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Tamarii Makemo explore le peuplement de son île


Tahiti, le 4 juillet 2023 – Tamarii Makemo sera sur la scène de To’ata, ce vendredi, en catégorie Hura Ava Tau. Lors de son spectacle, le groupe de danse abordera le thème du peuplement de son atoll. Originaires de Punaauia, les habitants ont pris le large pour trouver à manger. Après avoir visité plusieurs îles et atolls, ces voyageurs s'arrêtent à Anaa où ils apprennent la langue et la culture pa'umotu et partent s'installer à Makemo.      

C'est la toute première fois que le groupe Tamarii Makemo monte sur la scène de To'ata, ce vendredi soir. Étant habituée à participer au Heiva Taure'a, la présidente du groupe, Vaitiare Fournier, s’est dit “pourquoi ne pas envoyer un groupe de l'atoll”, explique l'auteur Warren Teaniniuraitemoana.
 
Elle a donc fait appel au groupe d'enseignants du collège qui s'occupe déjà de la préparation du Heiva Taure'a. Vaitiare Fournier a ensuite constitué un comité de matahiapo qui a choisi comme thème : le peuplement de Makemo. “On pensait qu’ils allaient sortir une légende, car il y en a beaucoup ici et finalement, ils se sont mis d’accord de parler du peuplement, car ici, il y a un matahiapo qui a sorti un livre sur ce sujet. Ils se sont dit que c’était bien de mettre en spectacle ce qu’il y a dans ce livre.”
 
Le livre a été écrit dans les années 1890 par Bernard Henrion et relève plus d'anthropologie, souligne Warren Teaniniuraitemoana. Il a donc dû “le transformer en une narration” et aussi “compléter les trous, car il manquait des choses pour que cela devienne un spectacle”.

Un lien entre Punaauia et Makemo

On y apprend que les habitants de Makemo sont originaires de Punaauia. “Il y a un motu ici qui s'appelle Punaruku et Henrion fait le lien entre Punaauia et Punaruku”, affirme Warren. Mais pas seulement, car l'auteur s'est également appuyé sur un “puta tupuna” de mama Tirua a Mapuhia, qui l'avait légué à sa petite-fille, épouse également de Henrion, dans les années 1930. Cette mama racontait aussi “des bribes d'histoire qui rejoignaient ce que Bernard avait écrit”.
 
L'histoire raconte qu'un volcan a fait irruption en Indonésie avec des conséquences sur les pays environnants et notamment une période de disette à Tahiti. “Un groupe de personnes a dû partir pour trouver d'autres terres plus fertiles. Mama Tirua a Mapuhia écrit cela dans son puta tupuna et fait état de Punakauia”, explique l'auteur. Dans ces deux références livresques, les auteurs font état de plusieurs arrêts sur de nombreux atolls. “Nous, on est resté sur Anaa, c’est-à-dire que pour devenir pa'umotu, ces personnes sont passées par Anaa et c'est comme cela qu’elles ont appris la culture pa'umotu.” Après un laps de temps, les “kaito de Anaa, les Parata, leur ont dit de partir et ils leur ont indiqué la route à suivre pour aller sur les îles inhabitées. Et ils sont arrivés à Makemo.”
 
Warren Teaniniuraitemoana précise qu'il a dû compléter son texte avec des thèses ou des mémoires écrits sur l'atoll de Makemo ou encore Anaa. “Il faut qu'on reste cohérent quand même avec la culture.”

Des répétitions “pas si simples”

Le groupe Tamarii Makemo est divisé en deux parties, une quarantaine de danseurs et danseuses sur l'atoll et l'autre moitié à Tahiti avec Edwin Bernadino.Nous avons juste trouvé une personne qui pouvait nous aider à trouver des danseurs. Edwin est de Punaauia, mais ce n’est pas pour ça qu’on l’a choisi et quand on a su qu’ils habitent à Punaauia, on s’est dit qu'il n'y a pas de hasard”, se souvient encore Warren Teaniniuraitemoana. Il explique que les répétitions pour les danseurs de Punaauia ne sont pas si simples car “tout se fait ici à Makemo, eux sont obligés d’attendre qu’on termine et qu’on se filme. Ensuite, on enregistre les morceaux et les danses pour qu'ils puissent ensuite répéter. Pour eux, c’est plus difficile, mais ils sont disciplinés et ils sont tellement excités de participer avec Makemo qu'ils sont vraiment à l’écoute.”
 
Il précise également qu'heureusement qu'il a participé à plusieurs Heiva pour l'écriture du texte. “Ce n’était pas facile. Je sais écrire, mais pour que ça ressemble à un texte du Heiva, c’est autre chose. Il en est de même pour les chansons, et il faut aussi trouver des sonorités pour le hivināu et le pā’ō’ā. D'ailleurs, ce sont les dernières choses qu’on a faites, car il fallait trouver les bons rythmes et les bons mots, car il faut que ça soit court.” Cette partie-là se fera d'ailleurs en pa'umotu, précise l'auteur. “Une grande partie de l’histoire se passe à Tahiti et donc tout est en tahitien. Et lorsqu'ils arrivent à Anaa, la partie pa'umotu commence réellement.” Et pour éviter qu'il ne se trompe sur les mots, l'auteur a pris attache avec les matahiapo de l'atoll, mais aussi auprès de ceux de Anaa. “On a dû se renseigner avec des gens de Anaa pour voir s’ils étaient d’accord avec les mots que j’ai choisis. Normalement, ils devraient être contents du résultat.”

Rédigé par Vaite Urarii Pambrun le Vendredi 7 Juillet 2023 à 02:30 | Lu 2755 fois