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Rauhiti : une troisième place et une première


Un podium historique pour le judo polynésien
Un podium historique pour le judo polynésien
PAPEETE, le 7 novembre 2019 - La judokate Rauhiti Vernaudon, 21 ans, a bien voulu revenir avec nous sur son parcours exceptionnel. Ce week-end, elle est devenue la première polynésienne à obtenir une médaille de bronze lors des championnats de France élite.
 
Rauhiti Vernaudon, 21 ans, est entrée dans l’histoire du judo polynésien ce week-end en obtenant une troisième place lors des championnats de France élite. Elle est la première tahitienne à réaliser un tel exploit.
La jeune fille a débuté le judo au club EJJP de Arue où ses parents l’ont inscrite pour “tenter de canaliser son énergie”. Elle a passé ensuite quatre années au Vénus Judo Club de Mahina avant de s’affilier cette année au club de Tefana après les Jeux du Pacifique où elle fut médaillée d’or dans la catégorie + de 78 kg.
 
Rauhiti Vernaudon réside en métropole depuis sept ans et doit désormais concilier vie professionnelle et judo. Elle est animatrice en centre aéré le mercredi et vient de signer un contrat d’assistante-animatrice dans un lycée tout en donnant des cours de judo à Paris.

Petit bémol dans cette belle histoire, la concurrence est tellement forte en métropole que cette médaille de bronze est insuffisante pour se qualifier pour la Coupe d’Europe des clubs qui aura lieu dans deux semaines, un choix de l’encadrement qu’elle nous a dit “ne pas avoir compris”.

“Finalement tout est possible”

Rauhiti Vernaudon :

Vos impressions par rapport à votre médaille de bronze ?

“Les championnats de France sénior, c’est la compétition de l’année. C’est là où les sélections se jouent pour le reste de la saison. Il y avait dans ma catégorie des médaillées au niveau national, international… J’y suis allée sans pression car l’année dernière, j’avais perdu au premier combat. Après avoir gagné mon premier combat, j’ai perdu à mon deuxième et j’ai dû passer par les repêchages. J’ai pu gagner plusieurs combats difficiles avant de jouer la place de trois contre une adversaire qui a déclaré forfait sur blessure, ce qui m’a permis d’obtenir ma médaille de bronze. Ce résultat m’a rappelé que finalement tout est possible. On peut perdre contre des gens et gagner ensuite contre eux quand on écoute les consignes.”
 
Parlez-nous de votre parcours en métropole ?

“Je suis arrivée en 2013 et j'ai intégré le SGS Judo (ndlr Sainte Geneviève Sports), un des clubs les plus prestigieux de métropole. J’ai fait deux ans au pôle espoir de Brétigny, en île de France, ensuite j’ai intégré le pôle France à Strasbourg pendant deux ans. En 2017, j’ai intégré l’Insep, à Paris, pour deux ans. Cette année, j’ai arrêté l’Insep et je m'entraine désormais à l'Institut de judo, à Paris, porte de Châtillon, qui est beaucoup plus flexible au niveau des entraînements et des horaires car j’ai désormais une contrainte au niveau du travail.”
 
C’était important pour vous de participer aux Jeux du Pacifique ?

“Oui, complètement. J’avais un peu la pression car faisant partie de celles qui venaient de métropole, on comptait un peu sur nous. Mais oui, je voulais absolument avoir ce titre-là car c’est une fierté de combattre pour Tahiti. D’habitude, on concourt sous les couleurs de la France ou de notre club de métropole. Cette médaille d’or est venue également compléter mon palmarès.”

Rédigé par SB le Jeudi 7 Novembre 2019 à 16:15 | Lu 873 fois