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Quatre enquêteurs tout-terrain pour préparer l’après-JO


Raumauarii et Françoise interrogent les habitants de Teahupo’o sur l’avenir du domaine Rose (Crédit : Anne-Charlotte Lehartel).
Raumauarii et Françoise interrogent les habitants de Teahupo’o sur l’avenir du domaine Rose (Crédit : Anne-Charlotte Lehartel).
Tahiti, le 9 avril 2024 - Raumauarii, Françoise, Heiarii et Vaitomoana ont entre 19 et 46 ans. Depuis mi-février, ces quatre résidents de Teahupo’o sont missionnés par le Pays, via un bureau d’études, pour collecter des données et des doléances sur terre comme en mer. Objectif : affiner les décisions en matière d’héritage olympique.
 
À vélo ou en bateau. Depuis mi-février, Raumauarii, Françoise, Heiarii et Vaitomoana sillonnent les servitudes et le lagon de Teahupo’o. Âgés de 19 à 46 ans, ces enfants de la commune sont sous contrat pendant six mois avec le bureau d’études Pae Tai Pae Uta (PTPU), missionné par la cellule Tū’aro Nui.
 
Cette démarche n’est pas inédite. “Chaque année, on passe une centaine de contrats plus ou moins longs dans l’ensemble de la Polynésie pour que l’environnement soit une source d’emplois dans les îles dans des domaines variés, comme la gestion des déchets, l’assainissement, les études d’impact, les relevés de terrain, etc.”, explique un référent de PTPU.
 
À l’approche des épreuves de surf des Jeux olympiques de Paris 2024, l’implication de ces quatre médiateurs ne concerne pas l’organisation de l’événement, mais la préparation de l’après-JO en ciblant certains sites.
 

Collecter des données et des doléances

Côté mer, le binôme masculin surveille régulièrement le parcours emprunté par les bateaux pour rejoindre la tour des juges, afin de s’assurer que les entreprises respectent le cahier des charges par rapport aux coraux. Après avoir interrogé des pêcheurs et contribué à un état des lieux cartographié du platier, ils viennent de commencer à collecter des données dans le cadre d’un projet de réensemencement de bénitiers.
 
“On adore la mer. C’est tout pour nous, comme pour la population de Teahupo’o, donc cette mission nous plaît. C’est une expérience qui nous permet d’évoluer”, nous ont confié les deux jeunes hommes, dont Heiarii, qui avait précédemment tenu une cellule d’information à la mairie de Teahupo’o.
 
Côté montagne, l’équipe féminine a notamment pour mission d’aller à la rencontre des habitants de Teahupo’o sur la totalité de la commune, Fenua ‘Aihere compris, afin de recueillir les avis des uns et des autres concernant l’avenir d’un site bien précis : le domaine Rose.
 
“Les gens sont contents qu’on vienne demander leur avis. On apprécie ces moments de partage avec la population. On apprend à connaître notre commune et c’est très formateur”, remarque le duo.
 

Aiguiller le Pays et la commune

Heiarii et Vaitomoana ciblent le milieu marin aux abords de la tour des juges.
Heiarii et Vaitomoana ciblent le milieu marin aux abords de la tour des juges.
Les grandes tendances de cette enquête seront présentées dans les prochaines semaines aux ministères concernés et au conseil municipal de Taiarapu-Ouest, afin d’éclairer les décisions des élus.
 
Concernant le domaine Rose, comme évoqué lors de la réunion publique du 15 septembre 2023, la restitution de la tarodière d’origine semble compromise au vu du coût des travaux de viabilisation (300 millions de francs annoncés). “On va étudier les suggestions de la population pour émettre des propositions. Vu la dimension du site, on peut par exemple envisager de combiner plusieurs choses”, précise Vatearii Debeuf, chef de projet pour l’héritage des JO à la cellule Tū’aro Nui. Agro-transformation, culture, loisirs, pour l’heure, aucune piste n’est écartée.
 

Rédigé par Anne-Charlotte Lehartel le Mardi 9 Avril 2024 à 17:55 | Lu 2046 fois