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Passage à tabac à Rangiroa


Tahiti, le 22 novembre 2023 - Le tribunal correctionnel a condamné jeudi un homme de 40 ans qui était jugé pour de graves violences commises sur un ami à Rangiroa, le 10 novembre. Le prévenu, qui était jugé en état de récidive légale, a écopé de deux ans de prison dont un avec sursis. 
 
L'affaire a été jugée en correctionnelle mais elle aurait pu se terminer devant la cour d'assises. Un homme de 40 ans a été présenté en comparution immédiate jeudi et jugé pour des violences volontaires ayant entraîné une incapacité totale de travail. Le 10 novembre dernier à Rangiroa, le prévenu s'en était violemment pris à l'un de ses amis qu'il hébergeait. Ivre et sans raison particulière, le prévenu s'était mis à violemment frapper la victime à laquelle il avait donné une avalanche de coups de pied et de poing. Des coups d'une telle gravité que l'homme avait perdu connaissance. Après avoir repris ses esprits, ce dernier avait choisi de ne pas consulter un médecin. C'est finalement sur l'insistance de sa nièce qu'il avait accepté d'aller au dispensaire. Souffrant de nombreuses fractures au visage, il avait dû être évasané et hospitalisé. 
 
À la barre du tribunal jeudi, le prévenu – un père célibataire vivant principalement de la pêche et de petits travaux – a reconnu avoir frappé son ami d'enfance en expliquant qu'il était “sous l'effet de l'alcool” et qu'il ne savait plus ce qu'il faisait. L'homme, déjà condamné à plusieurs reprises dont deux fois pour des violences commises sur ses deux dernières compagnes, a ajouté qu'il “regrettait” mais que c'était “trop tard”. Entendue à son tour, la victime a réaffirmé que c'était elle qui avait choisi de ne pas voir un médecin après l'agression. L'homme a également indiqué au tribunal qu'il ne demandait pas de dommages et intérêts car le prévenu est un “copain”. 
 
Polytoxicomanie
 
Après avoir rappelé la gravité des violences subies par la victime – qui a souffert de multiples fractures au visage dont une du plancher orbitaire – le procureur de la République a déploré que la justice soit aussi souvent confrontée à de “nombreux dossiers de violences liés à la polytoxicomanie” des mis en cause. Rappelant que l'intéressé avait déjà été condamné pour des faits similaires, le représentant du ministère public a requis deux ans de prison dont un avec sursis. 
 
“Je ne pense pas qu'une peine de prison ferme soit la solution pour mon client”, a réagi l'avocat du prévenu, Me Sylvain Fromaigeat, face aux réquisitions du parquet. “Il regrette sincèrement et ces deux hommes se connaissent depuis l'école maternelle. L'alcool a malheureusement fait sa sale besogne dans cette altercation. Il faut traiter cette problématique d'alcool.” Après en avoir délibéré, le tribunal a suivi les réquisitions du procureur de la République en condamnant le prévenu à deux ans de prison dont un avec sursis. 
 

Rédigé par Garance Colbert le Jeudi 23 Novembre 2023 à 19:35 | Lu 2459 fois