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Quel avenir pour la marina de Tautira ?


En concertation avec la coopérative Rava’ai no vaitomoana, le maire délégué de Tautira, Ueva Hamblin, envisage de solliciter le ministère de l’Agriculture et des Ressources marines, mais aussi de l’Education, de l’Equipement et du Tourisme (Crédit : Anne-Charlotte Lehartel).
En concertation avec la coopérative Rava’ai no vaitomoana, le maire délégué de Tautira, Ueva Hamblin, envisage de solliciter le ministère de l’Agriculture et des Ressources marines, mais aussi de l’Education, de l’Equipement et du Tourisme (Crédit : Anne-Charlotte Lehartel).
Tahiti, le 15 avril 2024 - Tandis que les marinas de Teahupo’o et Toahotu sont en cours de réhabilitation à l’approche des Jeux olympiques, de l’autre côté de la Presqu’île, la marina de Tautira fait grise mine.
 
La marina de Tautira est un point de connexion essentiel entre le Fenua ‘Aihere et le reste de l’île de Tahiti. Entre les résidents de la “campagne”, dont bon nombre d’agriculteurs et de pêcheurs, mais aussi des élèves scolarisés au village ou à Taravao, et les touristes, la fréquentation est parfois si importante qu’on peine à s’y stationner. Si le cadre naturel est somptueux entre la mer et les montagnes à perte de vue, l’ancien bâtiment de la coopérative, à l’abandon depuis de nombreuses années, n’est guère accueillant.
 
De mémoire, le maire délégué de Tautira, Ueva Hamblin, estime la construction de la marina aux alentours des années 1970. Il y a quelque temps, elle a été dotée d’une nouvelle machine à glace alimentée par l’énergie solaire grâce au concours financier de l’État et du Pays. La commune de Taiarapu-Est dispose également d’un hangar dédié à la navette scolaire. Mais dans d’autres domaines, le site ne semble pas à la hauteur des besoins : absence de sanitaires et d’abri, chemins d’accès criblés de trous, défaut d’éclairage, bacs à ordures saturés… Certains bateaux sont même amarrés sur un lampadaire en raison de la vétusté du point d’ancrage.
 

Les chemins d’accès sont criblés de trous et les bacs à ordures sont saturés.
Les chemins d’accès sont criblés de trous et les bacs à ordures sont saturés.

Des besoins dans plusieurs domaines

“Personne ne se soucie de cette marina”, regrette le tāvana et premier vice-président de l’assemblée de la Polynésie française, qui s’en remet désormais au territoire. “Il y a plusieurs ministères qui entrent en jeu dans cet aménagement : le Secteur primaire, l’Éducation, l’Équipement et le Tourisme. Depuis deux ans, on travaille avec la coopérative des pêcheurs en faveur de l’affectation de la DAF (Direction des affaires foncières, NDLR) à la DRM (Direction des ressources marines, NDLR) de la parcelle de 530 m2 avec l’ancien bâtiment, pour déterminer si on peut le réhabiliter ou s’il faut le reconstruire. Ça permettrait de rapprocher la machine à glace du quai comme avant, de remettre des sanitaires et un abri, et peut-être d’ajouter un petit marché”, confie-t-il au sujet des pistes envisagées.
 
Ueva Hamblin est également favorable à l’aménagement d’une rive inutilisée de la marina pour augmenter la capacité de stationnement des embarcations. Concernant les nids-de-poule, en attendant mieux, ils devraient être comblés prochainement par des gravas issus du chantier d’assainissement de la “rue des marais”, finalisé en début d’année au cœur du village.
 
“À Teahupo’o, ils ont la chance d’avoir les JO : ça facilite la réalisation des projets ! Nous n’accueillons pas les Jeux olympiques, mais il y a aussi des besoins chez nous”, remarque l’élu, évoquant entre 200 et 300 résidents au Fenua ‘Aihere, soit une cinquantaine de familles, et entre 80 et 100 touristes chaque week-end. 
 

Des bateaux amarrés sur un lampadaire en raison de la vétusté du point d’ancrage.
Des bateaux amarrés sur un lampadaire en raison de la vétusté du point d’ancrage.

Frédéric Tura, pêcheur côtier : “C’est un outil de travail”

“Ça fait 20 ans que je pêche et cette marina, c’est un outil de travail. La cale de mise à l’eau est bien. Ce qui nous manque, ce sont des toilettes. La route est en mauvais état et les lumières ne fonctionnent plus. On aimerait aussi que la machine à glace revienne sur le quai. Ce serait plus pratique pour nous. Ça nous éviterait de faire des allers-retours pour porter les sacs de glace jusqu’au bateau.”
 

Rédigé par Anne-Charlotte Lehartel le Lundi 15 Avril 2024 à 18:42 | Lu 3467 fois