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Référendum en N-Calédonie: un parti de centre droit prône une campagne "ouverte et respectueuse"


Nouméa, France | AFP | mardi 28/07/2020 - Calédonie ensemble, parti de centre-droit, a prôné mardi une campagne "respectueuse et ouverte" pour dire "non" à l'indépendance lors du référendum du 4 octobre prochain, mettant en garde sur "la radicalisation du climat".      

"Nous ferons une campagne pour le maintien de la Calédonie dans la République, pour la poursuite de la construction du destin commun et du consensus entre les communautés", a déclaré Philippe Michel, secrétaire général de Calédonie Ensemble (CE).         Un premier référendum, remporté à 56,7% par les pro-français, a déjà eu lieu le 4 novembre 2018.      

Cette formation, qui a perdu le leadership des non indépendantistes en 2019 au profit d'une droite plus affirmée, a déploré le "contexte très dégradé" dans lequel démarre la campagne.       

"Plus on radicalise, plus on prend le risque que le combat idéologique ne se limite plus aux urnes", a averti M.Michel.      

Depuis plusieurs mois, les polémiques se multiplient entre les indépendantistes du FLNKS et la coalition non indépendantiste majoritaire, L'Avenir en Confiance (AEC), mais également avec l'Etat, autour des conditions d'organisation du référendum, de la gestion de la crise sanitaire ou encore de la politique minière du nickel.      

Sous la bannière "Les Loyalistes", l'AEC et quatre autres formations dont le Rassemblement national (RN) ont lancé mi-juillet une campagne, axée sur "la fierté d'être Français" et "l'affichage du drapeau tricolore".      

Soucieux de se démarquer de cette ligne, les responsables de CE ont indiqué  vouloir "dès le lendemain du référendum, ouvrir le dialogue avec les indépendantistes pour construire un projet d'avenir partagé et poursuivre la décolonisation et l'émancipation".       

"Il nous faut conjuguer souveraineté et République", a indiqué le député CE Philippe Dunoyer.      

Le parti souhaite que ce projet puisse être soumis aux Calédoniens, lors du troisième référendum, qui peut encore être organisé d'ici 2022, selon les dispositions de l'Accord de Nouméa (1998).     

Les dirigeants de CE se sont en outre "inquiétés de l'absence de l'Etat" dans les débats en cours.       Rappelant que lors de la passation de pouvoir à Matignon, le 3 juillet, Edouard Philippe avait salué "le processus fascinant" de décolonisation en Nouvelle-Calédonie, ils ont déploré que son successeur Jean Castex "n'en ai pas dit un mot" dans son discours de politique générale.

le Mardi 28 Juillet 2020 à 04:54 | Lu 515 fois