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Tahiti Pearl Regatta : L’incontournable tour de Tahaa clôture une édition exceptionnelle


Raiatea, le 16 mai 2021 - C’est reva pour le dernier jour de compétition de la Tahiti Pearl Regatta 2021. Une journée qui a tenu toutes ses promesses grâce au vent et au beau temps. Retour sur cette dernière étape de la TPR.
 
8h45. L’heure du briefing à la ligne de départ pour le comité de course. Ils sont quatre à bord du catamaran, chacun a sa place : à la manœuvre, aux pavillons et aux instructions. Il y a aussi les mouilleurs, deux poti marara, chargés de placer les bouées. "À tous les concurrents, le comité de la course est en place. Le parcours est prêt, nous allons bientôt commencer", lance dans sa VHF Aurélien Le Métayer, président du comité. Ce vendredi, les bateaux ont pris le départ du parcours banane dans le grand banc central entre Raiatea et Tahaa. "C’est un superbe terrain de jeu mais le lagon est profond de 30-40 mètres, du coup c’est difficile d’accrocher les bouées du parcours. Notre challenge est de les faire tenir." A quelques minutes du début de la course, la concentration est de mise à bord du catamaran du comité de course. A l’avant du bateau, Cindy et Violetta sont prêtes à dégainer les pavillons. Le skipper surnommé "Mimi", a, lui, l’œil rivé sur la ligne de départ. Il faut manœuvrer car le bateau ne peut pas mouiller, pas facile quand un des moteurs a lâché. "4…3…2…1, top départ ! c’est parti pour les monocoques", annonce le président qui donnera le départ des multicoques quelques minutes plus tard.
 
Rude bataille
 
A l’instar des deux derniers jours, la course est intense pour les concurrents mais pas seulement. Les membres du comité doivent rester vigilants, surtout lorsque les bateaux arrivent. "La course est rapide et le rythme d’arrivée est intense. On doit être performant, plus que pour le deuxième parcours. En fait, on est dans le même rythme que les bateaux", explique Aurélien, qui garde un œil sur l’horizon où les premières voiles font leur apparition. L’équipe du comité se met en place. Cindy prend son cahier de note et son GPS pour avoir l’heure exacte, Violetta, elle, se positionne à l’avant du catamaran avec Aurélien pour ne rien rater des arrivées. "Imagine promotion passe la ligne en premier pour les multicoques", annonce Aurélien. Le Trimaran Diam 24 passe la ligne après plus de 42 mn de course et signe là sa troisième victoire sur ce parcours. "On a eu des conditions fabuleuses avec du 15-25 noeuds presque tous les jours. C’est un temps idéal pour notre Diam. C’est un bateau très rapide qui demande de la dextérité, peut chavirer rapidement et être dangereux mais j’avais un super équipage", confie Didier Arnould, skipper du bateau et président de la fédération tahitienne de voile. Dix minutes après l’arrivée du multicoque, c’est le bateau Arearea qui franchit la ligne en premier pour la catégorie monocoque. Une deuxième victoire pour ce voilier. Les bateaux défilent à l’arrivée, les voiles sont poussées par un vent d’Est qui leur donne de la vitesse. La bataille est rude.
 
Une course au milieu des îles
 
"Il y a un dessalage là-bas, on dirait un trimaran ?", interroge Cindy, du haut du catamaran du comité de course, les jumelles sur le nez. Elle regarde si tout va bien, si le bateau n’est pas en trop grande difficulté. Il semble s’en sortir, l’équipe du comité lâche et s’attelle à préparer le second départ de la journée, celui de la grande course. Le parcours est de 21 miles nautique (38 km) et fait le tour de l’île vanille. "C’est une course endurante, une aventure pour les navigateurs qui voyagent ensemble. C’est l’occasion de pousser un peu le bateau car les équipes sont renforcées donc les manœuvres sont plus énergiques. Ça fait des journées très remplies pour les équipages", précise Aurélien, le président du comité de course qui connaît très bien le monde de la voile et de la compétition pour avoir travaillé durant six ans comme cadre technique pour le ministère des Sports et la fédération française de voile. Arrivé à Tahiti avec sa famille à bord d’un voilier après trois ans de voyage, le quadragénaire a finalement posé l’ancre à Raiatea il y a un an. Il connaît bien le plan d’eau de la TPR même s’il participe à sa première édition. "C’est incroyable d’être régatiers dans une endroit comme ici. Souvent, dans les compétitions de voiles, on est large tout seul ou dans des ports. Là on est au milieu des îles." 
 
De l’émotion
 
Après près de 4h de course, les premiers bateaux arrivent au motu de Mahaea. Encore une fois, c’est le monocoque Arearea qui franchit la ligne d’arrivée dans sa catégorie. "Personne de la TPR ne voudrait manquer le tour de Tahaa pour la magie du décor, la beauté des vallées, ce lagon propre qui n’est pas clapoteux. C’est mon jardin et mon étape préféré", raconte Jean-Pierre Basse, skipper et passionné de voile depuis l’âge de 5 ans. Il participe à sa dernière course, un moment d’émotions donc après 12 participations à la TPR. "Aujourd’hui, le vent était beaucoup plus soutenu au départ, puis les choses se sont tendues au fur et à mesure avant de retrouver de la sérénité. C’était vraiment une magnifique étape, pleine d’émotions pour moi. Je revends le bateau, c’est donc fini pour moi la TPR", confie le sexagénaire qui part pour d’autres horizons. En attendant, avec son bateau qui remporte sa 3e TPR, le skipper va profiter de la dernière soirée de cette 17e édition avec les autres équipages. Une édition qui a tenu toutes ses promesses. 
 


Rédigé par Grégory Boissy le Dimanche 16 Mai 2021 à 09:44 | Lu 965 fois