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Quatre ans ferme pour l'agression du Tiki d'or


Tahiti, le 1er mars 2022 – Deux multirécidivistes de 37 et 24 ans ont été jugés devant le tribunal correctionnel mardi pour répondre de la violente agression du gérant du Tiki d'or, et de l'une de ses clientes, le 11 octobre 2020 à Papeete. Particulièrement désinvoltes à la barre, les deux prévenus ont été condamnés à cinq ans de prison dont un an avec sursis. Le tribunal a prononcé leur maintien en détention. 

Le tribunal correctionnel a jugé mardi deux hommes de 37 et 24 ans, déjà bien connus de la justice, pour des violences volontaires aggravées commises à l'encontre d'un sexagénaire, gérant du Tiki d'or, et de l'une de ses clientes le 11 octobre 2020 au sein de l'établissement alors qu'ils avaient consommé de l'ice et de l'alcool.

L'agression, qui avait fait grand bruit au regard de sa violence, avait eu lieu tard dans la nuit lors de la fermeture du Tiki d'or à Papeete. Deux hommes cagoulés s'étaient introduits par l'arrière de l'établissement après avoir escaladé un mur. Ils s'en étaient violemment pris au gérant de l'établissement qui fumait tranquillement une cigarette derrière son comptoir. Les deux agresseurs lui avaient porté de nombreux coups de pied et de poing avec une telle violence que le sexagénaire avait perdu connaissance. Une cliente qui se trouvait dans les toilettes avait ensuite elle aussi été rouée de coups. Selon ses déclarations, la jeune femme avait également subi une agression sexuelle mais n'avait pas été en capacité de dire par lequel des deux agresseurs. Les deux hommes avaient ensuite quitté les lieux en emportant de l'alcool, le téléphone et les cartes du gérant ainsi que la somme de 40 000 Fcfp. 
 
Désir de vengeance
 
Ce n'est qu'au terme de plusieurs jours que les enquêteurs de la Direction territoriale de la police nationale (DTPN) avaient mis la main sur les deux agresseurs. Interrogés en garde à vue puis devant le juge d'instruction en charge d'information judiciaire ouverte pour “viol en réunion” et “violences volontaires aggravées”, les deux individus avaient justifié cette violente agression par un désir de vengeance envers le gérant du bar. Le soir des faits, ce dernier les aurait “virés”de son établissement en les insultant copieusement. Des accusations formellement démenties par l'intéressé.

Un peu plus d'un an après ce passage à tabac, le procès des deux multirécidivistes s'est donc tenu mardi devant le tribunal correctionnel qui a visiblement peu apprécié la décontraction des prévenus à la barre. Le président du tribunal a d'ailleurs rappelé qu'après avoir roué les deux victimes de coups et alors que ces dernières, au sol, tentaient de relever la tête, les deux hommes leur avait mis de nouveaux coups de pied dans la tête. Des “penalty” en plein visage des victimes pour "les terminer". Lors de cette agression, le gérant avait subi de très nombreuses fractures au niveau du visage. “Il aurait pu mourir d'une hémorragie cérébrale”, a souligné le président du tribunal mardi en s'adressant aux prévenus.
 
“Position opportuniste”
 
Appelés à s'exprimer sur les faits, les deux hommes ont de nouveau évoqué une histoire de vengeance liée aux insultes qui auraient été soi-disant proférées à leur encontre par le gérant du Tiki d'or. “Il m'a fait honte devant mes amis”, a affirmé l'un des deux prévenus en expliquant par ailleurs qu'il avait consommé de l'alcool et de l'ice. 

“C'est inadmissible de voir aujourd'hui à l'audience que ces individus nous répondent de sang froid avec cette nonchalance”, s'est emportée l'avocate des parties civiles en dénonçant une “attitude insupportable”. Même ton de colère chez le procureur de la République qui s'est indignée de la “position opportuniste” des prévenus qui “veulent faire croire qu'ils ne se maîtrisaient plus sous les effets des vapeurs de l'alcool et de l'ice”
 
Maintien en détention
 
Dernier à prendre la parole pour la défense du plus jeune prévenu –l'autre n'ayant pas d'avocat– Me Jourdainne a soutenu lors de sa plaidoirie qu'il aurait appartenu au plus âgé des agresseurs de raisonner son client au lieu de “mettre de l'huile sur le feu”.
 
Après en avoir délibéré, le tribunal correctionnel a condamné les deux prévenus à cinq ans de prison dont un avec sursis probatoire assortis du maintien en détention. Notons que si les faits de viol requalifiés en agression sexuelle durant l'instruction n'ont finalement pas été retenus, c'est parce que les investigations n'ont pas permis d'établir lequel des deux hommes avait fait subir cela à la victime.
 

Rédigé par Garance Colbert le Mardi 1 Mars 2022 à 18:17 | Lu 2564 fois