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"Si on arrête là, on a tout perdu!": sur un péage de Provence, des "gilets jaunes" veulent durer



Châteauneuf-le-Rouge, France | AFP | mardi 11/12/2018 - "Si on s'arrête là, on a tout perdu !": au péage autoroutier de La Barque, sur l'A8, plusieurs dizaines de "gilets jaunes" s'organisent pour durer, indifférents voire même encouragés au lendemain des annonces d'Emmanuel Macron.

"La vie de ma mère, je suis content de nous ! En trois semaines on l'a fait plier !", se félicite Arnaud Ansermier, chef de chantier dans une très grande entreprise de BTP, à la buvette improvisée entre deux barrières de ce péage, à la sortie d'Aix-en-Provence.
"On a ouvert les portes, mais c'est pas assez", ajoute ce père de deux enfants qui dit gagner "2.000 euros et des poussières" : "le problème c'est toujours le pouvoir d'achat. La classe moyenne reste de côté".
"Maintenant que Macron a commencé à baisser son pantalon, je suis prêt à faire Noël et Nouvel An ici, on peut avoir ce qu'on veut !", juge cet homme, casquette et pantalon de travail, qui passe tous les matins sur ce barrage installé quasiment en continu depuis le début du mouvement le 17 novembre.
Ici, on veut durer. Un mur en palettes a été monté pour se protéger du vent, des braseros réchauffent les gilets jaunes, une cabane a été construite pour souffler. Un terrain de pétanque, avec sol en sable, a même été aménagé.
"On peut tenir longtemps... On a demandé à avoir un sapin de Noël, on nous en a amenés dix", se félicite Marina Rouvière, 28 ans, l'un des piliers de cette mobilisation. "Et l'été, il n'y aura plus qu'à mettre en place une piscine !", plaisante celle qui tient la buvette par vacations de parfois six à huit heures.
 

- "Macron est en train de nous enfumer" -

 
Cette mère de famille, qui dit vivre avec 3.000 euros par mois, essentiellement le salaire de son mari opticien, continuera de se battre, "à court terme pour le pouvoir d'achat, et à long terme pour le référendum d'initiative citoyenne".
Comme Arnaud Ansermier, qui dit se sentir plus proche des "gilets jaunes" rencontrés ici que de ses "amis de 40 ans", Mme Rouvière dit avoir "trouvé une nouvelle famille" sur le barrage. Une "famille" qui continue d'attirer de nouveaux membres, comme Etienne Royer, 34 ans, qui sort briques de jus et brioches de son sac à dos.
"Avant je regardais juste ça à la télé", explique, sur fond de klaxons des poids-lourds, cet intérimaire qui travaille dans la logistique et a décidé ce week-end de se mobiliser. "Il ne faut surtout pas que le mouvement s'essouffle, parce que Macron est vraiment en train de nous enfumer".
"J'ai eu un créneau, je suis venue au cas où il y aurait des fatigués", explique Soraya Trabelsi, une chômeuse qui a quitté son emploi de commerciale. Comme beaucoup de ceux qui discutent mardi, sa principale revendication est "le référendum d'initiative citoyenne".
"Pas difficile à mettre en place, à l'heure d'internet", explique cette mère de famille qui a "des convictions de gauche" et veut la sortie de la France de l'Union européenne.
Pour maintenir la pression, beaucoup veulent continuer les blocages, les actions coups de poing, et certains justifient la violence.
"Les péages gratuits c'est un de nos meilleurs trucs", estime au contraire Etienne Royer. "Les blocages, ça peut devenir exaspérant. Il faut garder les gens avec nous. Même si de toute façon, malheureusement, on va toujours emmerder des gens qui n'ont rien demandé".
Que le mouvement parvienne à ses fins ou non, Nelly Luksenberg, commerçante de 62 ans, tout juste retraitée, se réjouit que les gens "redécouvrent la fraternité".
Pourfendeuse, comme beaucoup, des médias qui manipuleraient l'opinion et de tous les politiques, ardente défenseuse du recours au référendum, elle est heureuse des heures passées à partager, sur une banquette en palette, ses idées : "Je vis ça avec les yeux d'un enfant qui découvre le père Noël!".

le Mardi 11 Décembre 2018 à 05:27 | Lu 479 fois




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