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Patricia Frébault, collectionneuse de palmiers



Patricia Frébault fut notre guide dans le vaste monde des palmiers. Elle en cultive une cinquantaine d’espèces, dont de très rares, à Puunui où elle réside.
Patricia Frébault fut notre guide dans le vaste monde des palmiers. Elle en cultive une cinquantaine d’espèces, dont de très rares, à Puunui où elle réside.
Elle s’appelle Patricia et fuit la publicité, retranchée confortablement dans sa belle demeure de Puunui qu’elle partage avec son compagnon, Michel. Il a donc fallu un peu la forcer pour qu’elle accepte de s’exposer et de nous ouvrir les portes de son jardin. Une profusion de plantes s’y bouscule, mais les plus remarquables sont indubitablement les palmiers. Patricia leur voue un véritable culte et avoue en bichonner une cinquantaine d’espèces dont certaines sont très étonnantes.
 
Parcours atypique que celui de Patricia Frébault, première étudiante polynésienne à suivre l’enseignement de la Sorbonne durant cinq années. Elle en sortit avec une licence en science du langage et une autre de lettres modernes. Un joli bagage pour devenir enseignante une fois de retour au Fenua. 

Rencontre avec Don Hodel
 
Mariée, elle travaillera deux ans à Taiohae puis enseignera à l’École normale l’histoire-géographie et le français. Lettres et histoire-géo resteront ses premières amours. Professeur de l’enseignement général des collèges, elle intégrera le corps des professeurs certifiés en histoire-géographie et poursuivra sa carrière passant de Pirae à Paea, au Taaone (14 ans) et enfin, après un divorce, à Papara. 
C’est là qu’elle rencontrera celui qui partage désormais sa vie, Michel, alors installé dans une superbe propriété à Papeari que le couple quittera pour s’installer à Taravao.

En 1983-1984, un personnage quelque peu hors du commun “sévit” en Polynésie française et y prend attache puisqu’il y épouse une vahine : il s’agit de Donald Hodel, plus connu sous le diminutif de Don Hodel, dont la spécialité est l’étude des palmiers. Il poursuit ses recherches à l’université de San Diego en Californie, mais, mariage oblige, il effectue de nombreux séjours à Tahiti, à Papeari justement, où il rencontre Patricia et Michel. C’est de ces échanges que va naître une passion absolue pour Patricia, celle des palmiers qu’elle se met à étudier avec soin et surtout à planter à partir de graines récoltées ici et là.

Pelagodoxa henryana (à gauche) et Pelagodoxa mesocarpa (à droite) : voilà une photo que peu de jardiniers amateurs peuvent se vanter de pouvoir réaliser, puisque ces deux espèces (surtout mesocarpa) sont très peu connues du grand public. Leur coexistence à Tahiti où mesocarpa a été introduite, suscite une inquiétude chez les botanistes qui craignent que les deux espèces ne s’hybrident, ce qui brouillerait quelque peu les cartes en termes de génétique.
Pelagodoxa henryana (à gauche) et Pelagodoxa mesocarpa (à droite) : voilà une photo que peu de jardiniers amateurs peuvent se vanter de pouvoir réaliser, puisque ces deux espèces (surtout mesocarpa) sont très peu connues du grand public. Leur coexistence à Tahiti où mesocarpa a été introduite, suscite une inquiétude chez les botanistes qui craignent que les deux espèces ne s’hybrident, ce qui brouillerait quelque peu les cartes en termes de génétique.
Un jumeau du “enu” marquisien !
 
Aujourd’hui, elle règne sur un espace vert à Puunui, à environ cinq cents mètres d’altitude, abritant une cinquantaine d’espèces de palmiers et c’est à partir de ses palmiers qu’elle aime choyer que nous nous proposons aujourd’hui de faire un petit tour d’horizon de quelques Arécacées de Tahiti. Nous écrivons bien “quelques” tant il est vrai qu’il en existe plus de deux cents espèces nous a précisé Patricia et que leur inventaire, pour le grand public, reste à faire.

Parmi les plus belles surprises du jardin de Patricia, la découverte d’un “jumeau” du plus célèbre palmier de Polynésie française, le “enu” cher aux Marquisiens, tout spécialement aux habitants de la vallée de Taipivai à Nuku Hiva. 

De son nom scientifique Pelagodoxa henryana, ce palmier (dont six pieds ont été plantés sur le front de mer à Papeete, à l’intersection d’une petite rue menant au marché) a souvent été considéré comme la seule espèce du genre Pelagodoxa. Or il se trouve qu’il en existe une autre espèce, Pelagodoxa mesocarpa, originaire du Vanuatu. 

Jean-François Buteaud, botaniste bien connu à Tahiti, et Don Hodel ont conjointement publié un travail remarquable concernant ces deux espèces, travail destiné justement à démontrer que les deux palmiers sont bel et bien des espèces différentes. La différenciation, lorsqu’ils fructifient, saute aux yeux puisque les noix du “enu” marquisien sont bien plus grosses que celle du palmier mélanésien, même si les deux espèces ont par ailleurs beaucoup de points communs.

(Pour les amateurs, voici la référence de l’étude due au tandem Hodel-Butaud : https://www.rarepalmseeds.com/pelagodoxa-mesocarpa ).

Peu de palmiers endémiques
 
Une précision tout de même avant de clore cette introduction à la “passion palmiers” de Patricia, les espèces que nous vous présentons aujourd’hui ne se trouvent pas forcément toutes dans son jardin. Nous avons profité de cette balade à Puunui pour balayer à grands traits le monde des palmiers devenus tahitiens, puisqu'avant l’arrivée des Européens, ils étaient peu nombreux en termes d’espèces : indigène, le cocotier, “ha’ari” (Cocos nucifera) et endémique, le “enu” marquisien (Pelagodoxa henryana) étaient les deux espèces les plus connues, le cocotier étant, on s’en doute, omniprésent, ce qui n’était pas le cas du “enu”, bien moins utile et dont le fruit n’est pas comestible... 

A noter également la présence de deux autres palmiers endémiques, Pritchardia mitiaroana (endémique des atolls de Niau, Makatea et Anaa aux Tuamotu) et Pritchardia tahuatana, (endémique des Marquises, lui aussi décrit par le tandem Butaud-Hodel en 2017).

Endémique ou indigène ?

Dans nos textes, nous employons parfois les termes “endémique” et “indigène”, par ailleurs mis à toutes les sauces dans les médias, notamment parlés. En réalité, “indigène” désigne une plante qui s’est installée d’elle-même sur un territoire donné, par opposition au terme “introduite” qui signifie que c’est l’homme qui l’a amenée. L’exemple le plus connu chez nous est le cocotier (Cocos nucifera) ; ses noix peuvent flotter très longtemps tout en gardant leur pouvoir de germination. Ainsi le cocotier a-t-il colonisé nos îles bien avant l’arrivée des premiers Polynésiens, qui introduisirent en revanche de nouvelles variétés.

“Endémique” désigne une plante qui pousse uniquement dans un biotope donné. Le cas le plus emblématique en Polynésie concerne le tiare apetahi (Sclerotheca raiateensis), qui ne se développe que sur le mont Temehani et dont les derniers spécimens sont aujourd’hui strictement protégés. C’est aussi le cas du palmier “enu” aux Marquises (Pelagodoxa henryana), endémique de la seule vallée de Taipivai. Il en reste une douzaine de pieds “sauvages” au fond de la vallée.
 

Rédigé par Daniel Pardon le Jeudi 1 Avril 2021 à 17:01 | Lu 6227 fois





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