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Plongée dans l’univers de la voltige aérienne


Stéphane Chantre, pilote avec l'auteure Nathalie Le Ballois.
Stéphane Chantre, pilote avec l'auteure Nathalie Le Ballois.
TAHITI, le 24 avril 2022 - Nathalie Le Ballois est l’auteure de Au commencement nous étions deux. Un roman qui suit l’histoire d’une jeune femme pilote, inscrite aux championnats du monde de voltige. Le livre ouvre les portes de cet univers, encore très masculin, mais traite aussi de solitude et d’amour véritable et inconditionnel.

Nathalie Le Ballois signe un nouvel ouvrage intituléAu commencement nous étions deuxparu aux éditions Vérones qu’elle dédicacera mercredi.“J’ai mis des années à écrire sur la voltige”, dit-elle. “C’est un monde qui me fascine!” Elle a travaillé quatre années pour l’école polynésienne de pilotage C3P. Son mari est lui-même pilote, instructeur et enseignant. C’est un monde qu’elle connaît bien.

L’ouvrage entraîne le lecteur dans ce monde en racontant la vie d’une jeune femme solitaire et mélancolique, Alie. Depuis sa plus tendre enfance, celle-ci ressent un profond mal-être : sa peau est considérée comme étrange et l’on se moque d’elle à l’école. Sa tristesse ne parvient à s’apaiser que lorsqu’elle fait la connaissance d’Abeid. Le départ de son seul ami, six années plus tard, la plonge dans un désespoir dont elle ne parviendra à s’extirper qu’avec son apprentissage du pilotage.

Le roman se déroule sur sept jours, lors des championnats du monde de voltige aérienne. Alie a alors vingt-cinq ans. En relisant son journal intime d’adolescente, elle prend conscience qu’elle a accepté le départ d’Abeid comme une fatalité. Sur fond de compétition, de sabotage et d’événements troublants, elle comprend qu’elle n’a jamais entrepris de recherches sérieuses à son sujet en douze ans. Quand la compétition prend un tournant inattendu, retrouver la trace de son ami disparu devient pour elle une évidence.

Une pratique exigeante

Au commencement nous étions deux rend hommage aux femmes pilotes dans un milieu toujours très masculin. En Polynésie par exemple, il y a une dizaine de pratiquants de voltige, tous des hommes. Dans les championnats internationaux, en moyenne, sur 60 inscrits, une dizaine sont des femmes.

Pour écrire son texte, elle a fait appel à Stéphane Chantre. Ce dernier a été pilote de chasse, puis s’est lancé dans la voltige. Il est instructeur et examinateur chez C3P. “Je voulais que l’aspect technique reste crédible”, justifie Nathalie Le Ballois. Elle précise que le livre n’est pas à destination des seuls pilotes et amateurs de voltige mais elle souhaitait que les lecteurs connaisseurs puissent le trouver crédible.

Elle donne de nombreux détails sur la pratique, la course et ses enjeux. Elle consacre par exemple tout un chapitre à la “danse”. Cette préparation du vol, réalisée au sol avant d’embarquer. Au cours de cette danse qui consiste en un enchaînement des gestes de pilotage associés aux mouvements de l’avion, le pilote répète tout au millimètre près, en temps réel. Les vols en compétitions durent entre trois et quatre minutes, la chorégraphie dure tout autant,à une ou deux secondes près.

Alie raconte: “Je dois mentaliser chaque mouvement du poignet et des pieds qui agiront sur le manche et les palonniers, lesquels commanderont les manœuvres de l’avion. Je dois simuler au dixième de seconde chaque action sur la manette des gaz, celle qui commandera les 340 chevaux de mon moteur. Je dois prendre en compte les composantes capricieuses du vent qui ne cessent d’évoluer par rapport à ma machine, ma position dans le plan vertical, horizontal... Grâce à ma danse, je me représente mentalement la trajectoire idéale et les actions requises pour la coller au plus près.” Nathalie Le Ballois répète: “C’est fascinant!

La voltige est une qualification proposée aux détenteurs du brevet de pilotage obtenu après au moins 50 heures de cours. C’est une pratique extrêmement exigeante et physique. “Nous sommes considérés comme des sportifs de haut niveau”, précise Stéphane Chantre. Au cours d’un vol, “quand on se donne à fond, on ne peut rester véritablement concentré que 10 minutes.

Extrait

“J’ai débuté ces lignes dans la douleur. Je n’avais personne à qui me confier. J’ai définitivement fermé mon journal le jour de mes vingt ans. Sept années, pour guérir mon âme de ses doutes d’adolescente, de ses tourments, pour dompter cette douleur lancinante et ce vide si oppressant qui accompagnaient mes journées depuis le départ de mon ami. J’ai chassé la tristesse de mon cœur à coups de stylo, page après page, année après année, péniblement. Je regarde mes mains, crispées sur le cahier, tentant d’emprisonner les mots. Illusoire... Puis mon regard se pose sur ce carton décoré au feutre dont les couleurs se sont ternies. Je viens de renouer avec le passé par hasard, en ouvrant “ma boîte aux trésors”comme je l’appelais ado.”

Rendez-vous

Dédicaces le 27 avril au bar l’Aviation de l’aéroport.
De 16 à 19 heures.
Entrée libre.


Rédigé par Delphine Barrais le Dimanche 24 Avril 2022 à 14:35 | Lu 799 fois