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Seulement 348 Fcfp de pouvoir d'achat en plus pour le Smig, selon A ti'a i mua


Tahiti, le 30 septembre 2022 – Alors que les cotisations sociales vont baisser au 1er octobre, la confédération syndicale A ti'a i mua conteste la “prétendue” restitution de pouvoir d'achat aux salariés. Calcul à l'appui, elle démontre que les employeurs et les salariés les mieux rémunérés sont les principaux bénéficiaires de la modification des taux de cotisation, quand les salariés au Smig ne récupèrent que 348 Fcfp.
 
La confédération syndicale A ti'a i mua conteste la restitution du pouvoir d'achat aux salariés annoncée par le gouvernement grâce à la baisse des cotisations salariales. En effet, lors du conseil d'administration de la Caisse de prévoyance sociale, le 16 septembre, il avait été décidé de baisser de 2 points les cotisations maladie à partir du 1er octobre, grâce à la bonne situation de l'emploi combinée à la mise en place de la Contribution pour la solidarité. Les administrateurs avaient décidé, dans le même temps, d'augmenter d'un point les cotisations retraite de la tranche A pour “redonner un peu d'air à la retraite” dont le régime est fortement déficitaire, expliquait alors le vice-président du conseil d'administration de la CPS, Jean-François Benhamza.
 
A ti'a i mua a fait le calcul. Avec la hausse du Smig associée à la baisse des cotisations maladie, les salaires les plus bas récupèrent 873 Fcfp. “Le bénéfice augmente avec le niveau de salaire pour atteindre 3 484 Fcfp pour un salaire au plafond de la tranche B (520 000 Fcfp par mois), et 6 700 Fcfp pour un salaire d'un million de Fcfp par mois.” Concernant la hausse de la cotisation retraite, les salariés au Smig reversent 525 Fcfp supplémentaires. Les salariés au-dessus du plafond de la retraite A, dont la cotisation pour cette tranche est bloquée, connaissent une hausse de 871 Fcfp. A ti'a i mua fait donc le constat suivant : “Le gain réel de pouvoir d'achat rendu au Smig est quasi nul, il augmente avec le niveau du salaire”. En effet, lorsque l'on soustrait le surplus de cotisation retraite au gain engendré par la baisse de la cotisation maladie, un salarié payé au Smig ne gagne que 348 Fcfp supplémentaires, “moins qu'une boîte de punu pua'atoro”, souligne la confédération syndicale. En revanche, un salarié qui gagne 520 000 Fcfp par mois récupère 2 613 Fcfp de pouvoir d'achat, et 5 829 Fcfp pour les salaires à 1 million de Fcfp. “Employeurs et salariés les mieux rémunérés sont donc les principaux bénéficiaires de la modification des taux”, souligne A ti'a i mua.
 

Les effets sur les comptes de la CPS

La confédération syndicale s'est également penchée sur les comptes de la CPS. Elle indique que la baisse de la cotisation maladie entraîne une perte de recettes de 4,7 milliards de Fcfp pour la branche. Une perte “supérieure” à l'excédent estimé à 2,6 milliards en 2022. Selon A ti'a i mua, le besoin de financement de la maladie en 2023 risque de se traduire par “une augmentation de la CST ou de la Contribution pour la solidarité, sauf à augmenter à nouveau les cotisations qui viennent de baisser”.
 
Et côté retraite, la confédération indique que grâce à la hausse des cotisations, les recettes de la tranche A augmentent de 1,6 milliard, sans combler le déficit estimé à 2,4 milliards en 2022. Selon la CPS, ce chiffre est légèrement différent puisqu'elle soutient qu'avant l'augmentation des cotisations de la tranche A, le déficit pour 2022 était estimé à 2,593 milliards de Fcfp et qu'avec l'augmentation du taux de 1 point, le déficit attendu est de 2,189 milliards de Fcfp. Toujours selon A ti'a i mua, la tranche B connait, elle, toujours un déficit de 600 millions de Fcfp. Un chiffre là aussi légèrement différent selon la CPS qui indique que le déficit attendu pour la tranche B pour 2022 est de 211 millions de Fcfp. Selon A ti'a i mua, “une augmentation de 0,99 point sur le taux de cotisation de la retraite B aurait permis le rééquilibrage de la retraite B en 2022”.

Rédigé par Anne-Laure Guffroy le Vendredi 30 Septembre 2022 à 18:39 | Lu 2342 fois