluster maritime français, institut de la transition écologique des outre-mer, etc. Composé d'experts de formations et d'univers très variés, le jury a porté une lecture très poussée sur chacun des projets. Pas de place pour le favoritisme-chauvinisme. "Il n'y a aucune réserve du côté polynésien ou calédonien vis-à-vis des solutions mondiales, et ce qui est certain c'est qu'il n'y a vraiment aucune réserve à avoir vis-vis d'une solution polynésienne. D'ailleurs si elles sont retenues, c'est qu'elles sont extrêmement pertinentes" argumente Olivier Kressmann. C'est le message que la French Tech Polynésie veut faire passer au niveau de l'État : "la Polynésie est une terre d'innovation, et non une région d'outre-mer qui passe son temps à quémander."
 

Monde, Océanie, Outre-mer : trois lauréats

Tech4Islands compte 186 solutions issues de 37 pays et territoires sur les cinq continents. Organisé par la French tech Polynésie, le concours cherche à faire émerger des solutions innovantes "par et pour les îles d'après, en faveur d’un rebond vers un développement insulaire plus autosuffisant, durable, inclusif et résilient." 
Les douze finalistes : Advanced Microturbines (Italie), Aedes System (Nouvelle-Calédonie), (Polynésie française), Desolenator (Pays-Bas), Eco-boat (Nouvelle-Calédonie), Energy Observer Developments (France), LYSPACKAGING (France), Med.i.can (Polynésie française), Myditek (Guadeloupe), NUM SMO Technologies (Guadeloupe), SEAFLOATECH (France), Soel Yachts (Pays-Bas).
Sur ces douze finalistes, trois lauréats en catégorie Monde, Océanie et Outre-mer seront sélectionnés le mardi 29 septembre par le jury final, composé de sommités du monde de l’innovation et de la recherche. Ils recevront leur prix des mains de Cédric O, secrétaire d’État chargé de la transition numérique et des communications électroniques, le 20 novembre à 18 heures à Bercy. La remise se fera en présence des partenaires internationaux du concours "qui œuvrent au développement d’une Tech au service de la transition écologique, énergétique et numérique, bonne pour les îles et donc bonne pour la Planète”.

Rédigé par Esther Cunéo le Mercredi 9 Septembre 2020 à 18:31 | Lu 1401 fois






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