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“On revient et on s’excuse”


Tahiti, le 6 juin 2024 – L’élue Tapura Tepuaraurii Teriitahi regrette que le ministre de la Santé n’ait pas apporté “son soutien” au personnel médical suite aux propos tenus par l’élue Tavini Sylvana Tiatoa.

Lors de la séance à l’assemblée qui s’est tenue ce jeudi, l’élue Tapura Tepuaraurii Teriitahi a interpellé le ministre de la Santé, Cédric Mercadal, sur les “propos inacceptables, scandaleux et injustes” tenus par l’élue Tavini Sylvana Tiatoa, il y a quinze jours au sein de l’hémicycle, à l’encontre du personnel médical.
Le ministre a simplement rappelé, une fois de plus, que “la ligne gouvernementale a toujours été de promouvoir la santé afin de soigner le mal à la racine”. Il a ensuite ramené l’élue Tapura aux réponses apportées par le président du Pays et le président de l’assemblée.

La représentante regrette que le ministre ait “ironisé” sur sa question orale et ait fait passer cela sous l’angle de la “polémique”. Elle explique que sa question avait pour seul but que le ministre de la Santé “vienne publiquement dire aux médecins et au personnel médical que les propos que Sylvana Tiatoa a tenus au sein de l’assemblée étaient inacceptables” et qu’il les soutenait. Elle estime également qu’après avoir tenu de tels propos à l’égard du personnel soignant, il faut savoir “s’excuser”.

Elle regrette d’ailleurs la position ambiguë du ministre de la Santé qui est assis entre deux chaises : il ne veut “pas fâcher la majorité” et est en même temps “reconnaissant envers les médecins”. L’élue attendait de sa part un “soutien au personnel médical” mais aussi des encouragements car elle considère que ce personnel fait “de son mieux” malgré le manque de matériel et de moyens.

Tepuaraurii Teriitahi a également questionné le ministre de la Santé sur ce que le gouvernement comptait faire pour régler les problèmes du CHPF. “Il n’a pas répondu (…).Comment on va faire demain si notre hôpital ne peut plus fonctionner. Il faut leur donner des moyens”, a-t-elle commenté à l’issue de la séance.

“Agir, ce n’est pas forcément présenter sa démission”

Interrogé sur ce sujet, le président du Pays affirme “être d’accord avec le constat mais maintenant, se lamenter, c’est une chose, et agir, c’est autre chose. Et agir, ce n’est pas forcément présenter sa démission.” Il considère en effet que le personnel médical doit travailler de concert avec le gouvernement, la direction de l’hôpital et la Direction de la santé. Il assure avoir “une admiration profonde” pour le personnel soignant mais souligne que la santé a “un coût et on ne peut pas laisser les coûts de la santé exploser, sinon, on va arriver à un moment donné où l’on ne pourra plus rien faire et on dépensera 75% de notre budget dans la santé”.

Il rappelle en outre que des réformes relatives au statut du CHPF et des hôpitaux périphériques ont été menées et présentées en commission. “C’est ensemble qu’on va y arriver, ce n’est pas les uns contre les autres.”

L’élue Tavini Hinamoeura Cross a d’ailleurs, avant de commencer la présentation de son texte, tenu à apporter son soutien au personnel médical : “Si je n’étais pas suivie, je serais décédée en 2018.” Et là, bizarrement, l’élue bleu ciel n’a pas été applaudie par la majorité comme celle-ci l’avait fait après les propos tenus par Sylvana Tiatoa.

Rédigé par Vaite Urarii Pambrun le Jeudi 6 Juin 2024 à 18:28 | Lu 3517 fois