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Regard polynésien de cheffe au concours de Babette de Rozières


Tetuanui Ambiehl avec son mari, Jérémy, en compagnie d'Éric Briffard, patron des Toques françaises et directeur exécutif du Cordon Bleu, école culinaire créée à l'Hôtel de la Marine (Place de la Concorde) où Babette de Rozières enseigne également.
Tetuanui Ambiehl avec son mari, Jérémy, en compagnie d'Éric Briffard, patron des Toques françaises et directeur exécutif du Cordon Bleu, école culinaire créée à l'Hôtel de la Marine (Place de la Concorde) où Babette de Rozières enseigne également.
Paris, le 29 janvier 2024 - La Polynésienne Tetuani Ambiehl et son mari sont installés dans les Yvelines où ils sont à la tête d’un restaurant. Durant trois jours, ils ont quitté leur cuisine pour devenir jurés du concours du Salon de la gastronomie d’outre-mer. L’occasion pour eux de partager leur savoir-faire avec des apprentis cuisiniers.
 
Tetuanui Ambiehl et son mari Jérémy, tous deux chefs médaillés des Toques françaises, accueillent habituellement leur clientèle gourmande dans leur restaurant situé au domaine de l’Arche à Houdan (Yvelines). Cette année, ils étaient jurés au concours de Babette de Rozières qui est disputé au salon qu’elle a créé il y a déjà neuf années, le Salon de la gastronomie d’outre-mer (Sagasdom). Celui-ci s’est déroulé de vendredi à dimanche, Porte de Versailles, à Paris. Entre deux épreuves de cuisine et la dégustation des plats par le jury, Tetuanui Ambiehl évoque son rôle durant ces trois jours.
 
C’est un honneur pour la cheffe et elle le justifie : “Je suis dans le jury pour essayer de montrer aux élèves que, même quand on apprend, on peut toujours concourir et des fois faire mieux que les grands chefs. Nous, nous leur transmettons notre savoir et eux, ils nous font découvrir aussi de nouvelles choses comme la cuisine revisitée. Et en tant que chefs, on aime bien partager avec eux parce qu’ils sont innovants comme avec la cuisine moléculaire, les goûts mélangés, etc.”
 
Si c’est la première fois que Tetuanui Ambiehl est jurée du concours, grâce aux Toques françaises, ce n’est en revanche pas la première fois qu’elle y participe. Elle s’y est rendue à plusieurs reprises en tant que spectatrice et accompagnatrice d’élèves. “L’envers du décor est beau à découvrir et ce sont des choses que l’on veut montrer aux élèves. C’est vrai que les notes obtenues sont parfois difficiles, mais au moins, ça leur montre que l’on peut s’améliorer et réussir dans la vie. La cuisine, c’est une histoire de patience. Il faut qu’ils en soient conscients parce que c’est un travail qui prend du temps et qui prend sur la famille. On essaye de leur apprendre ces valeurs-là. Il faut vraiment être passionné pour faire ce que l’on aime.”
 
Cette année, trois plats étaient au menu pour les trois jours de salon : poisson vendredi, pintade samedi et dimanche, c’était la surprise. “Les recettes sont établies des semaines à l’avance avec un ingrédient mystère”, poursuit Tetuanui Ambiehl. “On a prévenu les professeurs pour qu’ils puissent travailler un peu avec les élèves, mais ils n’avaient pas la base. Les candidats sont arrivés vendredi matin : surprise ! On leur a donné les produits et ensuite, ils devaient innover. Quand vous vous trouvez devant un panier qui contient des ingrédients que vous ne travaillez jamais, il faut faire avec. Là, nous avons eu de très bons mélanges et des choses un peu moins bien, mais ça reste un concours de jeunes et d’apprentis et ils continueront à apprendre. Et je suis sûre qu’on en retrouvera dans de grands restaurants.”

Rédigé par Philippe Binet le Mardi 30 Janvier 2024 à 14:27 | Lu 2277 fois