Pour “une desserte régulière, fiable et pérenne tout au long de l’année”


Tahiti, le 2 septembre 2026 – L’armateur du Dory 2 revient sur les événements qui ont marqué sa tournée inaugurale en ne souhaitant pas “entretenir une polémique avec l’État, le Pays ou le Port autonome de Papeete”. Il plaide pour qu’une solution “durable” soit trouvée pour l’accostage du cargo mixte à Motu Uta.
 
Suite au communiqué de presse commun de l’État, du Pays et du Port autonome jeudi dernier, l’armateur Eugène Degage tient, au travers d’un communiqué, à apporter plusieurs précisions” concernant les difficultés rencontrées” dans les premiers jours de mise en exploitation du Dory 2. Il souhaite que ces péripéties “ puissent être appréciées dans leur contexte, de manière complète et factuelle”.

“La sécurité (…) une priorité absolue”

L’armateur rappelle ainsi que la “sécurité” des passagers, des équipages du navire et du fret est “une priorité absolue” qu’il partage “pleinement” avec les autorités. En dépit des allusions le mettant en cause dans le communiqué commun de jeudi dernier, il assure qu’il n’a “jamais été question (…) de s’affranchir des règles applicables à l’exploitation maritime” d’autant plus, précise-t-il, que la desserte des Tuamotu est “un enjeu économique et social fondamental” pour les habitants de ces atolls.
 
Eugène Degage explique aussi que le projet d’exploitation d’un cargo mixte sur cette route est à l’étude depuis plusieurs années. Il s’agit d’un “investissement particulièrement important” pour la SNC Agnieray & Cie qu’il dirige.

Pas question de “contourner la réglementation”

L’armateur revient également sur la présence “temporaire” des techniciens étrangers venus à Tahiti pour accompagner la mise en service du Dory 2. Un présence “directement liée à son convoyage, à sa prise en main technique et, surtout, à la formation et à l’accompagnement de nos équipages polynésiens durant les premières semaines de son exploitation”.
 
L’armateur précise avoir rencontré des “difficultés administratives concernant certaines autorisations d’entrée, de séjour ou de travail” pour ces techniciens étrangers. Et ce n’est que grâce à “des échanges constants” que des démarches de régularisation ont été réalisées. Il souligne d’ailleurs que les autorités ont reconnu que certaines situations ont fait l’objet de procédure de régularisation. L’armateur conteste donc toute velléité de “contourner la réglementation”. Quant aux demandes d’autorisation de séjour temporaire qui ont justifié ces démarches, leur objectif étaient de rendre possible, dit-il, “leur mission d’assistance technique et de formation pendant les premières rotations commerciales du Dory 2. Cette demande n’ayant pas pu aboutir, ces ingénieurs ont dû quitter le territoire”
 
Aussi, rappelle l’armateur, lorsque le cargo mixte était sur le point d’appareiller, lundi 24 août, il a “soudainement rencontré des difficultés techniques ayant empêché son appareillage”. Selon lui, la présence de ces techniciens étrangers au Fenua “aurait permis de disposer immédiatement des compétences techniques spécialisées du constructeur pour accompagner nos équipes dans le diagnostic et le traitement de ces difficultés”. Et leur présence aurait “pu contribuer à éviter ou, à tout le moins, réduire significativement la durée de l’immobilisation du navire” et l’important retard, qui a plombé son voyage inaugural. Loin de lui l’idée de “soustraire” ces techniciens “aux règles applicables”. Il s’agissait plutôt, de “sécuriser la phase particulièrement sensible de prise en main et de mise en exploitation d’un navire neuf”.

“L’accostage et les opérations de chargement à Motu Uta”

Dans le communiqué commun, les autorités soulignnt que l’armateur a, de sa propre volonté, renoncé aux “solutions alternatives d’accostage” proposées par le Port autonome alors que le quai qui lui est dédié est occupé par le Dory 1 aujourd’hui hors service. L’armateur précise que le Dory 1 avait préalablement été positionné “cul à cul au quai” afin de permettre au Dory 2 d’accoster dans la même configuration, considérant que cette organisation répondait à une nécessité logistique et opérationnelle : le chargement et déchargement du Dory 2 face à leur entrepôt de Motu Uta.
 
Il affirme avoir étudié la proposition du Port autonome de mettre le Dory 2 au quai utilisé par le Aranui mais il a estimé que cette proposition était “incompatible avec son organisation logistique”. Selon lui cela leur aurait conduit à de gros retards des opérations de chargement en augmentant “significativement […] les risques d’avaries sur les marchandises, ainsi que les risques d’accidents et de détérioration de nos engins et matériels de manutention”. En outre l’armateur rappelle que cette configuration, au côté du Dory 1, avait préalablement “été étudiée et validée” par les services techniques du Port autonome en février dernier.
 
Eugène Degage souhaite maintenant qu’une “solution d’accostage pérenne à Motu Uta, à proximité immédiate de notre entrepôt logistique, puisse désormais être définie avec le Port autonome. Elle est indispensable pour garantir la régularité de la desserte, maîtriser les temps et les coûts de manutention et préserver les marchandises confiées par nos clients”.
 
Concernant le terminal de croisière où il a la nécessité d’embarquer les 140 passagers que peut accueillir son cargo mixte, l’armateur demande que les conditions tarifaires soient “définitivement clarifiées” par le Port autonome. L’utilisation de ce terminal engendre “des coûts supplémentaires incompatibles avec l’économie de cette desserte et qui seraient, à terme, supportés directement ou indirectement par les populations des îles”.

“Notre priorité : assurer durablement la desserte des Tuamotu Ouest”

“Après plusieurs années de préparation, d’investissement et de mobilisation de nos équipes, cette première rotation marque avant tout le début d’une nouvelle étape pour notre compagnie et pour les populations que nous desservons”, plaide enfin l’armateur. “Notre objectif est d’assurer une desserte régulière et pérenne des Tuamotu Ouest tout au long de l’année.”
 
Le Dory 2 a un programme d’exploitation qui prévoit au moins 50 rotations par an sur la route Papeete-Tikehau-Rangiroa-Fakarava-Manihi et Ahe. Il est important, estime Eugène Degage, que les entreprises et les habitants de ces atolls aient une “visibilité, une régularité et une continuité sur les dates de passage”.
 
Ne souhaitant pas “entretenir une polémique avec l’État, le Pays ou le Port autonome de Papeete”, l’armateur veut surtout que “le dialogue et la recherche de solutions opérationnelles prennent le pas sur les difficultés rencontrées au cours de ces premières semaines”. Avec un objectif clair : qu’une solution “durable” soit trouvée pour l’accostage à Motu Uta, le chargement du fret et le transit des passagers, afin d'ancrer le Dory2 comme l'outil incontournable de la desserte des Tuamotu Ouest.
 

Rédigé par Vaite Urarii Pambrun le Mercredi 2 Septembre 2026 à 19:28 | Lu 570 fois