Tahiti Infos

Révélations sur le nucléaire : La ministre des Armées évite le sujet


Tahiti, le 10 mars 2021 – La ministre des Armées, Florence Parly, a répondu mardi à l'Assemblée nationale à une question du député Moetai Brotherson sur les révélations de l'enquête de Disclose sur les conséquences des essais nucléaires en Polynésie. Mais en évitant totalement le sujet…
 
A la suite des révélations de Disclose sur la sous-évaluation des retombées radioactives liées aux essais nucléaires en Polynésie française, le député Moetai Brotherson a interpellé mardi le Premier ministre Jean Castex lors de la séance des questions au gouvernement à l'Assemblée nationale : "Qu’êtes-vous prêts réellement à faire pour qu’un jour le peuple polynésien puisse avoir confiance en la parole de l’État ?". Ce n’est pas le Premier ministre qui lui a répondu, mais sa ministre des Armées, Florence Parly. Et si elle n’a pas complètement botté en touche, la ministre a soigneusement évité la moindre référence à l'enquête de Disclose.

La ministre a d'abord rappelé qu'à "la fin des essais nucléaires en Polynésie française en 1996, à la demande du gouvernement français, une expertise radiologique a été menée par l’agence internationale à l’énergie atomique (AIEA, NDLR) entre 1996 et 1998 et qui impliquait des experts de 20 nationalités différentes". Elle a insisté sur le fait que le Comité d'indemnisation des victimes des essais nucléaires (Civen) était aujourd'hui "une autorité administrative indépendante" qui "ne relève plus en aucune façon du ministère des Armées".

Au titre des réalisations de l'Etat, Florence Parly a mis en avant "le suivi géologique de l’atoll de Morurua à travers le dispositif Telsite 2", assurant que son ministère effectue une "surveillance radiologique continue et des campagnes de prélèvements pour informer en toute transparence les élus et la population". Enfin, la ministre est uniquement revenue sur la dernière enquête de l'Inserm publiée le 23 février, assurant que ses conclusions seraient "étudiée" par les services de l’État, de la Polynésie française et par les associations. Comble, la ministre a expliqué que ce "travail indépendant" allait "permettre d’évaluer la nécessité de conduire une étude épidémiologique comme demandé par les associations locales". Quand les conclusions de ladite expertise de l'Inserm affirment justement qu'une telle étude "apparaît complexe à mettre en œuvre"

Rédigé par Etienne Dorin le Mercredi 10 Mars 2021 à 13:54 | Lu 2478 fois